Santé / Société

L'isolement social est néfaste pour notre santé mentale et physique

Temps de lecture : 2 min

Le nombre de proches à qui se confier est en baisse.

S'isoler trop longtemps augmente le risque de maladies cardiaques ou de mort prématurée. | Caleb George via Unsplash.
S'isoler trop longtemps augmente le risque de maladies cardiaques ou de mort prématurée. | Caleb George via Unsplash.

Ce n'est pas pour rien que l'expression «éloignement physique» n'a pas été beaucoup utilisée pendant la pandémie de Covid-19. Bien qu'il s'agisse d'une description plus précise de la distanciation physique, elle ne rend pas compte de la perte que beaucoup d'entre nous ressentent comme le résultat direct de notre séparation d'avec les autres, explique le Scientific American.

La solitude est un problème croissant depuis des décennies. On estime que 61% des adultes américain·es en font l'expérience, et ce sentiment n'a fait qu'empirer avec le confinement. Si rester seul·e aide à prévenir la propagation du coronavirus, nous sommes des êtres sociaux et un isolement prolongé nuit à notre santé mentale.

La faim de l'autre

La BBC Loneliness Experiment, un projet de recherche mondiale à grande échelle, a récemment publié ses résultats très attendus, révélant que la solitude déclarée est plus élevée chez les jeunes, les hommes et les personnes vivant dans des sociétés individualistes.

Une étude plus récente sur les effets de la distanciation physique pendant la pandémie a révélé que les fondements neuronaux associés à l'isolement sont similaires à ceux de la faim physique. Dire que l'on est «affamée de contact» n'est pas loin de la réalité.

La solitude, tout comme la faim ou la soif, est signe que nous manquons de quelque chose. Un isolement social prolongé peut même contribuer à des maladies cardiaques, des accidents vasculaires cérébraux ou une mort prématurée.

Des relations proches en baisse

Dans les années 1990, l'anthropologue britannique Robin Dunbar, en découvrant une corrélation entre la taille du cerveau des primates et les groupes sociaux qu'ils forment, a conclu que les êtres humains ont la capacité de maintenir environ cinq relations étroites.

Malheureusement, la plupart d'entre nous n'atteignent pas ce nombre. Aux États-Unis, le nombre déclaré de relations proches –les personnes avec qui nous pouvons discuter de sujets importants– a diminué. Les adultes avaient trois confident·es en 1985, contre deux seulement en 2004. Et environ un·e Américain·e sur quatre a déclaré n'avoir aucune personne proche avec laquelle s'épancher en 2004, soit près de trois fois plus qu'en 1985.

Des données plus récentes montrent qu'un·e Américain·e sur cinq n'a pas d'ami·es du tout. Une enquête publiée en 2020 a révélé que 71% des millennials et près de 79% des personnes de la génération Z déclarent se sentir seules, soit une proportion nettement plus élevée que chez les autres générations. Les amitiés profondes se font donc rares, surtout au sein de la jeunesse.

Les liens avec d'autres personnes nous aident à nous épanouir en tant qu'êtres humains. Si la solitude a du bon, notamment pour la santé, personne n'a besoin de se sentir complètement isolé, même lorsque les circonstances font que l'on est contraint·e de s'éloigner.

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