Culture

10 mini-séries que vous pouvez dévorer en un week-end

Temps de lecture : 6 min

Ce format de plus en plus populaire ne rogne pas sur la qualité.

Une activité qui ne requiert pas de masque. | Andrea Piacquadio via Pexels

 
Une activité qui ne requiert pas de masque. | Andrea Piacquadio via Pexels  

Les séries, c'est super, mais parfois on n'a pas envie de s'engager sur cinq saisons. Si vous voulez vous plonger dans un univers juste le temps d'un week-end, les mini-séries sont là pour vous. Le format est devenu de plus en plus populaire, nous offrant de très belles œuvres. En voici quelques-unes pour votre prochaine session de binge watching.

«Sharp Objects» (OCS)

Camille, journaliste à la dérive, doit rentrer dans sa ville natale pour enquêter sur les meurtres de deux adolescentes. Elle y retrouve une mère qu'elle avait fuie des années plus tôt (Patricia Clarkson parfaite en bourgeoise glaciale) et une petite sœur adolescente qu'elle connaît à peine, figure à la fois angélique et inquiétante.

On ne vous en dira pas plus pour préserver le mystère, car Sharp Objects est une série qui tient en haleine jusqu'à la dernière minute (une scène finale parmi les meilleures de l'histoire de la télé), sans jamais sombrer dans les travers sensationnalistes de nombreuses séries criminelles. Ajoutez à ça la réalisation virtuose de Jean-Marc Vallée, une bande-son peuplée de morceaux de Led Zeppelin, et une Amy Adams au sommet de son art dans le rôle principal et vous obtenez une série obsédante à souhait.

«When They See Us» (Netflix)

When They See Us est l'histoire vraie des «Central Park Five», cinq adolescents noirs accusés à tort du viol d'une femme blanche en 1989 à Central Park. Cinq vies à jamais dévastées par un système judiciaire raciste et incompétent qui s'empresse de les condamner. Ils passeront entre six et quatorze ans en prison, avant d'être innocentés par les aveux d'un violeur en série reconnaissant être le seul auteur des faits.

En quatre épisodes, Ava DuVernay (Selma, 13th) retrace le calvaire des cinq jeunes hommes et de leurs familles, et leur impuissance face à une machine qui les écrase. Le regard de la réalisatrice est précis, nuancé et plein d'empathie, parvenant à nous faire ressentir tout le poids de l'injustice subie par ses personnages. Le casting est aussi un sans faute, avec une mention spéciale pour l'interprétation bouleversante (couronnée par un Emmy) de Jharrel Jerome, dans le rôle de Korey Wise.

«Band of Brothers» (OCS)

Ce grand classique de HBO retrace le parcours de la Easy Company, régiment de l'armée américaine, pendant la Seconde Guerre mondiale –de leur entraînement intensif aux États-Unis jusqu'à leur arrivée au nid d'aigle d'Hitler, en passant par le débarquement de Normandie, l'opération Market Garden et la découverte des camps. Produite par Steven Spielberg et Tom Hanks, Band of Brothers est sortie trois ans après leur blockbuster Il faut sauver le soldat Ryan et, comme le film, la série est une plongée haletante dans les combats du débarquement.

Mais elle montre aussi le quotidien éreintant et souvent répétitif de la compagnie alors qu'elle avance en Europe. L'âme de la série, qui menace parfois de tomber dans une vision un peu grandiloquente de la guerre, reste ces hommes ordinaires confrontés à des circonstances extraordinaires. On s'attache très vite à ce groupe de soldats incarné par un casting impressionnant –Damian Lewis et Ron Livingston dans les rôles principaux, mais aussi les jeunes Michael Fassbender, James McAvoy et Andrew Scott en début de carrière dans des petits rôles.

«Normal People» (Starzplay)

Rares sont les séries à la fois nuancées, intelligentes et irrésistiblement sexy. Normal People, adaptation du bestseller de l'autrice Sally Rooney, coche toutes ces cases. La série suit la relation de Connell et Marianne, deux jeunes Irlandais·es, au fil de leurs liaisons et de leurs séparations du lycée jusqu'à la fin de la fac.

L'alchimie entre les personnages est palpable, la réalisation de Lenny Abramson et Hettie McDonald intimiste et à fleur de peau, et les scènes de sexe parmi les plus réalistes et les moins gênantes de toute l'histoire de la télé (notamment grâce au travail de la coordinatrice d'intimité, Ita O'Brien). Quant aux acteurs principaux, Paul Mescal et Daisy Edgar-Jones, ils sont incroyables de justesse et on leur prédit une très, très grande carrière. Sans oublier la plus grande star de toute: la chaîne de Connell, tellement mémorable qu'elle a déjà eu droit à son propre compte Instagram.

