Santé / Sciences

Les larmes de caïmans utilisées pour soigner les yeux secs

Temps de lecture : 2 min

Une équipe de scientifiques analyse les propriétés des larmes de plusieurs espèces à des fins médicales. 

Les caïmans sont originaires d'Amérique centrale et d'Amérique du Sud. | Gaetano Cessati via Unsplash
Les caïmans sont originaires d'Amérique centrale et d'Amérique du Sud. | Gaetano Cessati via Unsplash

Les caïmans, sous-famille de crocodiliens et proches des alligators, n'ont pas seulement les dents aiguisées et une puissante mâchoire: leurs larmes ont aussi des propriétés exceptionnelles, que les scientifiques commencent à peine à étudier.

Une équipe de l'Université fédérale de Bahia au Brésil, constituée autour du Docteure Arianne Pontes Oriá, vétérinaire, analyse les caractéristiques des larmes d'animaux en tous genres afin d'en comprendre les propriétés et, potentiellement, les utiliser à des fins médicales.

Le constat est simple: alors que les êtres humains clignent des yeux environ 15 fois par minute afin de répandre des larmes sur la cornée, les caïmans peuvent passer environ deux heures sans sourciller et sans que leurs yeux ne se dessèchent, rapporte le New York Times.

Aujourd'hui, ce groupe de scientifiques veut utiliser ces mêmes propriétés pour résoudre tout un tas de troubles ophtalmiques chez les êtres humains, comme des problèmes chroniques d'oeil sec.

Influence de l'environnement

Recueillir les larmes d'animaux n'est pas une chose aisée, d'autant que la liste des espèces étudiées est longue. L'on retrouve toutes sortes de reptiles, comme les tortues, mais également des faucons, des hiboux et des perroquets. À chaque fois, la démarche reste la même: quand l'animal est détendu, l'on vient récolter à l'aide d'un papier absorbant le liquide présent sur son oeil.

C'est une étape périlleuse, parfois frustrante au niveau de la quantité de liquide obtenue, d'autant que beaucoup d'animaux versent uniquement des «larmes basales» pour lubrifier l’œil et des «larmes réflexes» pour se nettoyer les yeux, mais pas de «larmes émotionnelles», précise le Télégramme. La tortue caouanne et ses larmes, si visqueuses que l'équipe a du créer tout un mécanisme adapté pour en extraire un petit peu, est un exemple de complication à laquelle doivent faire face les scientifiques.

Pour l'heure, l'équipe n'en est qu'à l'étape d'hypothèse quant à la composition extraordinaire des larmes de ces animaux, mais quelques pistes émergent, explique le média américain.

Pour les caïmans, leurs larmes sont, au niveau microscopique, formées par des treillis plus épais que bon nombre d'espèces, ce qui explique peut-être leur faculté à garder les yeux humides.

Enfin, les scientifiques ont établi que les variations de composition des liquides oculaires entre les espèces dépendaient en fait de l'environnement dans lequel ces derniers évoluent. Plusieurs de leurs recherches, publiées dans la revue Frontiers in Veterinary Science, montrent que l'évolution a donné des propriétés variées aux larmes des différents animaux afin qu'ils puissent répondre aux défis environnementaux.

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