Jean-Luc Mélenchon méprise les journalistes, les prostituées et les gens en général
La réaction d'un journaliste de Slate (ancien étudiant de l'école de journalisme de Sciences-Po) à l'accrochage entre Jean-Luc Mélenchon et un étudiant en journalisme de Sciences-Po Paris.
- Jean-Luc Mélenchon en novembre 2007. REUTERS/Benoit Tessier -
Le politique: Regardez cette semaine par exemple. Le jour 2 après qu'on ait tous jeté de grosses larmes sur l'abstention populaire, quel était le titre du journal Le Parisien? Faut-il rouvrir les maisons closes, sujet qui est venu sur quatre ou cinq radios, c'est intéressant ça non? Alors ce mélange de voyeurisme et de prostitution publique va continuer jusqu'à la catastrophe évidemment, évidemment bien sûr.
L'étudiant: En tout cas on dirait que ça intéresse les gens la réouverture des maisons closes.
Le politique: Mais si vous parliez de choses intelligentes, ça les intéresserait aussi.
L'étudiant: Mais c'est un débat important, c'est...
Le politique: Non c'est un débat sans aucun intérêt. Aucun intérêt.
L'étudiant: ça dépend... C'est un débat sur l'hypocrisie de notre société
Le politique: Voilà c'est ça, c'est tout le problème à vous le refoulé politique (sic) de la petite bourgeoisie. Moi je m'excuse mais ce que vous racontez ça concerne personne dans mon quartier. Personne s'est dit “tiens je préfèrerai aller dans une maison close que d'aller chercher les putes au coin de la rue”. J'ai jamais entendu quelqu'un me parler de ça. Sinon vous et votre sale corporation voyeuriste et vendeuse de papier.
L'étudiant: Parce que le problème c'est qu'elles sont dans les bois les prostituées...
Le politique: Mais j'en ai rien à faire. Si vous voulez me parler de ça, vous allez trouver quelqu'un d'autre, d'accord. Avec moi vous parlez de choses sérieuses. Dignitas and Gravitas, la maxime romaine. Avec moi vous parlez de politique et vos sujets de merde vous allez les faire avec des gens qui veulent répondre à la merde.
L'étudiant: Non mais ce que je veux dire c'est
Le politique: Non non c'est fini. Terminé. (bruits de bouche et clapets avec la main gauche) Tututututut.
L'étudiant: Non mais vous m'avez emmené sur le terrain de...
Le politique: Tu fermes ta petite bouche. Tu me parles de politique. Moi, je te parle de médias et de ton métier pourri et si tous ce que tu trouves à faire c'est de me répondre ça tu vas faire ton interview plus loin. Ok.
L'étudiant: Mais je ne comprends pas cette agressivité, enfin c'est...
Le politique: C'est vous qui êtes agressif, vous vous en rendez même pas compte tellement votre tête est pourrie.
L'étudiant: Mais c'est vous qui avait commencé à
Le politique: Vous vous trouvez digne de parler à un homme comme moi? Vous trouvez digne alors que je vous donne comme exemple un titre pourri du Parisien de commencer avec moi un débat sur la prostitution. Mais vous me prenez pour qui bonhomme? Je ne veux pas parler avec vous de ça, c'est clair? Si vous voulez me parler de politique, je vous répondrai.
L'étudiant: Bah fallait pas parler du titre du Parisien si vous ne vouliez pas parler de ça.
Le politique: Je veux vous parler du titre du Parisien petite cervelle, pas de la prostitution, du titre du Parisien
L'étudiant: C'est moi qui suis insultant ? Vous me parlez de petite cervelle et c'est moi qui suis insultant?
Le politique: Parce que je crois que c'est une limite que vous avez atteint.
L'étudiant: Ah bon... bah merci.
Le politique: Moi je ne vous dis pas merci. Vous êtes tous les mêmes et vous êtes en train de nous préparer un drôle de métier. Vous allez être comme les autres, à mouliner du papier qui se vend.
On dirait du théâtre. L'incohérence des propos du politique peut faire penser à Ubu Roi et la manière de discourir entre le politique et l'étudiant est un bel exemple de tartufferie ou comment celui qui se place dans une posture d'autorité peut imposer sa vision et ses propos à un autre en le faisant passer pour un moins que rien. Mais, malheureusement, ce n'est pas une pièce de théâtre. C'est un échange entre un homme politique populaire et très médiatique, Jean-Luc Mélenchon, et un étudiant en école de journalisme. Une discussion sur une place, entre deux tours d'élections régionales. Un jour banal.
Mélenchon: Les journalistes sont de "petites cervelles"
envoyé par ecoledejournalisme. - L'info internationale vidéo.
Il faut retranscrire à l'écrit pour se rendre vraiment compte à la fois de la violence des propos mais aussi de leur incohérence. Depuis le 29 mars, la vidéo a été vue 149.458 fois et tout le monde la commente sur Twitter, dans les journaux ou sur les blogs. Si la plupart des gens trouvent Mélenchon ridicule, certains blogueurs «influents» le défendent, comme Guy Birenbaum:
Mélenchon met simplement des mots crus, mais justes, sur une dérive qui existe et qui produit de multiples effets politiques et sociaux, particulièrement désastreux. Alors, j'espère que les journalistes qui vont immanquablement regarder cette séquence, évidemment appelée à «buzzer», ne vont pas réagir en défendant, une fois de plus, de manière corporatiste et automatique, LA profession, scandaleusement et injustement insultée par un homme politique.
ou Mry:
Quand il part en live contre ce pauvre étudiant de ScPo, j'ai de la peine pour ce baptême du feu, mais je ne peux qu'être d'accord avec lui sur le fond.
En sus, l'étudiant en journalisme n'aurait pas dû parler à Mélenchon de la prostitution puisque le député européen lui parlait du système médiatique, un problème beaucoup plus important. C'est d'ailleurs ce que dit Mélenchon à la fin de leur échange: «Je veux vous parler du titre du Parisien petite cervelle, pas de la prostitution, du titre du Parisien.»
Sauf que cette remarque à l'emporte-pièce ne résiste pas à l'analyse. Reprenons au début. Le fondateur du Parti de Gauche parle du système médiatique et le critique. «Quel était le titre du journal Le Parisien? Faut-il rouvrir les maisons closes, sujet qui est venu sur quatre ou cinq radios, c'est intéressant ça non?» Très bien. C'est son fonds de commerce depuis des années. Il ne rate pas une occasion de critiquer les médias et les journalistes. Le site Bakchich.info rappelle ainsi les très nombreuses fois où il les a critiqués. Récemment, il a vertement critiqué la manière dont France Télévisions avait organisé la soirée électorale.
