Santé / Monde

Aux États-Unis, l'espérance de vie dépend de la politique des États

Temps de lecture : 2 min

La couleur progressiste ou conservatrice de leur gouvernement local aurait une influence sur la santé des Américain·es.

Les inégalités d'espérance de vie sur le territoire américain se creusent depuis le milieu des années 1980. | Angelique Johnson via Pixabay
Les inégalités d'espérance de vie sur le territoire américain se creusent depuis le milieu des années 1980. | Angelique Johnson via Pixabay

Une étude publiée le 4 août dans la revue de santé The Milbank Quarterly et rapportée par le Los Angeles Times met en lien l'espérance de vie et les politiques menées par l'État de résidence des Américain·es.

Ses conclusions révèlent que les États où l'espérance de vie est la plus élevée sont ceux où les politiques sont dites «libérales» (au sens américain, donc progressistes vues de France), avec des règles plus strictes en matière environnementale, sur le tabac ou les armes à feu. Ces États accordent également plus de droits sociaux aux travailleurs, aux minorités et aux personnes LGBT+.

Aux États-Unis, les inégalités d'espérance de vie se creusent depuis le milieu des années 1980: les États du Nord-Est et de l'Ouest, où les politiques entreprises sont majoritairement plus à gauche, ont observé un allongement de l'espérance de vie; a contrario, dans les Appalaches et les États du Sud, qui sont marqués par des politiques sociales plus conservatrices, l'espérance de vie a stagné.

Selon le système développé par l'équipe de recherche pour classer la couleur politique des États, la Californie, qui avait en 2014 (année la plus récente analysée) l'une des espérances de vie les plus élevées du pays (81,3 ans), avait également entrepris les politiques les plus libérales.

Examen de 120 mesures-clés

«La conclusion générale est claire: les États qui ont investi dans le bien-être social et économique de leur population en adoptant des politiques plus progressistes au fil du temps ont tendance à être les mêmes États qui ont constaté des gains considérables d'espérance de vie», note l'étude.

Pour parvenir à une telle conclusion, les scientifiques ont passé en revue le positionnement politique des États sur 120 mesures-clés, relatives à l'éducation, au logement, à la santé –comme l'éligibilité à Medicaid (l'assurance maladie à destination des plus modestes)–, aux congés payés et au salaire minimum, mais aussi aux droits civiques, en incluant par exemple le mariage entre personnes du même sexe et l'interdiction de la discrimination fondée sur le genre. La politique fiscale, les restrictions à l'avortement et les règles quant à l'immigration ont également été prises en compte.

L'équipe a ensuite classé les cinquante États en fonction du degré de progressisme ou de conservatisme des politiques qu'ils ont adoptées depuis 1970, avant de rapprocher ces résultats de l'espérance de vie.

Même si les scientifiques avertissent ne pas pouvoir prouver que les politiques étatiques ont causé l'écart d'espérance de vie, leur étude souligne que la corrélation est persistante dans plusieurs États et sur plusieurs décennies.

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