Sciences / Société

S'étreindre en limitant les risques, c'est possible

Temps de lecture : 2 min

Mais est-ce vraiment utile?

Girl with her cat | barnimages via Flickr CC License by
Girl with her cat | barnimages via Flickr CC License by

S'il n'est pas trop indécent de dégager quelques conséquences positives de la crise sanitaire en cours, on peut citer sans hésitation la disparition quasi totale de la bise ou de la poignée de main. Reste que dans certaines familles ou certains cercles amicaux, on semble ressentir une certaine frustration devant l'impossibilité de trouver une façon satisfaisante de se saluer ou de marquer physiquement son affection. D'après une étude relayée par NewScientist, c'est le cas d'environ 60% des Américan·es interrogé·es.

L'équipe de Tiffany Field, de l'université de Floride, a travaillé sur le sujet et a conclu que les personnes affirmant manquer de contact physique sont les plus touchées par l'anxiété, la dépression, la fatigue, les problèmes de sommeil et le stress post-traumatique.

Une étude complémentaire, menée par Molly Rosenberg (de l'École de Santé Publique d'Indiana) durant le premier semestre, montre que les embrassades et les accolades procurent plus d'un bienfait à celles et ceux qui s'y adonnent régulièrement: baisse du rythme cardiaque, augmentation du niveau d'ocytocine (connue sous le nom d'hormone du bonheur), baisse du taux de cortisol (hormone du stress).

De ce point de vue, Molly Rosenberg affirme que, s'il convient de respecter les gestes barrières avec les personnes qui n'habitent pas sous le même toit que vous, il est sans doute possible de se toucher quand même, en limitant les risques. Linsey Marr, de l'Institut polytechnique de Virginie, confirme: «La plupart des câlins consistant juste en un bref contact —cette brièveté étant la vraie clé— je pense qu'on peut abaisser les risques à un niveau acceptable, surtout si l'on considère les bénéfices de ce genre d'étreinte».

Câlin, mode d'emploi

À quoi ressemblerait un geste d'affection sans risque? Pour Linsey Marr, la première règle consiste à éviter le contact entre deux visages. La bise reste donc à proscrire, ce qui constitue la meilleure nouvelle de la journée. Elle affirme qu'il est possible de prendre l'autre personne dans ses bras, de façon relativement brève, en évitant que les visages ne se touchent, et de manière à ce que chaque personne tourne la tête vers l'extérieur. «Cela ne peut pas être un geste spontané: il doit être anticipé, et vous devez demander le consentement de l'autre», insiste-t-elle.

En outre, il semble prudent de se laver les mains avant et après chaque étreinte, comme l'affirme Margaret Hoise, de l'université de Glasgow. Expertes et expertes soulignent cependant que le fait de se prendre dans les bras, même de façon très fugace, n'est pas sans risque, et ne doit devenir une nouvelle routine. Ce genre de geste doit également être évité dans les groupes particulièrement à risques, ou présentant des symptômes.

«Nous arrivons à un stade de la pandémie où nous devrions toutes et tous être capables d'évaluer nous-mêmes les risques, en nous basant sur ce que nous savons du virus et de la façon dont il se transmet», souligne David Heymann, de l'École d'Hygiène et de Médecine Tropicale, située à Londres.

Est-il bien raisonnable de prendre des risques pour sa santé, ou d'en faire prendre aux autres, au nom d'un câlin qui risque d'être très peu satisfaisant? Sans doute pas. La rédaction vous suggère une autre solution, qui peut s'avérer aussi bénéfique: l'auto-câlin, qui permet de se serrer fort sans faire courir le moindre risque à qui que ce soit.


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