Sciences / Société

Un tissu vivant pourrait révolutionner l'industrie textile

Temps de lecture : 2 min

Le Biogarmentry, conçu à partir d'algues, est actuellement au stade de prototype.

Les algues, un matériau prometteur pour la mode de demain. | Hugo_ob via Pixabay
Les algues, un matériau prometteur pour la mode de demain. | Hugo_ob via Pixabay

Roya Aghighi est une styliste irano-canadienne qui rêve de révolutionner le monde du textile. Elle souhaite notamment instaurer une relation plus intime entre la mode et celles et ceux qui la consomment, afin de les conduire à traiter leurs vêtements comme des êtres vivants. Grâce à sa collaboration avec des scientifiques de l'Université de la Colombie-Britannique (UBC), Roya Aghighi a inventé le Biogarmentry, le premier tissu vivant et biodégradable au monde.

Confectionné à partir d'algues, ce textile est capable de réaliser la photosynthèse et de purifier l'air qui l'entoure. Si le Biogarmentry est actuellement au stade de prototype, ce genre d'innovation permet tout de même de questionner davantage l'industrie textile et d'imaginer de nouvelles façons de réduire son empreinte carbone en créant des tissus alternatifs.

La mode est l'une des industries les plus polluantes au monde. Selon l'ONU, elle génère 10% des émissions de carbone mondiales, dépassant celles engendrées par les vols internationaux et le transport maritime. Alors que le nombre d'habits achetés est croissant, ils sont généralement de moins en moins portés. Selon le Parlement européen, plus de la moitié des vêtements que nous possédons finissent à la poubelle, sans être recyclés.

Roya Aghighi souhaite modifier les rapports que nous entretenons avec nos habits et faire naître un sentiment d'empathie à leur égard. Si son tissu innovant venait à être commercialisé, on pourrait demander à chaque personne de s'occuper de ses vêtements comme d'un être vivant. Il faudrait alors régulièrement leur faire voir la lumière du jour ainsi que les hydrater.

Le destin des voitures électriques

Les matériaux traditionnellement utilisés pour fabriquer des vêtements absorbent du carbone en poussant. À titre d'exemple, on estime qu'un unique t-shirt en coton produit une empreinte carbone de 15 kilos. Face à ce constat, de plus en plus de start-ups œuvrent à trouver des alternatives naturelles, comme le cuir de cactus, afin de réduire l'impact environnemental de la mode. Ces nouvelles options permettent de capturer le carbone, mais ne peuvent toutefois pas promettre l'absence d'émission à effet de serre au court de la vie du vêtement.

Comme Aghighi, Charlotte McCurdy, styliste new-yorkaise, s'est intéressée à la capacité des algues à retenir le carbone. À partir d'une algue marine et d'autres composants biodégradables, elle a réussi à créer un imperméable au bilan carbone négatif.

L'utilisation des algues en biotechnologie n'est pas réservée au secteur de la mode. Elle est considérée comme une alternative au polyuréthane, le plastique le plus utilisé au monde. Selon Stephen Mayfield, professeur en sciences biologiques à l'Université de Californie à San Diego, les matériaux à base d'algues occupent aujourd'hui la place qu'occupait la technologie des voitures électriques il y a une dizaine d'années. McCurdy voit l'utilisation des algues dans la mode comme une innovation prometteuse, aussi bien sur le plan environnemental qu'esthétique.

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