Égalités / Tech & internet

Tinder coûte plus cher aux hommes hétéros de plus de 50 ans

Temps de lecture : 2 min

Une enquête de consommation australienne révèle que selon leur âge, leur localisation ou leur orientation sexuelle, les inscrit·es ne paient pas le même prix sur l'app de rencontres.

En fonction du profil, le tarif de Tinder Plus en Australie varie de 6,99 à 34,37 dollars par mois. | Kon Karampelas via Unsplash
En fonction du profil, le tarif de Tinder Plus en Australie varie de 6,99 à 34,37 dollars par mois. | Kon Karampelas via Unsplash

Une enquête menée par Choice, une association australienne de consommateurs, révèle que Tinder fait payer plus cher son service payant, Tinder Plus, aux hommes hétérosexuels, d'âge moyen et résidents de grandes villes, apprend-on sur le site américain de Vice.

Pour découvrir que les tarifs de Tinder Plus répondaient à divers critères discriminatoires, Choice a demandé à un panel de soixante client·es de s'inscrire à Tinder Plus. L'abonnement premium de l'application de rencontres ouvre droit à des fonctionnalités non disponibles avec la version gratuite, comme revenir en arrière lors de swipes accidentels, changer sa localisation et disposer d'autant de likes que souhaité.

L'association a observé que les prix variaient en fonction des profils. Le tarif oscillait par exemple entre 6,99 et 16,71 dollars (5,91 et 14,12 euros) par mois pour les moins de 30 ans, contre 14,99 à 34,37 dollars par mois (12,67 à 29,05 euros) pour les plus de 30 ans.

L'abonnement le moins cher, à 6,99 dollars, était proposé aux femmes queer âgées de moins de 30 ans. Tinder facture presque cinq fois plus aux hommes hétérosexuels de plus de 50 ans vivant en ville.

Justification peu convaincante

Choice a fait appel à la Commission australienne de la concurrence et de la consommation (ACCC) pour déterminer si Tinder enfreignait la législation en pratiquant des tarifs différenciés selon des critères tels que l'âge, le lieu de résidence ou l'orientation sexuelle.

«Nulle part sur le site web de Tinder, dans sa politique de confidentialité ou dans ses conditions générales la société ne dit qu'elle vous facturera un prix différent en fonction de vos données personnelles», indique Erin Turner, directrice de la communication de Choice, au site australien ABC.

Cette politique de tarification selon l'âge et la localisation existe pourtant depuis le lancement de la version premium de Tinder en 2015. À l'époque, le cofondateur de l'app Sean Rad avait déclaré: «Notre intention est d'offrir une réduction à nos jeunes utilisateurs», dans le but «d'optimiser le nombre de personnes que nous pouvons faire s'inscrire».

«Si je vis dans un pays en voie de développement ou quelque part avec une économie émergente, je n'ai pas les moyens de payer autant que quelqu'un qui vit aux États-Unis. Il y a certains critères qui doivent être pris en compte», affirmait-il quant à la question de la ville de résidence.

Comment, alors, justifier les différences de tarification en fonction du genre ou de l'orientation sexuelle? «Nous savons que Tinder utilise l'âge pour fixer des prix différents. Mais même au sein des tranches d'âge, nous avons vu une fourchette de prix, démontrant que d'autres facteurs entrent en jeu, que Tinder n'a pas encore expliqués. Il est vraiment inquiétant que nous ne sachions pas de quelles informations privées Tinder se sert pour fixer ces tarifs personnalisés», dénonce Erin Turner.

De son côté, Tinder rappelle que son application peut être utilisée gratuitement, ce que font la majorité des personnes inscrites.

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