Sur son blog, à la suite de cette affaire, Jean-Luc Mélenchon dénonce à nouveau ce climat médiatique:
L'épisode de «l'étudiant en journalisme» doit donc être cultivé. Il est important que ceux qui ont compris la manipulation le disent à haute et intelligible voix. J'invite tous ceux qui ont de la jugeote politique à se saisir de cet épisode très concret comme d'un cas d'école. Diffusez de tous côtés la séquence, faites connaître vos commentaires, encore et encore sur les médias qui publient cette vidéo édifiante. Au premier degré il y a tous ceux qui sont d'accord avec moi. Mes propos leur feront du bien. Plus mes paroles seront diffusées plus elles se banaliseront et seront reprises par d'autres au quotidien, en toutes circonstances.
Jean-Luc Mélenchon ne s'en cache pas. Pour lui, les médias traduisent un discours contraire à ses idées. Ils sont un «ennemi» qu'il faut combattre. Dans un débat avec des blogueurs de Vendredi.info, il expliquait que les journalistes pervertissent le dialogue en considérant que les politiques sont automatiquement des «menteurs», rendant «vain les méritocrates comme moi. (...) Le méta-discours qui nous entoure est une subversion complète de la sphère publique».
ITW > JL MELENCHON // VENDREDI.INFO (extrait 1) from SEB MUSSET on Vimeo.
L'ancien sénateur raconte ainsi la scène avec l'étudiant sur son blog:
Un «étudiant en journalisme» m'a interrogé. Je n'avais guère envie de répondre. Trop fatigué, trop pressé. Mais bon ! Allons-y. c'est un jeune, il apprend, faisons l'effort car on est tous passés par là. J'ai cru que c'était un étudiant. J'ai cru qu'il étudiait le journalisme. J'ai cru qu'il avait des enseignants qui s'occupaient de lui et parlaient avec lui de son travail et des règles de son métier! Non ! C'était une sorte de caméra visible/cachée! Ruse. Au mépris de toutes les règles de ce métier, sans mon accord, dire ou quoi comment, le film volé est mis en circulation... dix jours plus tard!
Une remarque un peu surprenante puisque le politique voit très bien la caméra; il la regarde même parfois dans l'interview. Pour se justifier, il explique que c'était une caméra «visible/cachée», ce qui est un concept un peu étrange... De plus, à partir du moment où il accepte de répondre, il sait que les images peuvent être diffusées et que l'étudiant en journalisme n'a en aucun cas à demander son accord par la suite. Les règles du métier consistent justement à ne pas se soumettre à la censure du politique, mais Jean-Luc Mélenchon confond peut-être avec les règles en vigueur en Chine.
Là où l'ancien sénateur a raison c'est que l'étudiant n'a pas suffisamment précisé le contexte de la vidéo en mettant en ligne. On aurait aimé avoir les minutes précédant l'altercation. Grâce à son blog, le président du Parti de Gauche nous remet dans le contexte, on apprend donc qu'il était fatigué et qu'il avait accepté de faire l'effort car c'est un jeune. En campagne, tous les politiques sont fatigués et pressés (comme les militants et les journalistes d'ailleurs), c'est un peu le principe. Est-ce pour cela qu'ils se mettent à insulter le premier étudiant qui passe dès qu'une question leur déplaît ou est maladroite? Le Monde, qui a pu joindre le président du Parti de Gauche, explique que l'homme se sent «atteint» par cette affaire et est plein «d'amertume et de contradictions», ne parvenant pas vraiment à se justifier sur son attitude.
Au moment où Mélenchon parle du titre du Parisien, l'étudiant en journalisme a trois choix:
• Ne pas contredire Mélenchon, considérer que sa parole est d'évangile et ne pas le relancer. Erreur, même si Laurence Ferrari et Pujadas le pratiquent avec Nicolas Sarkozy, on apprend le contraire en école de journalisme.• Lui demander pourquoi le système médiatique est ainsi. Parler du fond, comme le font remarquer certains blogueurs.
• Ou, enfin, prendre un peu plus de temps. Lui demander pourquoi il choisit le sujet des maisons closes comme exemple avant de rebondir sur le système médiatique et ses problèmes. C'est le choix que fait l'étudiant en journalisme sauf qu'il n'arrivera jamais au bout, puisque Mélenchon fait déraper l'échange.
Si le politique veut être Dignitas and Gravitas, il se doit d'expliquer par un discours construit pourquoi un sujet est important ou n'est pas important avant de critiquer le système médiatique, surtout que, dans ce cas-là, il n'y avait aucune contrainte de temps. Mélenchon ne peut pas balayer d'un revers de main, attitude qu'il adopte car son postulat de départ est que de toute façon il va être pris pour un menteur, alors pourquoi s'expliquer. Certes, l'étudiant en journalisme pose sa question manière maladroite. Sa phrase est un peu trop affirmative, il tente trop de jouer avec un petit sourire sur la connivence alors qu'il aurait dû demander clairement «Pourquoi pensez-vous que la réouverture des maisons closes est un sujet qui ne mérite pas d'être en une du Parisien?» Mais face à un homme politique intimidant, qui joue et sur-joue de sa posture supérieure, il est normal qu'il soit décontenancé, et on ne pose pas toujours une question de manière parfaite. Peut-être est-ce parce que j'étais moi-même étudiant en journalisme il y a peu encore (dans la même école) et donc je suis plus indulgent que des vieux routards du métier sur ses maladresses, mais je suis persuadé que son réflexe était le bon.
Une fois que ce point est clair, les propos de Mélenchon ne peuvent pas être défendus et montre une seule chose: le mépris d'un homme envers les journalistes, les prostituées et les gens en général.
Contre les journalistes:
Mélenchon traite notamment l'étudiant de petit-bourgeois, il lui demande de «fermer sa petite bouche», parle «des médias et de son métier pourri», trouve «sa tête pourrie» et qu'il a une «petite cervelle».
On a le droit de critiquer les journalistes évidemment. En France, c'est un peu un sport national, et les journalistes eux-mêmes ne s'en privent pas entre eux. L'avenir des journalistes, son incertitude et ses erreurs sont des sujets débattus et rabattus, surtout sur Internet, en témoignent par exemple le nombre de blogs qui sont consacrés au sujet sur Slate.fr ou les torrents d'articles pour se moquer de France Soir lors de son erreur sur la Une de Johnny Hallyday. Les critiques de Jean-Luc Mélenchon face à la manière dont sont organisés certains débats télés sont sans doute parfois justifiées, comme cette dernière qu'il réitère sur son blog:
Arlette Chabot est un monument du genre. Avez-vous vu l'autre soir le «débat» sur les retraites sur France 2 (non pas l'émission de voyeurisme sur la torture)? Un de droite (la retraite à 65 ans), un socialiste (la retraite à 62 ans), deux experts (la retraite entre 62 et 65 ans) ! Beau comme pendant le référendum de 2005.
