Politique / Monde

Qu'a tweeté Trump cette semaine? Chronique du 24 au 30 août

Temps de lecture : 21 min

Plongée dans la logorrhée du président américain.

Donald Trump fait un discours dans un hangar d'aéroport à Londonderry, New Hampshire, le 28 août 2020. | Spencer Platt / Getty Images North America / AFP
Donald Trump fait un discours dans un hangar d'aéroport à Londonderry, New Hampshire, le 28 août 2020. | Spencer Platt / Getty Images North America / AFP

Avertissement: cette chronique non exhaustive se base sur les tweets de la semaine jugés les plus pertinents. L'homme le plus puissant du monde a une production si pléthorique que l'analyse de toutes ses productions numériques nécessiterait des jours et des nuits de décorticage et de labeur selon des conditions de travail dénoncées par les conventions de Genève.

Cette semaine du 24 août commence dans une belle énergie puisque la convention républicaine, durant laquelle Trump va accepter l'investiture de son parti, débute ce lundi et va durer jusqu'à jeudi, avec le discours du candidat-président en apothéose.

Kimberly Guilfoyle, petite amie de Donald Trump Jr, est sans doute la meilleure illustration de l'état d'esprit d'une campagne à la fois distinguée, sobre et du meilleur goût (mettez le son, ce serait dommage de rater ça):

MESDAMES ZÉMESSIEURS, LEADERS ET COMBATTANTS DE LA LIBERTÉ ET POUR LE RÊVE AMÉRICAIN LE MEILLEUR-ESTÀ-VENIR!!!!!!!!!!!!

Lundi 24 août

Aujourd'hui Trump tweete principalement des extraits de ses interventions à la convention républicaine; son compte n'est plus qu'une vitrine de campagne. Son discours reprend le thème de ses tweets, à moins que ce ne soit l'inverse. Aperçu.

Promis, les Républicains ne supprimeront pas le mot «Dieu» du serment d'allégeance, contrairement à ce qu'ont fait les Démocrates, qui l'ont omis deux fois pendant leur convention. Depuis, Trump accuse le camp adverse d'être des mécréants sans foi ni loi.

Le vote par correspondance, c'est le mal. Sauf le vote par correspondance sur demande «comme en Floride» (où vote le président, par correspondance, mais là ça va).

Selon les sondages qu'il consulte, Trump est en tête avec une avance «massive» et personne ne montre beaucoup d'enthousiasme pour soutenir Joe Biden. (Là où il n'a pas tort, c'est que nombre de Républicain·es qui militent pour Biden le font par dépit, pas par conviction).

«Notre pays ne sera JAMAIS un pays socialiste.»

«DIEU BÉNISSE L'AMÉRIQUE!»

Cette chanson interprétée par Lee Greenwood, quintessence du patriotisme musical et de la paranoïa nationaliste («Car le drapeau symbolise la liberté, et ils ne peuvent pas me prendre ça») retentit à chaque événement de campagne de Trump. On peut l'entendre en entier ici.

Mardi 25 août

«Joe Biden a dit qu'il re-confinerait le Pays. C'est dingue! Nous connaissons une croissance record du nombre d'emplois et des marchés financiers en pleine expansion, mais Joe arrêterait tout et ferait tout fermer. Ridicule!»

Pendant la convention démocrate, Biden a dit en effet: «Je serais prêt à faire tout ce qu'il faut pour sauver des vies. [...] Je reconfinerais le pays, j'écouterais les scientifiques.»

Vous vous souvenez du couple de St Louis qui avait menacé des manifestant·es avec des armes à feu?

Ils ont été invités à parler dans le cadre de la convention républicaine et expliquent non sans ironie comme ils sont heureux de vivre dans un grand pays «où non seulement on a le droit de posséder une arme à feu et de l'utiliser pour se défendre, mais où des milliers d'Américains vous offrent gratuitement des conseils sur la façon de vous en servir. En tout cas, c'est comme ça qu'on l'a vécu»:

Soudain, un rebondissement inattendu, Trump parle de CNN dans des termes positifs:

«J'apprécie énormément que @CNN ait couvert la plus grande partie de la Convention Républicaine hier soir. C'était vraiment bien pour CNN, et en même temps c'était bien pour notre pays. Merci!»

Soit le président a été kidnappé et c'est une manière de lancer un SOS, soit la démission ce week-end de Kellyanne Conway, sa conseillère en communication, a des eu effets immédiats, peut-on se demander. (En réalité c'est une critique détournée de FoxNews qui n'a pas diffusé l'intégralité de la convention).

