McDo, KFC: le reportage censuré de M6 réapparaît

L'affaire avait fait grand bruit en octobre dernier. On apprenait que M6 avait censuré un reportage entier de l'émission Zone Interdite portant sur les pratiques douteuses des chaînes de restauration rapide. Tout y passait: propreté aléatoire, produits périmés, étiquettes falsifiées... Personne n'avait donc voir le reportage passé à la trappe avant que Télérama ne le ressorte jeudi 1er avril sur son site Internet.
Le magazine culturel s'est procuré les deux séquences du reportage les plus gênantes pour l'industrie du fast-food. La première porte sur les pratiques de McDonald's qui assure sur son site web jeter les sandwichs non achetés au bout de 10 minutes. Pourtant, chez le franchisé qu'ont pu filmer les journalistes de M6 en caméra cachée, les hamburgers peuvent rester disponibles pour le client jusqu'à quatre heures après leur fabrication.
La seconde séquence montre que, contrairement aux promesses de KFC, le poulet censé être halal n'est pas abattu selon le rite musulman.
Télérama raconte les pressions qu'ont subi les journalistes et la société de production lorsqu'ils ont fait découvrir leur reportage à McDonald's:
McDonald's dénonce des méthodes de voyou, exige de voir le film et surtout de connaître le nom du franchisé. L'agence refuse mais doit concéder un visionnage au terme duquel le vice-président de McDonald's France disposera d'un quart d'heure de réflexion avant de répondre face caméra. Le quart d'heure se transforme en une journée puis en trois jours et finira par un refus de répondre. Entre-temps, la pression monte. La régie publicitaire de M6 intervient auprès de la rédaction en chef. McDonald's exige la livraison du film et de tous les rushes tournés en caméra cachée faute de quoi il menace la chaîne d'un procès. Des députés appellent le producteur en lui demandant de «laisser tomber» avec cet argument imparable: «C'est des copains.»
KFC a réagi de manière moins brutale, acceptant une interview de son directeur général à la suite des révélations faites par l'équipe de M6. Mais l'entretien se déroulera finalement... chez les avocats de KFC. Il y a mieux pour exercer librement son travail de journaliste.
Télérama explique que le coût de la censure pour M6 n'aura été que de 70.000 euros (le prix du reportage) plus une obligation de gérer la polémique médiatique derrière. Mais cela revient finalement bien moins cher que de perdre un annonceur aussi puissant que McDonald's.
[Voir les vidéos censurées sur le site de Télérama]
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Image de Une: capture d'écran telerama.fr
Mis à jour le 02/04/2010 à 16h56





























Il y avait un service qui s'appelait la Répression des Fraudes
qui laissait planer une petite menace sur les empoisonneurs
en puissance avant d'être privé de ses moyens d'action,
pourtant jamais surdimensionnés. Trop d'Etat protecteur,
n'est-ce pas ? Protecteur du citoyen et empêcheur
de "faire des affaires" ! Déjà une conséquence
de la "république des copains" sans doute.
Plus de contrôle "a priori" donc ; confiance,
confiance... Libre entreprise, sainte entreprise !
Et si l'accident survient malgré tout : ni responsable
ni coupable, seulement l'erreur excusable, rachetable
par transaction ou sacrifice d'un fusible. La sécurité publique
tellement fameuse et rapporteuse en période électorale,
repose autant sur la capacité de juguler le risque industriel
et commercial que sur la dissuasion exercée à l'égard
du petit voyou de banlieue (ou d'ailleurs). Un reportage,
aussi courageux et explosif soit-il ne remplace pas
tous les contre-pouvoirs d'une société juste,
équilibrée, solidaire.
Bicarbonatement.