Mais, s'il vous plait, essayons à l'avenir d'éviter les insultes. Il est surprenant de lire le nombre de commentaires sous les articles qui soutiennent Mélenchon sur le principe du «tous pourris ces journalistes, cette bande d'incompétents». Imaginerait-t-on Sarkozy déclarer: «Les agriculteurs ont une tête pourrie et une petite cervelle»? Même s'il le pense peut-être, cela serait impossible, cela choquerait trop une telle caricature. Évidemment, il y a des mauvais journalistes et des bons. Mais les mettre tous dans le même panier, comme le fait Mélenchon dans ce cas-là, ne fait pas avancer le débat.
Contre les prostituées:
Les maisons closes ont été interdites en 1946 sous l'impulsion de Marthe Richard. Le débat autour de la prostitution est un débat de société qui touche à la fois un grand nombre de travailleuses et travailleurs, très souvent dans des situations précaires, de clients et de clientes et qui génère beaucoup d'argent et de trafics. Apparemment, Jean-Luc Mélenchon n'a aucune considération pour les prostituées ; elles ne sont que «des putes au coin de la rue». Pour un homme qui se dit de gauche et donc qui veut défendre les défavorisés, c'est plutôt surprenant de ne pas s'intéresser à cette population. Surtout que cette même semaine de mars se déroulait à Paris les Assises de la prostitution.
De plus, Mélenchon aspire à avoir un poste important, à servir la République. Il ne pourra pas avoir toujours cette posture sur la «Politique» avec un grand P sans que l'on sache vraiment ce que cela signifie et refuser de parler de tous les sujets, plus ou moins importants. Il devra parfois traiter des dossiers dont les gens ne parlent pas au comptoir du bar du «coin de la rue». Et, sans vouloir classer les sujets, on peut légitimement se demander si parler des questions de prostitutions et de sa légalité n'est pas plus important que la manière dont le Parisien choisit sa une.
Contre les gens en général:
Outre son mépris pour la petite bourgeoisie, cette phrase est intéressante: «Avec moi vous parlez de politique et vos sujets de merde vous allez les faire avec des gens qui veulent répondre à la merde.» Donc tous les gens qui s'occupent chaque jour des problèmes de prostitution, des politiques aux associations sur le terrain en passant par un syndicat comme le Strass sont «des gens qui veulent répondre à la merde». Que le sujet ne l'intéresse pas, à la limite, mais que si cela ne l'intéresse pas, cela soit «de la merde», c'est montrer un immense mépris et un aveuglement vis-à-vis des autres, vis-à-vis de ceux qui ne partagent pas son avis ou sa vie d'homme politique. Dommage.
Sur son blog, Jean-Luc Mélenchon, lui, se réjouit de ce buzz «inespéré» et estime qu'il ne répondra plus jamais à un étudiant en journalisme et «recommande d'en faire autant si vous êtes sollicités. Ne répondez plus. C'est trop risqué car ils ne respectent aucune règle. Ignorez-les, comme vous le faites avec ces jeunes en haillons qui viennent dans le métro vous proposer de signer une pétition contre l'exploitation des enfants mineurs!»
Quentin Girard
Photo: Jean-Luc Mélenchon en novembre 2007. REUTERS/Benoit Tessier
Mis à jour le 02/04/2010 à 0h31










































Bonjour,
Bien que certains aspects de la critique de Mélenchon soit justifiés (agressivité inutile, généralisation de sa critique, etc..), il me semble qu'une part des critiques de Mélenchon vis-à-vis de l'étudiant en journalisme est justifiée..
En effet, lorsque l'on lit le dialogue entre les deux, l'étudiant saute effectivement directement sur le sujet de la prostitution alors qu'il me semble clair qu'au départ, Mélenchon cherchait à faire un point sur les médias qui traitent de sujets hors de propos sur le moment. Dans ce cas, M. pense que deux jours après les élections et l'importante abstention, ce sujet mériterait amplement qu'on en parle dans les médias... c'est discutable, mais c'est juste son opinion. Sur quoi l'étudiant insiste immédiatement (avec candeur sans doute) que le sujet est justifié et que c'est un sujet important qui fait parler et donc mérite la une du parisien..
On pourrait débattre longtemps sur le sujet de la prostitution mais dans le cas présent, il me semble que M. a en quelque sorte gagné son argumentaire. Au lieu de discuter justement de pourquoi M. pense que le Parisien a tord de parler de la prostitution juste après les élections, l'étudiant commence par défendre le journal et insister sur l'importance du sujet.. Pourquoi ? S'il interroge M. c'est pour avoir son opinion sur d'autres sujets au départ, non ? Il commence l'interview avec une idée en tête et des questions à poser, non ? ce n'est pas sensé être totalement improvisé.. enfin on peut l'espérer..
Le résultat, c'est que l'étudiant, au lieu de montrer qu'il avait un intérêt particulier pour l'opinion de M. et donc de lui poser des questions pertinente de politique (c'est quand même quelques jours après les élections et M. est un politique, non????), il semble flairer la bonne affaire : M. vient de lui dire quelque chose qui sent bon la chair fraîche à scandale, donc on peut lui faire dire des trucs qui n'ont rien à voir avec le début de l'entretient et attraper la belle affaire du jour... D'ailleurs, la recherche de l'article à sensation est évidente dans le fait que non content d'ignorer qu'il a totalement loupé son interview (par la faute évidente bien sûr de lui et de M. qui avec sa carrière devrait quand savoir rebondir sur son propre sujet calmement et non s'emporter de la sorte) de départ, pense qu'il a maintenant un scoop (avec plein de sang dessus) et se précipite pour publier une vidéo qui tient plus de la vidéo d'étudiant en plein binch drinking que de l'aboutissement de longue et ardue études en journalisme, non ?
Bref, un certain penchant du journalisme moderne pour la phrase qui fait claque sans avoir accomplit son but premier, l'interview d'un homme politique, existe bel et bien dans cette profession et il faut le reconnaître.. Cet étudiant a été malmené par M. mais fait preuve immédiatement de ce penchant là du journalisme à sensation en diffusant non pas une interview réussi où il aurait réussit à pousser un politique dans ses retranchement pour lui faire dire ouvertement des choses importantes mais cachées, mais une séance ridicule d'énervement entre deux personnes qui font aussi peu preuve de professionnalisme l'une que l'autre..
