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Au Japon, les lois anti-yakuza laissent place à des gangsters vieillissants

Temps de lecture : 2 min

Le rôle de gangster a perdu de son prestige et les yakuzas ne bénéficient plus de l'impunité qui entourait leurs crimes dans les années 1960.

Des hommes montrent leurs tatouages traditionnels japonais "irezumi" liés à l'univers des yakuzas, lors du festival Sanja Matsuri à Tokyo, le 20 mai 2017. | Fred Dufour / AFP
Des hommes montrent leurs tatouages traditionnels japonais "irezumi" liés à l'univers des yakuzas, lors du festival Sanja Matsuri à Tokyo, le 20 mai 2017. | Fred Dufour / AFP

Le crime organisé n'est plus un métier d'avenir au Japon. Aujourd'hui, plus de la moitié des membres réguliers des yakuzas ont plus de 50 ans, et l'on ne compte pas moins de 10% de septuagénaires dans les rangs de la mafia.

Le vieillissement général de la population japonaise, et surtout la répression juridique qui sévit à l'égard des syndicats du crime, ont considérablement infléchi la moyenne d'âge des gangsters.

Papy fait du gangstérisme

Alors que les clans mafieux peinent à attirer les jeunes, de plus en plus d'hommes d'âge moyen sont mobilisés pour effectuer le sale boulot.

En 2006, au moment des premiers recensements officiels de yakuzas, le plus grand syndicat du crime japonais était constitué d'une majorité de trentenaires. Désormais, ces derniers ne représentent plus que 14%, et les vingtenaires sont moins de 5%, détaille un rapport de la police nationale.

C'est que la répression policière contre le gangstérisme, amorcée depuis plus d'une décennie, a fini par porter ses fruits: l'incertitude économique et la forte prise de risque, avec souvent une peine de prison à la clef, ont rendu ce type de carrière de moins en moins attrayant.

«Les jeunes doivent faire beaucoup de sacrifices pour mener la vie d'un gangster, mais tout cela pour des rendements de plus en plus faibles», estime Tomohiko Suzuki, un auteur japonais spécialiste des yakuzas.

Perte du crédit social et financier

Les lois ont évolué depuis l'âge d'or des yakuzas, et sont devenues de plus en plus strictes, notamment vis-à-vis des entreprises traitant avec la mafia. Si les yakuzas opéraient autrefois dans une quasi-impunité, ils et elles n'ont désormais plus le droit d'ouvrir de compte bancaire, de posséder une carte de crédit, d'obtenir une assurance, ou encore de signer un contrat de ligne téléphonique, détaille le Guardian.

Dans les années 1960, on comptait plus de 180.000 yakuzas, qui bénéficiaient à la fois d'une image romantisée dans la culture populaire, et de considérables avantages en nature. Mais cette réalité fantasmée a dépéri avec le temps. En 2006, ils n'étaient plus que 87.000, et aujourd'hui, ils sont environ 14.400, auxquels s'ajoutent 13.800 associé·es. Le Yamaguchi-gumi, l'une des plus grandes familles yakuzas encore en activité, rassemble 8.900 membres, dirigés par Shinobu Tsukasa, fort de ses 78 ans.

«Ma génération rêvait de devenir membre de gang de haut rang, ce qui permettait d'être populaire auprès des femmes, d'avoir de l'argent et de conduire des voitures de luxe. Mais les temps ont changé. Les jeunes d'aujourd'hui n'aiment pas l'idée d'être liés à un gang», témoigne un yakuza retraité, s'étant retiré du business à 70 ans.

De fait, les peines de prison requises contre les crimes se sont allongées et tombent plus fréquemment: bravoure et loyauté ne sont plus récompensées comme elles l'étaient, et les garanties de retraite prospère se sont fait la malle.

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