On reste mobilisé sur le vote par correspondance qui signera la fin de la démocratie:

«Que notre Pays envoie 80 millions DE BULLETINS NON SOLLICITÉS est très injuste et mène tout droit à la catastrophe. Même des élections récentes plus petites et plus faciles à contrôler qui ont fait ça sont une épouvantable catastrophe. Des bulletins frauduleux & manquants comme on n'en a jamais vu. 20% et 30% d'erreur. STOP!»

«Les magnifiques homards du Maine vont désormais être envoyés sans aucune taxe douanière en Europe! Pour la première fois depuis de nombreuses années. SUPER nouvel accord par l'USTR qui nous met à égalité avec le Canada. Des millions de $ de plus en EXPORTATIONS...»

La guerre commerciale de Trump avec la Chine a ravagé la principale source d'exportation de l'état du Maine qui y envoyait la majorité de ses homards. Trump s'est démené pour que l'Union européenne cesse de taxer les homards américains, en la menaçant de représailles, et vient de remporter cette victoire (en justifiant notamment sa demande par le fait que les homards canadiens n'étaient pas taxés par l'Europe, eux).

«Encore une fois nous demandons à Kate Brown (@OregonGovBrown), gouverneure de l'Oregon, et au maire @TedWheeler de Portland, d'appeler la Garde nationale comme ça aurait dû être fait il y a 3 mois.»

«Ils doivent arrêter de qualifier ces anarchistes et ces agitateurs de “manifestants pacifiques.” Revenez dans le monde réel ! Le Gouvernement fédéral est prêt à mettre immédiatement un terme au problème à votre demande.»

Seulement voilà, la gouverneure de l'Oregon et le maire de Portland ne le demandent pas; ils y sont même absolument opposés et ça n'ira pas en s'arrangeant. Trump continue de construire son identité d'homme fort, toujours prêt à faire usage de la violence légitime que lui octroie sa fonction.

«80 Millions de Bulletins Non sollicités ne peuvent être comptabilisés correctement par les centres électoraux. Les Démocrates le savent mieux que personne. La fraude et les abus seront la honte de notre pays. Espérons que les Tribunaux arrêteront cette arnaque!»

Honte et arnaque seraient-elles les mamelles du trumpisme?

Un peu de légèreté dans cette journée grâce au tweet du conseiller au commerce de la Maison-Blanche, Peter Navarro, relayé par Trump:

«Navarro: “Melania Trump est la Jackie Kennedy de son temps”.»

Tout comme cet extrait de la convention républicaine posté par Trump, où sa fille Tiffany, fraîchement diplômée en droit, fait étalage des difficultés économiques qui l'attendent dans un monde professionnel sans pitié pour les jeunes qui, comme elle, partent de rien:

«En tant que jeune diplômée, je peux m'identifier à tant d'entre vous qui cherchez peut-être un travail.»


Et l'Oscar 2020 du meilleur second rôle est attribué à la première Dame: «Je veux profiter de cet instant pour remercier mon père et ma mère pour tout ce qu'ils ont fait pour notre famille. C'est grâce à vous que je suis ici aujourd'hui.»

Première Dame dont il semble en effet difficile de nier les talents d'actrice:

«Une honnêteté absolue, c'est que ce que nous, citoyens, méritons de la part de notre président. Que ça vous plaise ou non, vous savez toujours ce qu'il pense. C'est parce qu'il est une personne authentique qui aime son pays et son peuple et veut continuer à le rendre meilleur.»

Mercredi 26 août

«Dernière nouvelle: les Médias d'État Chinois et les Dirigeants de CHINE veulent que Biden gagne “les Élections Américaines.” Si ça arrivait (ça n'arrivera pas), la Chine dominerait notre Pays et nos Marchés Financiers qui Battent des Records S'EFFONDRERAIENT littéralement!»

(La rédaction décline toute responsabilité quant à la typographie aléatoire de ce message).

«DÈS AUJOURD'HUI je vais envoyer la Police fédérale et la Garde nationale à Kenosha, pour rétablir la LOI et L'ORDRE!»

«Nous ne supporterons PAS le pillage, l'incendie, la violence et l'illégalité dans les rues de l'Amérique. Mon équipe vient de parler au téléphone avec le Gouverneur Evers qui a accepté l'aide fédérale (Portland devrait en faire autant!).»