Qu'on attaque M. pour son agressivité et son opinion sur les médias, d'accord.. Mais qu'on considère que l'étudiant a fait son travail correctement et qu'il a du mérite, pas d'accord.. S'il finit par devenir journaliste à part entière parce qu'il est capable de diffuser une vidéo d'un gars qui s'énerve parce qu'on lui pose pas les questions qu'il veut, c'est un peu faire le jeu de M. et prouver que le journalisme, de plus en plus, ne parle pas du fond mais fait de la sensation..
Enfin, ce n'est que mon opinion.. ;-)
Avec son style très particulier, Mélanchon exprime tout haut ce qu'une large majorité de gens pensent.
Il y a une vraie dérive du journalisme en France.
C'était le slogan de campagne du FN il y a 20 ans. "Le Pen dit tout haut ce que les gens pensent tout bas." Un vieux slogan populiste de l'extrême droite, ça lui va comme un gant.
On voit dans les deux précédents commentaires que les consignes d'antibuzz fonctionnent bien.
Cet article est atterrant...et donne raison à "tous les complots anti media etc". On se demande ce qu'enseigne les "écoles de journalisme" (les meilleurs journalistes, PVP, Camus, Lazaref.etc et les 10%(?) des bons journalistes contemporains), ne font pas d'école... comme les meilleurs réalisateurs de cinéma?). Ce que dit Mélanchon est parfaitement clair, il le dit avec son style direct qui se veut populaire quoique teinté d'énervement (je ne l'apprécie guere comme politique et j'oserai meme le qualifier, avec prudence, de "un peu ringard"), alors pourquoi tout ce creux développement à contre sens, rempli d'inférences, sur "les prostituées, les gens" etc. De belles généralités à partir de pas grand chose. Cet épisode d'énervement et de colère se suffit à lui meme. Les écoles de journalisme semblent très bien enseigner... le corporatisme.
n'est-il pas possible de discuter de cette histoire sans qu'il n'y ait de commentaires ineptes comme le vôtre, cher Cinquo ?
Je ne défend pas la réaction disproportionnée et agressive de Mélenchon dans ma réaction... Par contre, je défend la thèse que l'étudiant en journalisme a produit exactement ce que Mélenchon et d'autre décrivent, c'est à dire, pas de sujet dans son "interview" et donc pas d'information apportée aux citoyen.. Par contre, après avoir raté son interview (notamment à cause de la réaction ridicule de Mélenchon mais aussi par l'ineptie de ses questions et de leur enchaînement) il se contente de diffuser la vidéo qui n'a d'autre qualité que de faire du buzz, justement.. Bref, en tant qu'étudiant en journalisme, il devrait défendre non seulement une forme de déontologie, mais également l'intérêt du citoyen en produisant de l'information avec son contexte et non une simple vidéo d'un politique en colère... Ce n'est pas de l'information et le résultat est bien là : cette vidéo n'a pour but que de faire du buzz, l'étudiant en question ferait bien de s'interroger sur sa conception de son travail...
EN tant que chercheur, je ne publie pas de résultats d'expériences ratée, mais l'ensemble des données obtenues par des moyens scientifiques éprouvés et quantifiables dans un article ou une thèse argumentée et mise dans son contexte..
Peut-être que les apprentis journalistes devraient se pencher un peu plus sur le contenu et le contexte de leur métier que sur le bouton "publier" de facebook ou autre site social...
A bon entendeur.. et bon buzz pour ceux que ça intéresse...
PS : encore une fois, je ne cautionne ni la forme, ni le contenu de certains propos de Mélenchon dans cette vidéo mais juste l'argumentaire de l'article qui attaque Mélenchon sans se poser la question de l'étudiant journaliste qui a produit cette ineptie "journalistique"...
Je ne suis pas un fan de M. Melenchon mais ldans a sphère politique il me semblait être celui qui sortait du lot par une certaine honnêteté et rigueur intellectuelle.
Et non.
Un premier commentaire comment un homme politique peut-il avoir un tel dédain et un manque de respect , le ton qu'il a employé pour les désigner ma offusqué, une INJURE pour ses femmes dont certaines ont décidé de leur propre volonté de travailler avec leur corps et cela les regardent où bien plus grave celles qui sont sous le joug d'un proxénète et là le politique action des plus mince pour ne pas dire insignifiante, oui M. Melenchon la prostitution est un sujet des politiques.
Deuxième commentaire encore et encore comme M. Sarkozy, Mme Aubry, M. Lefebvre et autres haro sur les médias.
Oui les médias parfois dérapent mais que dire de la classe politique une honte de mensonges de magouilles , de veste retournée et autres.
M.Melenchon s'allier avec les communistes qui ne reconnaissent pas les atrocités de Staline n'est pas un gage qui vous permet de critiquer les médias car au moins vous avez la possibilté de les critiquer sans passer par la case KGB.
S'il vous plait, les journalistes en herbe, n'énervez pas Mélenchon. Le pauvre est un sanguin et vous risquez d'avoir sur la conscience son infarctus. Commencer avec "dignitas ed gravitas" et continuer par des insultes , ça démontre que ce monsieur a vraiment de la suite dans les idées.
Quand un vieux briscard met K.O. un jeune qui apprend son métier, on applaudit, bien sûr. Bravo!
Aussi, son mépris pour le plus vieux métier du monde cache sans doute des frustrations profondes, peut-être même une incapacité d'ordre sexuel. Je lui conseille d'émigrer en Corée du Nord, dans ce petit paradis il n'y a ni prostitués, ni maisons closes. Et si par malheur il y en a qui essaient de monnayer ses charmes en public, elles n'ont même pas le temps de dire "ouf", qu'elles sont déjà aux travaux forcés, pardon, en rééducation. M. Melenchon espère sans doute voir ce genre de régime un jour en France.
Je ne suis pas du fan club de Mélenchon, et je trouve son style aggressif. Il n'empêche que je partage absolument son point de vue sur le journalisme, qui est en dessous de tout.
La campagne des régionales en a été l'exemple le plus aboutis, avec un déni total des enjeux régionaux, et un débat ramené à la lutte Gauche / Droite et au politique-people. Ne cherchez pas l'abstention du coté du ras-le-bol des français de la politique. C'est juste que nous n'avons eu aucune vision régionale de ces enjeux.
Le journalisme est une facette des média, une entité supposée nous montrer un réel qui n'est pas à notre portée perceptive directe. En nous le révélant, il lui donne une réalité à nos yeux.
Lors de ces élections, nous n'avons eu aucune réalité régionale. Nous avons eu de l'information-qui-fait-vendre, on nous a fait bouffer de la bouillie pour chiens.
Jean-Luc Mélenchon, lui, se réjouit de ce buzz «inespéré» et estime qu'il ne répondra plus jamais à un étudiant en journalisme et «recommande d'en faire autant si vous êtes sollicités. Ne répondez plus. C'est trop risqué car ils ne respectent aucune règle.
