Égalités / Sciences

Les scientifiques n'ont trouvé aucune différence entre le cerveau des femmes et des hommes

Temps de lecture : 2 min

Après un siècle de recherche, la conclusion est toujours la même.

La diversité anatomique observée s'explique surtout par un subtil mélange de gènes, d'hormones et d'apprentissage. | Priyanka Singh via Unsplash
La diversité anatomique observée s'explique surtout par un subtil mélange de gènes, d'hormones et d'apprentissage. | Priyanka Singh via Unsplash

«Les femmes n'ont pas le sens de l'orientation», «les hommes ne savent pas faire deux choses à la fois», voilà quelques clichés qui ont la vie dure et qui font référence à une vieille croyance selon laquelle les cerveaux féminins et masculins seraient par nature différents.

Un article du Science Times revient sur des décennies de travaux scientifiques sur le sujet, qui n'ont mené à la découverte d'aucune véritable dissemblance entre les sexes.

Plusieurs pistes ont été explorées depuis le XIXe siècle pour tenter de distinguer les capacités cérébrales des femmes et des hommes. L'une des premières hypothèses a été celle d'Alexander Bain et George Romanes: le cerveau des hommes étant plus gros que celui des femmes, les premiers seraient plus intelligents que les secondes.

Cette théorie a rapidement été balayée par John Stuart Mill, qui a souligné que ce raisonnement impliquerait également que les éléphants et les baleines soient plus intelligentes que les êtres humains.

Mesures anatomiques

D'autres scientifiques ont émis l'idée qu'il ne faudrait pas prendre en compte le poids du cerveau pour mesurer l'intelligence mais la taille de certaines parties, notamment le lobe frontal (hypothèse des phrénologistes) ou le lobe pariétal (hypothèse des neuroanatomistes) –là encore, l'intelligence des hommes était considérée supérieure.

D'autres régions du cerveau susceptibles de montrer une disparité ont été passées au crible, comme l'hypothalamus ou le corps calleux, mais les résultats n'ont pas été concluants.

L'une des études les plus parlantes est certainement celle dirigée par la neuroscientifique Daphna Joel en 2015. Son équipe a examiné les IRM de plus de 1.400 cerveaux et mesuré les dix régions cérébrales censées présenter le plus de différences entre les sexes. Le constat fut sans appel: seulement 3% à 6% des IRM concordaient avec les présupposés sur les cerveaux des hommes et des femmes.

Plus que le sexe, c'est en réalité l'apprentissage qui peut modifier les connexions neuronales du cerveau et donc influer sur sa structure. Une équipe de recherche a par exemple observé que l'hippocampe, la région cérébrale responsable de la navigation, est plus développé chez les chauffeurs de taxi que dans d'autres professions.

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