«Unorthodox» (Netflix)

Esty est une jeune juive hassidique new-yorkaise qui décide de quitter sa communauté et un mariage malheureux pour s'enfuir à Berlin, avec pour seuls bagages une photo de sa grand-mère et un peu d'argent. Récit initiatique plein de grâce, la mini-série de quatre épisodes est basée sur les mémoires de l'écrivaine Deborah Feldman. Unorthodox est une œuvre pleine de générosité qui porte un regard sans jugement sur chacun de ses personnages –des membres de la communauté Satmar d'où Etsy est originaire au groupe cosmopolite d'étudiant·es que l'héroïne rencontre à Berlin. À la fois magnétique et vulnérable, l'actrice israélienne Shira Haas est une révélation dans le rôle principal. À voir et à revoir.

«Mrs America» (Canal+)

Cette mini-série de 2020 retrace la bataille autour de l'Equal Rights Amendment (ERA), un amendement de la constitution américaine pour l'égalité des sexes, qui a sévi entre féministes et mères au foyer républicaines dans les années 1970. Du côté des militantes pro-ERA, on retrouve des figures emblématiques comme Gloria Steinem (Rose Byrne), Shirley Chisholm (Uzo Aduba, parfaite) et Betty Freidan (Tracey Ullman). Face à elle, l'anti-héroïne par excellence, celle que le magazine Newsweek avait appelée «la première dame de l'antiféminisme»: Phyllys Schlafly, une mère au foyer catholique ultra conservatrice à l'ambition politique dévorante, incarnée par une Cate Blanchett en très grande forme.

Le sujet peut paraître aride, mais la série nous offre un portrait passionnant, et très divertissant, du militantisme féminin et des débats idéologiques qui divisent les femmes. Un sujet toujours aussi pertinent aujourd'hui, la rhétorique de Schlafly ayant influencé tout un pan de la droite américaine, y compris Donald Trump auquel la célèbre antiféministe avait apporté son soutien en 2016.

«Chernobyl» (OCS)

Si vous cherchez une série fun et légère, Chernobyl n'est peut-être pas le meilleur choix. Mais si vous voulez un drame captivant sur l'une des plus grandes tragédies du XXe siècle, un exposé sans concession sur les défaillances d'un régime totalitaire face à une catastrophe, et sur le courage de quelques individus prêts à risquer leur vie pour protéger celle des autres, cette très belle mini-série est faite pour vous.

«Angels in America» (OCS)

L'adaptation télé de la pièce culte de Tony Kushner a beau dater de 2003 (la quasi-préhistoire en matière de télé prestige), sa portée émotionnelle est toujours intacte aujourd'hui. Écrite au début des années 1990, pendant le pic de l'épidémie du sida, la pièce de théâtre est une expérience transcendante et pleine de rage sur la maladie et l'individualisme de l'Amérique de Reagan.

L'adapter à l'écran était un défi de taille que Mike Nichols (Le Lauréat, Closer, Working Girl) relève avec brio, notamment grâce à son casting de rêve: Al Pacino, Patrick Wilson, Mary-Louise Parker, Emma Thompson, Jeffrey Wright, Justin Kirk et Meryl Streep, qui joue à la fois un ange, un rabbin, et le fantôme d'Ethel Rosenberg –rien que ça! Une œuvre viscérale et poétique impossible à oublier.

«Unbelievable» (Netflix)

Unbelievable raconte une histoire qui comme son nom l'indique est incroyable –et pourtant vraie, puisqu'elle est basée sur une enquête de ProPublica et The Marshall Project. Ne pas être crue, c'est ce qui arrive à Marie Adler (Kaitlyn Dever), violée par un homme qui s'introduit chez elle au milieu de la nuit. Très vite, la police et ses proches doutent de sa parole et au lieu d'obtenir justice, c'est elle qui se retrouve sur le banc des accusés et finalement condamnée pour fausse déclaration.

Mais, à travers une autre enquête, la série nous montre aussi ce qu'il se passe quand les autorités traitent les victimes avec respect et ont confiance en leur parole. C'est ce que font deux enquêtrices, jouées par les excellentes Toni Collette et Merritt Wever, déterminées à trouver l'auteur d'une série de viols qui ont eu lieu quelques années après celui de Marie (et des milliers de kilomètres plus loin), mais dont on comprend très vite qu'ils sont liés. Mi-thriller haletant, mi-réquisitoire implacable contre un système judiciaire défaillant, Unbelievable est l'une des œuvres télé les plus émouvantes de ces dernières années.

«Watchmen» (OCS)

Là où le roman graphique culte de Dave Gibbons et Alan Moore puisait dans les anxiétés de la Guerre froide du milieu des années 1980, l'adaptation de Damon Lindelof (Lost, The Leftovers) s'attèle à l'histoire du racisme aux États-Unis –question à la fois séminale et plus que jamais d'actualité.

Un parti pris qui aurait pu se révéler casse-gueule entre les mains d'un créateur moins doué, mais Lindelof, qui a eu la bonne idée de s'entourer de scénaristes comme Cord Jefferson et Carly Wray, nous livre une mini-série parfaite du début à la fin. S'il s'éloigne de l'œuvre originale, il ne la dénature jamais, puisant dans sa mythologie pour construire une intrigue dans la droite lignée de celle de Moore. Brillamment écrite, rythmée et interprétée, Watchmen est une série ancrée dans l'ère du temps mais destinée à devenir intemporelle.

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