Monsieur Mélanchon dénonce la presse mais finalement attend des journalismes la même déférence qu'un Sarkozy lorsqu'il passe sur TF1 ou A2. Ces étudiants qui "ne respectent aucune règle", sont tous simplement des journalistes qui n'ont pas encore compris qu'interviewer un homme politique c'était l'écouter avec déférence et révérence.
• Lui demander pourquoi le système médiatique est ainsi. Parler du fond, comme le font remarquer certains blogueurs.
C'eût déjà été entrer dans la complicité avec Mélanchon. Prendre pour argent comptant son argument. Il est légitime avant d'entrer dans le discours que l'argument est supposé introduire, de s'interroger sur sa pertinence. Et d'ailleurs la violence de la réaction de Mélanchon montre bien qu'il réalise qu'il a dit une connerie.
C'est dommage, j'aimais bien le cinéma de Mélanchon, mais je pensais le personnage plus politique. Finalement c'est un Santini de gauche avec l'humour en moins. Ou une grande gueule à la Charasse.
Pour plagier ses propos, disons que je le supposais capable d'utiliser la provoc pour parler intelligemment de choses intelligentes.
Comme souvent, tout est une question de point de vue.
M. Melanchon n'est pas le seul à dénoncer la classe des journalistes. Le ton, l'attitude et les mots utilisés ne font pas honneur à la politique ni au débat. Et les réactions se multiplient.
Quelles auraient été les réactions si l'auteur mot pour mot de ces répliques avait été le fondateur d'une dynastie politique avec un œil de verre?
Qui a dit que les extrèmes se rejoignent? Question de vue, je vous dis!
Personnellement, j'ai peu entendu MELENCHON et je sais à peine qui il est. Je n'ai donc pas été touché par la "métainfirmation" ambiante.
Oui, le traitement de l'info par les journalistes basé sur le voyeurisme joue défavorablement sur l'esprit des français en leur faisant voir tout en noir.
Mais bon, le discours n'était pas si subtil dans cette exercice de style étudiant. Je n'y ai vu qu'un homme plein de condescendance pour ses prochains.
Avec un ego aussi grand que ses mérites de "méritocrate" non exempt de critique.
Après l'exemple du présdient gratifiant un péquin moyen d'un :"casse toi pauv' con!", cette video laisse à penser que le politique s'adonne bien trop régulièrement aux dérapages publics, glissant de la "méritocratie" déclarée à la médiocratie verbale constatée.
Il existe un procédé qui à pour but d'exercer une emprise sur autrui et sur le public. Ce procédé est le cynisme, appuyé sur le déni de réalité.
Si le but du journaliste est de servir alors il se gardera d'utiliser la puissance perverse de ce procédé. Pour cela il faudrait qu'il ne se considère pas comme faisant partie d'une caste sanctifiée, notamment par des formules du type liberté ou démocratie et autres incantations du jour.
Ce procédé a trois appuis :
- le déplacement de l'objet qui est la base de tout "contrat de communication". Changer d'objet comme l'a fait l'apprenti journaliste c'est simplement l'exercice d'un pouvoir de disqualification de l'autre. Un journalisme n'est pas un enquêteur du moins dans une interview, ni un policier, ni un juge, ni un inquisiteur et il n'a aucun mandat du public pour travestir la réalité du propos de l'autre ni lui imposer son propre objet.
- le déplacement du sujet qui consiste à faire prendre l'autre pour ce qu'il n'est pas et de travestir ses intentions (procès d'intention). Ce déni d'autrui est une violence qui lui est faite mais aussi au public qui en est témoin même celui qui en tire jouïssance. Le cynisme politique nous en donne des exemples sans mesure substituant la destruction de l'autre à la compétition et la prise de pouvoir à la recherche du bien commun. Le journaliste n'y excelle que lorsqu'il prend parti contre l'autre.
- le travestissement du projet en construisant un récit opportuniste du genre inquiéter les français, raconter l'histoire selon une interprétation malveillante, manipulatrice qui est souvent auto manipulatrice avec des prédictions menaçantes (ou séduisantes mais le terrain n'est pas celui-là ici). C'est pour cela que certains se passent tout à fait de projet à proposer se contentant de la scène de diabolisation de l'autre, sans souci de vérité sinon celle de leur propre mystification.
Après avoir signifié que les français s'intéressaient beaucoup plus à la réouverture des maisons closes qu'aux positions de l'homme politique, façon d'exercer l'emprise des médias sur le politique et du journalisme sur toute autorité responsable, le journaliste s'étonne innocemment que son interlocuteur qui connaît la musique pète les plombs. Il n'a fait que son devoir pense-t-il d'exercice d'un droit (pouvoir pervers). Le vice est nommé déguisé en vertu. Ca s'apprend dans les écoles spécialisées?
Mr Mélenchon n'a pas eu de mots assez dur vis-à-vis de Georges Frêche se moquant même de sa claudication (son handicap). On peut lui demander comme à d'autres pourquoi dans ce pays où la liberté est si sourcilleusement défendue le "non dit" ne trouve-t-il à s'exprimer que par des explosions de colère. Mais peut-être n'est ce pas la liberté des français qui est si âprement défendue mais le pouvoir d'emprise à leur endroit.
Changer d'objet comme l'a fait l'apprenti journaliste c'est simplement l'exercice d'un pouvoir de disqualification de l'autre... il n'a aucun mandat du public pour travestir la réalité du propos de l'autre ni lui imposer son propre objet.
Dans le cas de l'interview de Mélanchon, on est en présence d'une affirmation de ce dernier.
Publier deux jours après les élections en première page un sujet sur les maisons closes, c'est indigne et faire de la diversion en refusant de traiter de ce qui est pour Mélanchon le vrai sujet: l'abstention aux élections.
Ce n'est pas le journaliste qui fait diversion, qui change d'objet, qui "impose" le sujet; c'est Mélanchon qui le soulève et qui ensuite se défile. Il n'y a pas travestissement de la réalité du propos de Mélanchon. Que doit faire le journaliste. Approuver béatement ou lui demander de justifier son propos? C'est quand même inquiétant que l'on (vous n'êtes pas le seul à avoir réagi ainsi) soit dans une telle déférence vis à vis des hommes politiques que leur demander de s'expliquer sur leurs propos, soit considéré comme un acte inquisitorial!
Alors Mélanchon a tout à fait le droit de penser que la prostitution est un sujet qui ne doit pas être traité en première page, mais qu'il l'assume et qu'il dise pourquoi ou qu'il n'aborde pas ce sujet lorsqu'un journaliste lui pose des questions.