À Kenosha, dans le Wisconsin, un homme noir, Jacob Blake, a été grièvement blessé dimanche 23 août par un policier qui lui a tiré sept balles dans le dos, provoquant plusieurs nuits d'émeutes. Trump n'a pas tweeté sur ce qui semble bien être une nouvelle bavure policière aux relents de racisme.

Retour à la convention républicaine. Sœur Deirdre Byrne a un message à communiquer à l'Amérique, relayé par le président en personne:

«Donald Trump est le président le plus pro-vie que cette nation ait jamais eu, il défend la vie à tous ses stades; sa foi dans le caractère sacré de la vie transcende la politique.»

Donald Trump, trois semaines avant:

«Peine de mort! Il a tué et gravement blessé plein de gens. Justice!»

Jeudi 27 août

Ce soir, Trump va parler à la convention républicaine. Du coup, il reste étrangement silencieux sur Twitter aujourd'hui.

Cette convention a lieu à la Maison-Blanche, ce qui rend folle de rage toute une partie de l'Amérique: il existe une loi qui interdit aux hauts fonctionnaires d'utiliser leur titre, leur position ou toute sorte de ressource de l'État dans le cadre de leurs activités politiques: le Hatch Act, que Trump bafoue allègrement en utilisant les moyens de l'État payés par les contribuables pour mener sa campagne de réélection.

«Les Dix Villes les Plus Dangereuses des États-Unis sont TOUTES gérées par des Démocrates et ça fait des DIZAINES D'ANNÉES que ça dure!»

«Les Démocrates et Biden n'ont même pas parlé des Anarchistes, Agitateurs, Pillards et soi-disant “Manifestants Pacifiques” à leur Convention. Ils permettront une criminalité incontrôlée exactement comme ce qu'ils font à Portland. S'ils nous le demandent, ce qu'il faut qu'ils fassent, nous mettrons un terme à la criminalité dans leurs villes tenues par des Démocrates, RAPIDEMENT!»

Parfaite illustration du pompier pyromane, Trump choisit une posture résolument provocatrice en adoptant un discours incendiaire avant d'affirmer qu'il est seul capable de régler le problème de violence qu'il contribue à créer.

Vendredi 28 août

Hier soir, Trump a donc fait plus d'une heure de discours pour clore la convention républicaine. Un grand nombre de ses affirmations ont été contestées par des journalistes qui se sont empressés de vérifier ses dires et ont découvert assez facilement que le président était mal renseigné sur un certain nombre de choses (traduction: il a menti comme un arracheur de dents.)

«De Super Audiences & Critiques pour Hier Soir. Merci!»

Cerise sur le gâteau de cette convention, le feu d'artifice devant la Maison-Blanche, qui en toute modestie a écrit «TRUMP 2020» en lettres de feu sur fond de Washington Monument:

(On a hâte que Macron fasse pareil en 2022.)

«Succès: depuis que la Garde Nationale est allée à Kenosha, Wisconsin, il y a deux jours, il n'y a PLUS EU DE VIOLENCE, pas même un petit problème. Quand il est sollicité légalement par les autorités locales, le Gouvernement Fédéral agit et réussit rapidement. Entendu, Portland?»

Mardi soir à Kenosha, un jeune homme de 17 ans, partisan de Trump, a tiré et tué deux personnes avec une arme à feu. Trump n'a pas encore eu le temps de dénoncer ces meurtres.

En revanche il a le temps d'être remonté contre l'arrêt des manifestations sportives:

«Non, je veux que les Big Ten, et tous les autres matchs de football, reviennent - MAINTENANT. Les Dems ne veulent pas que le football revienne, pour des raisons politiques, mais ils essaient d'en rejeter la faute sur moi et les Républicains. Encore un MENSONGE, mais c'est ça que nous combattons! Ils feraient bien aussi d'ouvrir tous leurs États Confinés.»

En visite dans le New Hampshire, Trump poste la vidéo de son discours. Il fait débuter le clip à son arrivée à la tribune, où il fait une entrée de rock star, avec acclamations et foule en délire scandant «USA !USA!». Difficile de savoir si c'est un tweet du président ou du candidat (dont les premiers mots seront pour dire qu'il y avait des milliers de personnes qui l'attendaient le long de la piste).

«MERCI NEW HAMPSHIRE!»

«En tête dans le Michigan, en tête dans le Minnesota, en tête partout. Désolé!»

