Politique / Monde

«Boys State» ou comment 1.000 ados américains gouverneraient

Temps de lecture : 2 min

Un nouveau documentaire sur une expérience d'éducation civique dans un lycée suggère que les jeunes imitent simplement la politique qu'ils voient dans leur pays.

Même s'il s'agit d'une simulation, les étudiants reproduisent les dynamiques de la véritable politique américaine. | Jaime Lopes via Unsplash
Même s'il s'agit d'une simulation, les étudiants reproduisent les dynamiques de la véritable politique américaine. | Jaime Lopes via Unsplash

Boys State est un documentaire sur une expérience d'éducation civique menée dans un lycée. Chaque année, plus de 1.000 jeunes hommes de 16 ou 17 ans se rendent au Capitole de l'État du Texas pour participer à une simulation de gouvernement, rapporte The Atlantic.

À leur arrivée à Austin, les étudiants sont divisés en deux parties, les fédéralistes et les nationalistes. Ils sont chargés de développer des programmes politiques et des listes de candidats pour se présenter les uns contre les autres. L'exercice vise à encourager le compromis et la recherche du consensus. Mais sans surprise, le résultat est différent.

Une fenêtre sur le présent

La cohorte d'adolescents semble pencher plutôt à droite, mais le film met au premier plan des participants sympathisants de tout l'éventail politique. Le plus étonnant, c'est de constater qu'ils débattent des lignes partisanes pures et dures de la politique contemporaine plus qu'ils n'imaginent ce à quoi pourrait ressembler un avenir différent.

Dans le film, les partis nationalistes et fédéralistes ont des débats internes féroces sur le droit à l'avortement et le contrôle des armes à feu, dans lesquels de nombreux étudiants sortent des répliques qui auraient leur place sur des chaînes d'informations.

C'est ainsi que Boys State commence à être d'un réalisme déprimant. Dans cette simulation, les jeunes ne tracent pas un meilleur chemin pour le pays, ils reflètent simplement la situation actuelle.

La plupart des étudiants impliqués, même les cyniques et les fauteurs de troubles, semblent sympathiques et engagés. Lorsque les esprits s'échauffent, les disputes se déroulent toujours avec un minimum de décorum politique. Mais c'est là une partie du problème: le vernis de la civilité et de l'esprit de jeu ne contribue pas à résoudre l'incapacité de ces jeunes à faire des compromis.

Bis repetita

La plus grande star du film est Steven Garza, un adolescent latino à la voix douce de la région de Houston, qui explique que son intérêt pour la politique a germé pendant la campagne présidentielle de Bernie Sanders en 2016. Bien que Steven Garza n'ait pas peur de s'engager à gauche, il devient une sorte de héros opprimé en raison de sa réticence à parler en public.

Alors que le récit du film se rapproche, dans son dernier acte, de la grande élection du gouverneur, le cheminement de la candidature de Garza se joue en parallèle de celle de Ben Feinstein. Ce rival au conservatisme à toute épreuve se montre habile à mobiliser l'opinion publique avec des tactiques chocs axées sur les scandales. Comme une impression de déjà-vu.

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