Après avoir signifié que les français s'intéressaient beaucoup plus à la réouverture des maisons closes qu'aux positions de l'homme politique, façon d'exercer l'emprise des médias sur le politique et du journalisme sur toute autorité responsable, le journaliste s'étonne innocemment que son interlocuteur qui connaît la musique pète les plombs.
C'est vous qui travestissez la réalité. C'est l'homme politique qui a dit que les français ne s'intéressaient pas aux maisons closes, ou plus exactement qu'ils ne s'intéressaient aux maisons closes que parce que les médias en parlaient. Le journaliste s'intéresse aux positions de l'homme politique en lui demandant de développer cette affirmation.
Ca s'appelle du journalisme. Lorsque le journaliste approuve tout ce que son interlocuteur lui dit et se contente de relancer son interlocuteur lorsqu'il a un trou, ça s'appelle de la communication. Et on a pas besoin de journaliste pour ce job. Il suffit de publier les communiqués officiels émanant des uns et des autres.
Relativement bien né(e) (suffit de regarder la marque de ses fringues, Hermès ou Burberry ne sont jamais loin, écouter son riche langage, observer son physique : blanc(he), grand(e), gestuelle étudiée, etc.)
Souvent cynique car ça fait intelligent (suffit de l'écouter au bistrot à l'angle St-Guillaume/Grenelle)
Porté(e) sur le buzz (sans commentaires, pas toujours très loin de la délation ou de plus en plus prés de celle-ci?, au choix)
Ok, mélanchonesque ou oliverstonien ce que je dis mais ne confondons pas l'étudiant du quartier le plus chikintello d'Europe avec celui de Rennes, Liverpool, Varsovie, etc. Point un niais.
Monsieur Mélenchon est un politicien professionnel qui sur-joue ses émotions à destination de la clientèle qui continuera à l’aider à tirer partie des avantages numéraires que procure un statut de député Européen.
C’est en outre un fort mauvais comédien.
Nous avons tous commencé dans un métier où nous avons été forcément balbutiants; mettre à profit une expérience de tribun cynique éprouvé par de nombreuses campagnes politiques pour agresser un stagiaire journaliste ; Quel courage! Quelle qualité d’âme ! Quelle marque de compassion !
Si j’avais à critiquer les médias, je dirais plutôt qu’ils favorisent des histrions malsains comme Monsieur Mélenchon qui est un client rêvé pour le prime time de Canal+.
On l’invitera, n’en doutons pas, à commenter ses méfaits. Il en profitera pour peaufiner son image d’homme de gauche au service des déshérités ayant une volonté d’airain de changer le monde.
Malheureusement ce genre de personnage mineur contribue à désavouer la noblesse de l’art politique. Avec lui, on est plus près de « panem et circenses » plutôt que de « gravitas et dignitas » ; sans le pain bien sûr.
Ceux-là même qui critique que la liberté d’expression, ou de pensée, en pleine régression dans ce pays, estiment tout à fait normal qu’un politique fasse pression sur un journaliste pour qu’il lui pose les questions qu’il veut.
Je m’étonne de cet état de fait.
Une personnalité politique est responsable. Mélenchon a prouvé en quelques secondes qu’il était incapable d’avoir une quelconque responsabilité politique tellement il est incapable de se contenir ou même de faire la part des choses.
Que le commun des mortels que nous sommes enfonce son point sur la figure du journaliste qui cherche le conflit (pour ne pas dire le Buzz), c’est normal. Qu’un homme politique le fasse prouve qu’on ne peut lui confier quelconques responsabilités…
Je suis assez effarer de voir ceux qui critiquent Sarkozy pour son « Casse toi, pauvre con » défendre Mélenchon. J’ai quand même l’impression que le journaliste traite l’homme politique avec plus de déférence que le : « Touche moi pas, tu vas me salir ».
Un homme politique doit garder ses nerfs !
Le travail d’un journaliste n’est certes pas d’aller chercher à leur faire sortir de ses gongs, mais il est là pour avoir une réponse à sa question, quand bien même il pose des questions qui n’intéresse pas le public, ou le politique…
Mais bon, vu le nombre de commentaire sur ce sujet, et le nombre de commentaire sur l’augmentation de 10% des impôts locaux…(quoique, il y a eu au moins 1 sujet ?), nous ne sommes pas prêt de voir changer les choses. La faute à qui… très certainement le public qui réagit à ce genre d’information. Alors que la réorganisation des transports… qu’est-ce que c’est inintéressant !!
@ Fabb : Quand bien même est-ce un bobo, n’a-t-il pas le droit d’exercer son métier comme n’importe lequel journaliste. Ou est-ce à dire que les journalistes bobos n’ont pas le droit de travailler ?
Attention à vos propos !
Le journaliste pose une question, libre au politique de répondre. Quand le politique commence à l’insulter, devrait-il répondre « Oui, monsieur, quelle question voulez-vous que je vous pose ? » ?
je ne concois pas l’information comme ca… tout comme Quentin qui critique ces journalistes qui font ce que les politiques veulent.
Melenchon a eu tort de s'en prendre aux media, il aurait dû aborder les sujets de fond qui l'intéressent au lieu de pousser le jeune étudiant dans la polémique.
Le jeune étudiant (pas encore journaliste) n'aurai pas dû rebondir sur ses propos...
D'ailleurs, quel était l'objet de son interview initiale ? Pourquoi s'est il laissé embarqué là dedans ?
Pourquoi ces relances sur un sujet hors sujet ?
On l'ignore puisque la première séquence a été coupée, ce qui est bien dommage !...
Sortir les gens de leurs gonds, c'est très facile, savoir mener une interview à bon escient sans se laisser déborder... c'est tout un art qui viendra avec l'expérience, on l'espère pour lui...
Le journaliste de Slate a également tort de réagir à ce buzz et de publier ses impressions personnelles. Pourquoi ?
- Il se positionne comme partie prenante et appartenant à deux corporations qu'on a attaqué : journaliste, ex science po.
Sans parler de la corporation des "prostituées et des vrais gens"...
Je ne vois pas non plus l'intérêt d'en rajouter une couche...
- Le titre de l'article émet un jugement moral sur l'attitude "méprisante" de Mr Melenchon. Or, un journaliste n'a pas à rêgler ses comptes dans les medias, ce n'est pas son rôle. Ce sujet se passe de commentaires...
-Faire du buzz à ce buzz... Un partout la balle au centre !
Un sujet qui ne vole pas plus haut que chez Morandini !
Une journaliste qui se dit que Monsieur Melanchon n'a pas tout à fait tort et que votre article lui donne carrément RAISON !
Melenchon a eu tort de s'en prendre aux media, il aurait dû aborder les sujets de fond qui l'intéressent au lieu de pousser le jeune étudiant dans la polémique.