Pendant ce temps à Portland, si ça continue il faudra que ça cesse:

«Si le Maire incompétent de Portland, Ted Wheeler, ne prend pas le contrôle de sa ville et n'arrête pas les Anarchistes, Agitateurs, Émeutiers et Pillards qui mettent en grand danger des innocents, nous interviendrons et nous en occuperons comme ça aurait dû être fait il y a 100 jours!»

«Super chiffres au total pour la Convention Républicaine. Elle bat la Convention Démocrate à plates coutures. Et puis de bien plus gros chiffres de levée de fonds!»

Selon les chiffres d'audience cités par CNN, c'est plutôt l'inverse, mais bon, CNN, fake news, tout ça.

«Comment ça se fait que les Fake News n'incluent pas les Chiffre de Visionnage en Streaming quand les Républicains battent les Chiffres d'Audience des Dem à plates coutures?»

Bulletin sportif, parce qu'il n'y a pas que la politique dans la vie:

«C'est honteux que les Big Ten ne jouent pas au football américain. Laissez-les JOUER!»

Enfin ce vendredi, encore une allusion à la possible intervention des forces fédérales à Portland et à la nullité de son maire, sacré tête de turc de la semaine à égalité avec Joe Biden:

«Kenosha est très calme pour la troisième nuit d'affilée, depuis que la Garde Nationale y est. C'est comme ça que ça marche, c'est très simple. Portland, au maire vraiment pas doué, devrait demander l'aide du Gouvernement fédéral. Si des vies sont en danger, nous intervenons!»

Samedi 29 août

Aujourd'hui le président semble avoir plusieurs personnes qui tweetent en même temps dans sa tête, ce qui donne un message plutôt foisonnant en informations:

«Wow! Malgré les vues des Démocrates sur toutes les télés et les mensonges en ligne (Arnaque!), on a eu 147,9 millions, la Convention Républicaine a battu la Convention Démocrate À PLATES COUTURES. Pas même de loin! Exactement comme leurs mensonges sur la Russie, le Football (JOUEZ!) et tout le reste! 3 NOVEMBRE.»

«Ma Campagne, malgré toutes les Fake News, les livres Fake et les pathétiques articles écrits sur moi et sur elle, a plus d'énergie et d'enthousiasme que jamais, y compris la grande et merveilleuse Campagne de 2016!»

La campagne de Russie?, demanderont les mauvaises langues.

«Les Fake News ne veulent pas rapporter ces chiffres. Le @latimes et d'autres ont cru les Dems Véreux avant la publication des vrais chiffres. Quel dommage que nous n'ayons pas d'articles honnêtes quand il s'agit de “Trump.” Les sources bidon, elles disent n'importe quoi et pensent qu'elles vont s'en tirer. 3 novembre.»

Les chiffres dont Trump parle sont ceux qu'avance Ronna McDaniel, présidente du Comité national républicain. Trump reprend un autre de ses tweets, déplorant les violences commises par ses opposant·es, notamment des bousculades dont Rand Paul, sénateur républicain a été l'objet:

«Encore une ville tenue par les Démocrates. Elles sont totalement chaotiques!»

Le dernier message qui mérite d'être cité ce samedi suffit à lui seul à justifier toutes les critiques émises par la nièce de Trump, Mary. Celle-ci a publié un livre Too Much and Never Enough, qui raconte que l'histoire de la famille Trump prend sa source dans la cruauté du patriarche, Fred, le père du président. Mary y raconte avoir été la cible du mépris familial et comment elle a été évincée de l'héritage de son grand-père.

En deux lignes, son oncle Donald étaye définitivement la thèse qu'elle met plusieurs centaines de pages à construire.

«En gros le seul moyen pour que quelqu'un arrive à écrire sur moi c'est qu'il accepte qu'il contienne le plus de mauvaise “matière” possible, dont une grande partie est un tissu de mensonges. C'est comme décrocher un boulot chez CNN ou MSDNC en disant que “le Président Trump est super”. Vous avez ZÉRO chance. FAKE NEWS!»

«Même si c'est des va-t-en-guerre débiles comme John Bolton, des imposteurs comme Bob Woodward, qui n'a jamais rien de bien à dire, ou une nièce instable, qui a été évitée, méprisée et raillée à juste titre toute sa vie, et qui n'a même jamais été aimée par son propre grand-père gentil & attentionné!»

Dimanche 30 août

Aujourd'hui, Trump golfe. Mais avant, il tweete, ou retweete, plus de quatre-vingts fois. Un véritable déluge de messages mêlant complotisme, invectives et appels plus ou moins explicites à la force. Déçu par FoxNews qu'il estime manquer d'objectivité, il relaie de plus en plus les informations d'OANN, chaîne qui lui est absolument dévouée et dont les thèses frôlent parfois le délire.

