Trois idées reçues (et fausses!) sur la communication de crise
Politique / Économie

Trois idées reçues (et fausses!) sur la communication de crise

Temps de lecture : 3 min
Slate.fr

Vous imaginez des consultants prodiguant leurs conseils depuis leurs bureaux feutrés? La réalité est tout autre. Slate vous fait découvrir le métier de ces communicants, en partenariat avec LaFrenchCom

Ils animent régulièrement l’actualité en prenant en charge et en façonnant les mots et les actes de personnages publics ou d’entreprises dans la tourmente. Derrière les crises politiques ou les scandales sanitaires se positionnent des experts de la communication de crise, dont le rôle est de conseiller et d’orchestrer l’image publique et les dires de leurs clients.

Si les séries télévisées ou les films les représentent comme des conseillers en costume cravate, retranchés dans leurs bureaux cossus des beaux quartiers parisiens, ces artisans de la parole sont en réalité des personnalités rodées aux aspérités du terrain. En partenariat avec l’agence LaFrenchCom, spécialisée dans la communication de crise et la communication sous contrainte judiciaire, nous vous proposons de plonger au cœur du métier en démantelant trois idées reçues sur cet univers un brin fantasmé.

Les conseillers de crise sortent d’écoles de communication

Vous pensez que les spécialistes de la communication de crise sortent systématiquement d’école dédiées? Et bien, détrompez-vous! Ces secteurs recrutent des professionnels ultra-exercés qui se reconvertissent pour passer de l’autre côté du miroir. Anciens journalistes d’investigation, ex-membres des corps des pompiers de Paris ou meneurs de groupes d’intervention de la police nationale, autant de praticiens qui mettent leurs compétences, leur sang-froid et leur réseau au service de leurs clients.

La carrière s’exerce davantage au grand air que dans un open space, comme l’explique Florian Silnicki, président fondateur de LaFrenchCom. «Cela peut étonner, mais les communicants de notre agence sont au quotidien sur le terrain, à la sortie des garde-à-vue avec les avocats, dans les couloirs des tribunaux ou avec les journalistes de la Presse Quotidienne Régionale dans les zones industrielles. Ce sont des personnalités qui sont habitués à questionner ou à dialoguer, à nouer un lien de confiance et à faire preuve de psychologie».

La meilleure façon de se protéger, c’est de rester en retrait

Si d’aventure, vous vous trouvez au cœur d’un scandale, votre premier réflexe sera sans nul doute de vous réfugier dans un ermitage et de garder le silence complet, loin de la traque médiatique et de la vindicte populaire. «Cela surprend souvent nos clients, mais c’est la pire des solutions», assène Florian Silnicki. «La politique de l’autruche n’est pas condamnable, mais elle laisse supposer au grand public comme aux médias qu’on a quelque chose à cacher».

Il s’agit au contraire de jouer le jeu de l’information en prenant la parole et en exposant sa propre version des faits. L’irruption d’une crise dans la vie d’une organisation est de toute façon inhérente à toute initiative humaine, selon le credo de LaFrenchCom. Anticiper et s’interroger sur sa réaction est donc plus judicieux que de fuir les conséquences d’erreurs passées ou d’accusations présentes.

Pour préserver son image, le numérique est un danger

Depuis l’irruption massive des diverses plateformes de réseaux sociaux et l’émergence au sein de l’actualité de la «cancel culture», les enjeux de la présence numérique bousculent les stratégies de communication. «Pour vivre heureux, vivons cachés», dit l’adage. Pas sûr que cela s’applique aux acteur.ices du XXIème siècle!

Au contraire, construire par soi-même son identité 2.0 et s’assurer un référencement sourcé et fiable en contrôlant les informations qui circulent sur soi sur Internet est le meilleur des pare-feux. La clef est alors de trouver un subtil équilibre entre maîtrise des contenus publics et désagréable résurgence de vieux souvenirs, surtout en cas de communication sous contrainte judiciaire. «On a tous eu une adolescence et rien ne s’efface!», affirme Florian Silnicki. «Il faut bien avoir en tête que, durant une instruction judiciaire, tout peut être examiné à vos dépens, y compris les photos de vous ivre en caleçon à vos quatorze ans...»

Créer son propre site, s’appuyer sur des pseudos pour les contenus trop privés ou opérer un nettoyage à l’aide des nouveaux dispositifs judiciaires garantis par la Commission Nationale de l'Informatique et des Libertés peuvent également être de précieux garde-fous.

Crédit photo: Pixabay

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