Société

Quand les Airbnb servent de night-clubs éphémères

Temps de lecture : 2 min

Et de clusters potentiels pour le COVID-19.

À Londres, les locations Airbnb n'avaient pas attendu le Covid-19 pour être incontrôlables | Marvin Meyer via Unsplash
À Londres, les locations Airbnb n'avaient pas attendu le Covid-19 pour être incontrôlables | Marvin Meyer via Unsplash

Le site britannique Wired s'est penché sur les fêtes illégales organisées à Londres dans des appartements et des maisons déniché·es sur Airbnb. Le journaliste James Temperton décrit par exemple une soirée ayant eu lieu le 25 juillet dernier dans le centre de la capitale londonienne.

Entrée et boissons payantes, videurs, DJ, champagne et protoxyde d'azote: rien de particulier, sauf que tout ceci a lieu à l'insu de l'hôte Airbnb, qui ne se doute pas un instant que le bien qu'il ou elle propose pour le week-end va permettre à une centaine de personnes de danser, de boire, voire de se refiler le COVID-19.

La fête en question fut interrompue plus tôt que prévue par les autorités londoniennes, alertées par le voisinage à cause du bruit trop élevé. Les agents dépêchés sur place ne s'attendaient probablement pas à tomber sur 106 personnes passablement éméchées.

Avec la fermeture des boîtes de nuit liée au Covid-19, les noctambules ont imaginé d'autres façons de se réunir, tant et si bien que la transformation de locations Airbnb en night-clubs semble se démocratiser. On peut évidemment craindre que ces lieux de fête semi-improvisés ne se muent en foyers de contamination.

Dans le cas décrit comme dans les situations voisines, la police a infligé des amendes aux organisateurs et organisatrices, que Airbnb a immédiatement banni de son site. La location en question a été retirée du site par ses propriétaires, mais reste actuellement disponible sur d'autres plateformes, comme Booking.com et Expedia.

L'été a marqué une augmentation de ce genre de soirées clandestines. Une seule avait été signalée à la police en mai, mais le chiffre est monté à 12 en juin et à 30 en juillet. Wired cite le cas d'un immeuble londonien dans lequel une gigantesque soirée clandestine fut organisée le mois dernier sur deux appartements loués simultanément. Quelques jours plus tard, la police est de nouveau intervenue dans le même immeuble, où un autre appartement avait été transformé en night-club. Les trois appartements appartenaient à un restaurant du quartier, qui les utilisait précédemment pour loger ses employé·es.

Devant l'afflux de soirées illégales, Airbnb a modifié ses conditions d'utilisation, précisant que toute fête était interdite dans ses locations «jusqu'à nouvel ordre». Dans certains pays (France, Espagne, Angleterre, États-Unis, Canada), les personnes de moins de 25 ans ayant reçu plusieurs commentaires négatifs sont également bannies du site. Chez Booking.com et Expedia, on affirme sans plus de précisions que le problème est également pris au sérieux.

Une surveillance accrue

À Londres, le ministre chargé du Logement s'est emparé du problème. Invité à agir sans tarder, Christopher Pincher devrait mettre en place un système d'enregistrement permettant aux autorités locales de disposer en temps réel d'une liste de toutes les locations Airbnb occupées. Une façon de faciliter la surveillance et de pouvoir dénicher les clusters potentiels avant, peut-être, qu'il ne soit trop tard.

Avant même l'irruption du Covid-19, l'implantation de Airbnb à Londres avait de quoi inquiéter. En février, James Temperton s'était déjà penché sur le dossier, montrant une explosion du nombre de maisons et appartements disponibles sur la plateforme. D'après AirDNA, qui propose des analyses statistiques sur ce genre de location courte, 2% des habitations londoniennes sont proposées sur Airbnb. En janvier, rien que dans le quartier de Westminster, on comptait 8.836 locations mises sur le marché.

AirDNA ajoute que sur l'année écoulée, et toujours à Westminster, 5.769 lieux ont été mis en location pendant plus de 90 jours, ce qui est contraire à la loi. Une élément parmi d'autres pour montrer que, sous une bonne volonté de façade, Airbnb est loin de prendre réellement ses responsabilités.

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