«Selon les médias mainstream, les émeutes et la violence extrême sont complètement désorganisés. Cependant, il semble que cette tentative de coup d'État soit menée par un réseau anarchiste bien financé qui essaie de destituer le président.»

Le président américain relaie ici l'hypothèse d'un coup d'État ourdi dans l'ombre. S'il choisit de faire semblant de la croire, quelle sorte de réaction pourra-t-elle justifier?

L'ambiance à Portland ne se calme pas depuis la mort de George Floyd. Les affrontements entre pro-Trump et leurs opposant·es prennent de l'ampleur; un partisan du président est mort dans la nuit sans qu'on sache encore précisément dans quelles circonstances. Trump ne semble pas chercher à calmer le jeu mais continue sa politique de division. En fin de journée il publiera un tweet affligé pour le jeune homme. D'aucuns regrettent qu'il n'en ait pas fait autant pour Jacob Blake ou pour les deux opposants assassinés en début de semaine par un de ses partisans:

«Repose en Paix, Jay!»

Plus il y a d'émeutes dans les villes démocrates, plus les manifestant·es perdent leur sang-froid, plus le recours à la force institutionnelle peut sembler justifiée et son discours belliqueux légitimé:

«La grande réaction violente à Portland ne peut pas être une surprise après 95 jours à regarder un maire incompétent admettre qu'il n'a pas la moindre idée de ce qu'il fait. Les habitants de Portland ne vont plus supporter ce manque de sécurité. Le maire est un CRÉTIN. Envoyez la Garde Nationale!»

Au point de relayer des tweets traitant le maire de Portland de criminel qu'il faut mette en prison:

«Il y a juste 2 jours, le maire de Portland a de nouveau rejeté la proposition d'aide fédérale du président Trump après plus de 90 jours d'émeutes. Il a publié cette lettre pour s'en vanter. Ce soir, un homme a de nouveau été tué inutilement. @tedwheeler devrait être arrêté. Criminel.»

Sort également souhaité au gouverneur de New York:

«#Cuomolemeurtrier devrait être en prison»

Trump a aussi un message à faire passer aujourd'hui sur le «vrai» nombre de morts du «coronavirus chinois»: il relaie un lien vers un article expliquant que l'économie a été fermée sur les conseils des Dr Birx et Fauci alors que 9.000 personnes seulement seraient mortes à cause du Covid. Les autres avaient des maladies graves qui expliquent leur décès.

Il en profite pour relayer un message affichant le numéro de téléphone du bureau du maire de Portland pour lui demander de démissionner:

Un brin d'humour dans cette journée sombre? Trump poste un tweet d'une conservatrice disant «Ted Wheeler est le connard inutile et la caution comique qui provoque la mort de tout le monde dans tous les films catastrophes» et commente, en homme sérieux:

«Inutile d'être vulgaire, ceci dit C'EST VRAI!»

Mais il approuve aussi un commentaire de Michael Moore affirmant que les soutiens de Trump dans les États-clés sont très forts, comme en 2016, ce qui pourrait assurer sa réélection (l'ironie de la chose étant que Michael Moore, lui, veut mettre les Américains en garde contre une réélection).

«Michael sait!»

L'incontournable LA LOI ET L'ORDRE refait surface après une courte absence:

Et pour finir, du muscle, du muscle et encore du muscle:

«La seule manière d'arrêter les violence dans les villes démocrates à criminalité galopante est par la force!»

Tout au long de ce dimanche, Trump va envoyer des rafales de messages violents et accusateurs. Au bout de quatre ans de discours haineux et d'incitation à la violence, il touche au but: l'Amérique est plus divisée que jamais, de grandes villes sont émaillées d'incidents et d'agression qui font la une des médias, les Américain·es ne savent plus à quel·le politicien·ne se vouer et rien ne garantit que les prochaines élections se dérouleront dans de bonnes conditions. C'est une impression de chaos qui domine, à laquelle la seule solution possible est l'intervention d'un homme providentiel et déterminé, prêt à utiliser la force pour faire revenir le calme qu'il a lui-même contribué à détruire.

Retrouvez l'actualité de la campagne présidentielle américaine chaque mercredi soir dans Trump 2020, le podcast d'analyse et de décryptage de Slate.fr en collaboration avec l'Ifri et TTSO.

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