Santé / Monde

Le Covid-19, une opportunité pour les régimes autoritaires?

Temps de lecture : 2 min

De nombreux gouvernements à travers le monde ont utilisé la pandémie pour asseoir un peu plus leur pouvoir.

Au Guatemala, le couvre-feu est devenu «un moyen de contrôler les troubles sociaux». | LoggaWiggler via Pixabay
Au Guatemala, le couvre-feu est devenu «un moyen de contrôler les troubles sociaux». | LoggaWiggler via Pixabay

Des États comme le Venezuela, l'Égypte ou la Bolivie ont vu en la pandémie de Covid-19 un moyen de contrôler toujours davantage leur population, relève le HuffPost américain.

Les médecins et les médias ont été des cibles de choix pour les régimes dictatoriaux, soucieux d'endiguer toute voix dissidente. C'est notamment le cas du Venezuela, où le président Nicolás Maduro a fait emprisonner plus d'une dizaine de journalistes.

Le régime a également fait fermer tous les sites officiels de test sauf deux et empêché les laboratoires privés et universitaires de mener leurs propres diagnostics.

«Ils ne veulent pas que quelqu'un donne des chiffres alternatifs. Ils veulent garder le contrôle, dénonce Phil Gunson, chercheur pour l'ONG International Crisis Group. Il n'y a pas vraiment eu de réponse globale au Venezuela, nous n'avons eu que de la propagande.»

En Égypte, comme le rapporte Amnesty International, le personnel médical est lui aussi dans le viseur des autorités. Fin mars, l'Agence nationale de sécurité a arrêté Alaa Shaaban Hamida, une médecin enceinte de 26 ans accusée d'«appartenance à un groupe terroriste», de «diffusion de fausses nouvelles» et d'«utilisation abusive des réseaux sociaux».

Ces poursuites ont été engagées après qu'une infirmière a utilisé le téléphone d'Alaa Shaaban Hamida pour signaler un cas de Covid-19 directement au ministère de la Santé, sans passer par ses responsables. Au moins une douzaine d'autres personnels de santé et de journalistes sont également détenus.

Mesures de santé publique détournées

En Hongrie, le président Viktor Orbán peut désormais gouverner par décret en vertu de l'état d'urgence et emprisonner les personnes qu'il juge responsables de désinformation.

Jeanine Áñez, dirigeante de la Bolivie par intérim depuis novembre 2019, a pour sa part profité de la crise sanitaire pour repousser l'élection présidentielle à trois reprises et conserver le contrôle du pays.

Au Guatemala, le président Alejandro Giammattei a mis en place des couvre-feux, avec pour but affiché d'empêcher la propagation du virus. Mais il semblerait que la mesure soit devenue «un moyen de contrôler les troubles sociaux», d'autant que la hausse de la pauvreté et la colère des Guatémaltèques face à la corruption gouvernementale risquent de ramener la population dans les rues, note Frank La Rue, spécialiste des droits humains et président de l'Institut centraméricain d'études de la social-démocratie.

En plus de mettre en danger la démocratie, «les pays qui prennent ces mesures rendent difficile le contrôle efficace de l'épidémie», dénonce Domingos Alves, professeur de médecine sociale à l'université de São Paulo au Brésil.

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