Le jeune étudiant (pas encore journaliste) n'aurai pas dû rebondir sur ses propos...
Pourquoi n'aurait-il pas du rebondir sur ces propos ?
Pourquoi s'est il laissé embarqué là dedans ?
Pourquoi ces relances sur un sujet hors sujet ?
Pourriez-vous développer votre conception de votre métier? Si lors d'une interview votre interlocuteur vous balance un commentaire d'ordre général, comme allant de soi, alors que vous pensez que précisément ça ne va pas de soi, vous allez laisser filer? Si un homme politique n'est pas comptable de ses propos, sous prétexte que ce n'était pas l'objet de l'interview, vous êtes potentiellement complice du n'importe quoi balancé au détour d'une interview: propos racistes, contre-vérités, messages de haine etc.
A la lecture de votre commentaire, il semble qu'il existe un code secret ou tacite ou de bonne conduite du journaliste édicté par la profession ou la corporation et qui aurait été violé par cet apprenti journaliste, mais dont j'ai du mal a cerner précisément les contours et les contraintes. Il serait peut-être bon de préciser explicitement ces limites. Benoîtement, je pensais qu'il suffisait au lecteur ou à l'auditeur de suivre le contenu d'une interview pour se rendre compte si le journaliste faisait correctement son métier ou outrepassait ses prérogatives, mais il semble bien à vous lire qu'il y ait un sérieux filtrage a priori.
Je relève en passant cette phrase qui m'a semblé emblématique de la vie politique française:
"Le politique: Vous vous trouvez digne de parler à un homme comme moi? " On a vraiment ici l'expression crue de l'égalité à la française: on en parle toujours, on ne l'applique jamais!
Mélenchon a le coup de sang et l'invective faciles, un peu comme l'homme à l'oeil de verre, avec cette même propension à jouer les vertus outragées et à mépriser de fait son interlocuteur lorsque celui-ci n'est pas d'accord avec lui ou ose déstabiliser le cours de sa logorrhée (je n'ose parler de rhétorique, vue la qualité du vocabulaire et de la syntaxe employés, y compris sur son blog). Certes, il exerce à gauche, comme Le Pen à l'extrême-droite, la fonction tribunicienne jusqu'à la caricature, mais là où souvent ses diatribes font mouche lorsqu'il s'agit de tacler les idées (ou l'absence d'idées) de ses collègues politiques, rien ne va plus lorsque dans son emportement naturel il s'attaque régulièrement à ses interlocuteurs, les ci-devant journalistes, «petites cervelles » et lèches-bottes, tous inféodés au pouvoir, bien évidemment. Vieille facilité populiste que de s'en prendre systématiquement aux médias et à leurs représentants. C'est quoi un journaliste respectable pour Mélenchon ? Quelqu'un qui lui pose ses "bonnes" questions à lui ? Je doute, pour l'avoir entendu il n'y a pas si longtemps, prendre la défense des autorités chinoises contre ces pouilleux tibétains que le Grand Timonier avait sorti de leur théocratie féodale, qu'il ait une conception de la démocratie, du respect des peuples et du respect de l'autre qui l'apparente plus à un bon vieux crypto-stalinisme qu'aux aspirations d'une gauche délivrée de son carcan autoritaire.
Mais ce qui me parait grave dans cette affaire, ce n'est pas tant la grossièreté, l'absence d'humour (Le Pen au moins aurait sans doute réussi à faire une bonne saillie, si je puis dire, sur les maisons closes), la condescendance insupportable du personnage, et cette façon d'avoir “la tête près du bonnet“ (ce qui le rend de fait inapte, pour rejoindre les propos de @testatio, à toute importante responsabilité politique); non, ce qui me trouble le plus, c'est de voir à travers les commentaires, sur Slate et ailleurs, l'ampleur du ressentiment général et la manière dont il s'exerce à l'égard des journalistes qui semblent désormais en première ligne de la vindicte populaire et qui à mon avis jouent en quelque sorte le rôle de boucs-émissaires, comme s'ils étaient considérés comme la "voix de leurs Maîtres" (c'est ce que dit Mélenchon), et donc l'incarnation d'un discours devenu "inaudible" pour le Peuple. Et l'on sait ce qu'il en est du bouc-émissaire. Dans le même esprit, la description caricaturale par @Fabb du soi-disant étudiant type Science po (je l'invite à fréquenter d'un peu plus près la rue St Guillaume et ses annexes pour remettre à jour son logiciel un peu éculé), sont de la même veine (même si ça parait beaucoup moins grave) que le florilège de clichés antisémites d'une époque malheureusement pas tout à fait révolue.
Amis slateurs, le "tous-pourris" de gauche vaut bien le "tous-pourris" de droite, et la haine de l'autre fragilise irréductiblement la démocratie. Et la démocratie ne s'incarne pas par des journalistes courbés et aux ordres, mais par des journalistes impertinents (au risque du ratage parfois) qui osent poser des "mauvaises" questions au "mauvais" moment ou, comme Quentin, montrent qu'ils ne sont déjà pas dupe de la comédie du pouvoir et de certains de ses histrions, pour reprendre le joli mot d'un des commentateurs précédents.
PS : Je ne suis pas journaliste, donc je ne défends pas ma corporation, et je sais que comme dans tout métier, il y a des bons et des mauvais. La question n'est pas là.
C qu'à fait l'apprenti journaliste relevait d'un exercice dans le cadre de son école de journalisme.
Mélanchon est enfin quelqu'un qui dit les choses sans langue de bois...il permet aux politiques comme lui de retrouver le contact avec un électorat désespéré et qui ne veut plus voter.
On a besoin de lui.
pas une seconde je pense que Mélanchon n'aime pas les journalistes (c'est un ancien journaliste).
Comme il le dit lui même :supposer que l'on doive vous opérer et que vous vous retrouviez dans la salle d'hôpital..le "médecin " vous dit: en fait je suis en deuxième années de médecine et je vais vous opérer..vous faites quoi?
ce que Mélanchon dénonce c'est les "soi disants " journalistes... les agents téléguidés de la guerre médiatique , les chercheurs de frics qui veulent récupérer du fric en faisant des buzz sur internet. Et lui, au moins il dit les choses en face....
Je ne me prononce pas sur la polémique directement. Les différents commentaires ici ou ailleurs donnent l'ensemble des réponses possibles, pour ou contre.
Non, le titre me semble plus intéressant.
Le titre nous montre beaucoup plus clairement ce que Mélanchon pourrait ou voudrait dénoncer.
Le titre est clairement vengeur et corporatiste. Dire que Mélanchon n'aime pas les gens ça frise le ridicule, science po forme(atte) des journalistes pour plus de subtilité quand ils propose une orthodoxie mine de rien.
