Société

Se créer un alter ego permet de gagner en confiance

Temps de lecture : 2 min

Ce double imaginaire est souvent plus doué, fort et déterminé que nous le sommes nous-mêmes.

Sasha Fierce, l'alter ego de Beyoncé, est une version plus assurée et sensuelle de la star, qui lui a permis de vaincre ses angoisses. | Kevin Winter / Getty Images North America / AFP
Sasha Fierce, l'alter ego de Beyoncé, est une version plus assurée et sensuelle de la star, qui lui a permis de vaincre ses angoisses. | Kevin Winter / Getty Images North America / AFP

Connaissez-vous le point commun entre Bruce Wayne, Beyoncé et Adele? A priori, il n'y en a pas. Pourtant, toutes trois possèdent un alter ego. En psychologie, le terme renvoie à un autre soi possédant une personnalité bien distincte de celle de l'individu. Ce double est souvent une version améliorée de la personne, plus assurée, plus confiante.

Mais ne vous y trompez pas, les stars et personnages fictifs ne sont pas les seuls à pouvoir se créer des alter ego. Une récente étude prouve d'ailleurs que ceux-ci peuvent être d'une réelle aide pour les personnes manquant de confiance en elles.

«L'auto-distanciation donne un peu plus de recul pour réfléchir de manière rationnelle à la situation», explique Rachel White, professeure adjointe de psychologie au Hamilton College, dans l'État de New York. La star américaine Beyoncé s'est appuyée durant plusieurs années sur son alter ego Sasha Fierce comme sur une béquille pour surmonter des situations de stress telles que les concerts.

Une utilité à tout âge

Une étude menée par Ethan Kross, professeur de psychologie à l'Université du Michigan, prouve que se créer un alter ego permet de mieux vivre des moments difficiles psychologiquement. Durant ses recherches, le scientifique a confronté un groupe de candidat·es à un examen fictif.

Une partie du groupe avait pour mission de s'immerger dans l'épreuve tandis que l'autre devait l'envisager de façon extérieure, comme simples observateurs et observatrices. Les résultats ont démontré que les personnes extérieures à la simulation ont ressenti un niveau de stress bien inférieur à celui de l'autre groupe.

Imaginer un alter ego n'est pas réservé aux adultes, cela peut s'avérer utile à tout âge. Une autre étude, menée en 2016 par Rachel White, s'est penchée sur des enfants de 6 ans.

La chercheuse a demandé à une partie des enfants de se parler à la troisième personne pour s'encourager et se concentrer, tandis que l'autre devait se parler à la première personne. Un dernier groupe avait la possibilité de choisir un personnage fictif admiré pour se mettre dans sa peau. Une fois encore, les groupes à qui l'on avait demandé de prendre de la distance s'en sont mieux sortis. Leur motivation a été boostée et ils ont pu se concentrer sur l'objectif de l'expérience, plutôt que sur des distractions.

Se concentrer sur ses objectifs

«L'adoption d'un alter ego est une forme extrême de distanciation qui consiste à prendre du recul par rapport à nos sentiments immédiats. Cela nous permet d'envisager une situation avec plus de sérénité», confirme le professeur Kross. En se détachant des événements immédiats, les individus laissent leur esprit se concentrer sur le but de la tâche, la menant à bien plus rapidement.

Si vous envisagez de vous construire un alter ego, Ethan Kross conseille de prendre exemple sur quelqu'un ou quelque chose de concret, comme un membre de votre famille ou une personne proche. Vous pouvez aussi vous imaginer être dans la position que vous convoitez, pour vous forcer à agir en conséquence.

Et si inventer un alter ego n'est pas nécessaire pour réussir, ajouter un peu de créativité et d'imagination dans votre quotidien peut tout de même booster votre confiance et votre productivité.

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