Mais slate propose de la diversité (pas assez surement), et à tout à gagner (si le but est celui la) à diversifier la provenance de ses intervenants.
Je continuait de lire Mr girard .
Ce n'est donc jamais très loin du caniveau. Ce même caniveau, qui, parfois, déborde.
Les personnages, maintenant. Le bon et le méchant, pot de terre et pot de fer ?
Pas si simple, micro et caméra sont aussi des armes (à double tranchant).
Le moucheron ainsi équipé est-il aussi tendre qu'il en a l'air sous la dent du fauve ?
Quel besoin le fauve a-t-il de céder à la tentation du miroir qui brille ?
Ah, il y a "LA Profession", atteinte dans son ensemble à la moindre écorchure
d'un de ses membres ! Ce refrain-là est-il encore convaincant dans un système
de vedettariat des présentateurs et de faillite du reportage contemporaine
de la surestimation du potin et des "people" ?
Lorsque, comme ici, le sujet n'est plus le contenu, même pas le contenant
mais les à-côtés, le "public" est en droit de s'en désintéresser. S'il ne le fait pas,
il est complice de la nature de l'information qu'il contribue à se préparer pour demain.
Pressetidigiternement.
Comme le dit très bien polemikeur, ce genre de sujet est purement et simplement un micro trottoir, c'est à dire le degré ZERO du journalisme.
J'en sais quelque chose pour en avoir fait, à mes tous débuts...
Un micro trottoir n'a de sens (s'il en était...) que pour illustrer un article de fond, un propos ou répondre à une question, un débat, etc... Car bien évidemment il ne saurait se suffire à lui même comme source d'information. Et par ailleurs, un micro trottoir c'est plusieurs réactions prises à la volée selon une grille de questions et pas un discours sorti de son contexte...
Quel était le but de cette interview ? le sujet initial ?
L'abstentionisme ?
La mobilisation avant le second tour ?
Quelles sont les questions (et relances) de l'apprenti :
"Les maisons closes ca intéresse les gens"
"C'est un sujet important,"
"Les prostituées sont dans les bois"
"Cessez d'être agressif avec moi. "
Si ces relances c'est pas du hors sujet, alors j'aimerai qu'on m'explique que le journalisme c'est demander l'avis à Monsieur et Madame tout le monde sur tout et n'importe quoi en sillonnant le bitume aux quatres coins de la capitale !!!
Monsieur Melenchon est certes agressif mais s'il s'énerve c'est que son interviewer est complètement à côté de la plaque... Il n'y a aucune ligne éditoriale dans son reportage...De l'improvisation totale au niveau des brèves de comptoir...
Mr melenchon s'en rend compte, et pête les plombs...
Quand à l'article de Slate, il est à côté de la plaque également de part son titre. Et quant aux développement pour défendre les prostituées, les vrais gens, et ce ton justicier qui n'est pas journalistique pour un sou...
Si ce genre de vidéo devait circuler, c'est sans commentaires ou mieux : en retraçant les circonstances initiales de ce genre d'interview.
D'ailleurs, pourquoi n'a t-on pas interroger l'apprenti journaliste ? Le prof ?
Ce qui m'interesse c'est le pourquoi du comment ce micro trottoir ?
et le pourquoi du comment la diffusion de cette vidéo ?...
Quel message veut-on faire passer ?
Il n'est pas journalistique, il faut bien le reconnaître....
D'ailleurs, il me paraît interessant d'avoir l'avis et l'analyse des prof de cette école... J'ai du mal à croire qu'ils sont capables d'assumer une telle bêtise venant d'une si grande institution...
Peut-on parler de micro-trottoir lorsque l'on tend un micro à un homme politique?
Je ne suis pas journaliste, mais pour moi le micro-trottoir ça consiste, quand il fait froid, à aller demander à des gens ce qu'ils pensent du temps ("il fait très froid") et lorsqu'il fait chaud ce qu'ils pensent du temps ("il fait très chaud")... Bref ce sont des trucs dont j'ai jamais bien compris l'utilité et qui consistent à faire dire par des gens dans la rue ce que pense la personne devant son poste.
En mettant un micro devant un homme politique, on espère, je suppose, au mieux une analyse pertinente, au pire une petite phrase.
Je ne sais pas quel est le but de l'étudiant, mais Mélanchon lui déclare:Le politique: Regardez cette semaine par exemple. Le jour 2 après qu'on ait tous jeté de grosses larmes sur l'abstention populaire, quel était le titre du journal Le Parisien? Faut-il rouvrir les maisons closes, sujet qui est venu sur quatre ou cinq radios, c'est intéressant ça non? Alors ce mélange de voyeurisme et de prostitution publique va continuer jusqu'à la catastrophe évidemment, évidemment bien sûr.
Le jeune journaliste considère que ce n'est pas si évident et si "bien sur" que ça et relance sur la prostitution et là dessus Mélanchon part en vrille.
Ce n'est pas le journaliste mais Mélanchon qui a mis le sujet sur le tapis. Il n'y a donc pas eu détournement par le journaliste du sujet de l'interview. Si détournement il y avait, ce serait par Mélanchon lui-même.
Mélanchon veut fonctionner sur le mode de la connivence (peut-être parce que c'est un jeune journaliste et qu'il n'imagine pas un instant que son interlocuteur puisse ne pas partager ses idées sur ce qu'est la politique) Refuser ce fonctionnement sur la connivence me semble la base de ce que devrait être le journalisme.
Et si les ces deux personnes c'étaient juste mal comprise ?
Que cet auteur défende sa corporation avec mauvaise foi ou par manque de temps qu'il parle de lui en ces termes : ridicule, qu'il cite la chine pour la critique des médias... qu'il dise qu'il ne parvient pas à se justifier montre que ce pigiste n'a pas pris la peine de regarder ni la vidéo complète de l'échange( où M. continue de parler au journaliste en lui disant qu'il n'a rien contre lui mais qu'il considère que le système médiatique est en bonne partie responsable de la désaffection du politique et que cela est voulu pour permettre de ne proposer que deux choix qui se ressemblent tellement qu'ils satisfont les gens important...) ni les vidéos où il revient dessus cet incident et elles sont nombreuses où il précise qu'il a commis une erreur car il n'a rien contre les prostituées...
je conseille à tous d'aller voir ses vidéos ça vous changera un peu du train train médiatique et vous comprendrez pourquoi il en a aprés les médias : on lui a parlé de ce journaliste pendant des mois, puis 6 mois de questions sur la culpabilité potentielle de la bête du sofitel...puis des questions sur les primaires .... avant de lui demander quoi demain? s'il est pour ou contre la cravate? Lui aimerait peut être discuter de ses propositions ... pour une fois que quelqu'un en a....