Arrêtons de parler des retraites, il faudrait les baisser
La France doit d'abord retrouver une dynamique de croissance et d'investissement.
- REUTERS/Suzanne Plunkett -
La façon dont le président de la République a présenté ses deux dernières années de mandat en focalisant l'attention sur la réforme des retraites est dangereuse. Dangereuse vis-à-vis des partenaires sociaux car il en fait un test de leur combativité. Ils vont se sentir renforcés avant cette bataille «décisive». Dangereuse vis-à-vis des marchés financiers qui en ont fait un test exactement inverse, celui de la volonté d'assainissement des comptes publics par la France. Nicolas Sarkozy s'est coincé d'avance à décevoir soit les syndicats soit les marchés, lesquels risquent de monter les taux d'intérêt sur les bons du Trésor. Pour un pays dont la dette atteint 1.500 milliards d'euros, un point de plus coûte 15 milliards, soit plus que les 12 milliards de déficit prévus en 2012 pour la caisse vieillesse...
La France a des problèmes plus graves
Ce n'est pas très malin de mettre autant en avant cette réforme des retraites. Ce n'est pas non plus très sérieux. Car comme l'a dit avec raison François Chérèque, de la CFDT, la France a des problèmes plus graves. D'abord parce que, sur le fond, sauver les retraites c'est s'occuper encore et toujours des vieux et qu'il est temps, enfin, de s'occuper de ceux qui souffrent vraiment, c'est-à-dire les jeunes. Les dépenses de retraites représentent 12,4% du PIB de la France contre 7,7% en Suède, pays très «social», et 8,7% au Japon, pays très «vieux». Ne trouvez-vous pas qu'on devrait enfin changer de priorité et dire la vérité crue: il faut que les pensions baissent (pas les plus faibles bien sûr) pour décharger un peu les épaules de ceux qui travaillent? Le débat est ouvert.
Le problème plus grave de la France est sa compétitivité. Christine Lagarde a reçu beaucoup de critiques pour avoir dénoncé la politique macroéconomique allemande qui, abaissant ses coûts et asséchant sa demande interne, pénalise ses voisins. «Ce n'était pas le moment», a-t-on reproché à la ministre. Au contraire, il n'était que temps! Et la fin de non-recevoir que lui a sèchement renvoyée la chancelière Angela Merkel prouve que la patronne de Bercy pointait juste. L'Allemagne ne joue pas un jeu coopératif. On peut comprendre: il fallait à notre voisine se refaire une santé après la ruineuse réunification et reconstruire sa compétitivité.
Aujourd'hui, c'est fait. Or, Angela Merkel n'entend pas infléchir d'un iota cette politique de l'offre. Le syndicat IG Metall fait le même choix. Même si le sujet ne fait pas complètement consensus outre-Rhin –le président de la Bundesbank ayant mis des réserves, ce qui n'est pas rien!– il faut que la France en tire la conséquence: la guerre des coûts est déclarée au sein de la zone euro.
La grève des investissements
Les exportations françaises représentaient 56% des exportations allemandes en 2000 et seulement 37% en 2006. Les industriels français vont continuer de perdre des parts de marché si la trajectoire n'est pas, ici aussi, nolens volens, réorientée vers une politique de l'offre. Il ne sert plus à rien de se plaindre et d'argumenter que ce jeu non coopératif des Allemands est mauvais pour l'Europe dans son ensemble, il faut réagir. Dès que la reprise est assurée (à la rentrée?), le curseur de la politique macroéconomique française devra se déplacer vigoureusement de la demande vers la compétitivité. Encore une fois, ce schéma n'est pas du tout idéal pour l'Europe mais la course de l'Allemagne impose à ses partenaires de lui emboîter son pas mercantiliste.
Concrètement, il faut que la France sorte de ce qu'on peut appeler sa grève des investissements. L'Etat, a souligné le président de la République, ne dépensait plus que pour son fonctionnement, il a créé le grand emprunt pour corriger le tir. On pouvait en débattre, mais c'est fait. Il reste maintenant à sortir le secteur privé de son sous-investissement chronique depuis plus de dix ans. Les entreprises françaises utilisent trois fois moins de robots que les allemandes, par exemple. Même réticence, hors exceptions, pour les dépenses de recherche-développement. En gros, nos géants du CAC distribuent trop de dividendes et n'investissent plus qu'à l'étranger.
Comment faire? Mettre à plat la fiscalité: les impôts et taxes sont «peu orientés vers la compétitivité», résumait le dernier rapport du Conseil des prélèvements obligatoires.
Réformer les retraites? Certes! Mais retrouver une stratégie de croissance post-crise est beaucoup plus fondamental que d'assurer aux baby-boomeurs retraités leurs douces croisières aux Caraïbes.
Eric Le Boucher
Cette chronique est également parue dans Les Echos le 26 mars 2010.
Photo: Une personne âgée à Londres, accompagnée de son aide, en mars 2010. REUTERS/Suzanne Plunkett
Mis à jour le 30/03/2010 à 19h40











![Avec Merkhollande, où va aller l’Europe [Les dossiers du quinquennat] Avec Merkhollande, où va aller l’Europe [Les dossiers du quinquennat]](http://www.slate.fr/sites/default/files/imagecache/bloc-alaune/merkhollande.jpg)

































Bonjour,
Que ce soit de gré ou de force... les jeunes générations ne pourrons payer et la dette laissée par les générations précédentes, ni maintenir ce niveau de revenu.
Il faut absolument plafonner les pensions et demander aux retraités disposant d'un revenu supérieur à celui des jeunes et des familles de contribuer aux solidarités .
Cela parait si simple finalement : faire cotiser ceux qui le souhaitent ( jeunes et seniors en recherche d'emploi) , élargir l'assiette des cotisations à tous les revenus et diminuer les pensions
Bravo Mr Le Boucher...
Petite proposition simplette:
Et si avant de revoir les allocations de retraite de la majorité des français, nous envisagions de reconsidérer le retraites de nos élus et de nos élites financières et du CAC40?
Petite proposition simplette, dis-je...
(PS: Quand arrêtera-t-on de se foutre de la g... du peuple en le prenant pour une vache à lait inépuisable? Vous avez une réponse à cela, Môssieur Le Boucher?)
Cette proposition qui correspond à une justice dans l'effort demandé à tous et qui peut se défendre n'est malheureusement pas à la hauteur des enjeux.
Ce type de mesures qui ne toucherait qu'au maximum 10 000 personnes n’amènerait au mieux que quelques centaines de millions quand les enjeux se chiffrent en dizaines de milliards pour 60 millions de français.
les retraités ont bénéficié des 30 glorieuses, on ne cherchait pas de boulot à l'époque, on cotisait facilement et maintenant réclament leurs retraites qui sont payées par ... les jeunes qui se heurtent à la concurrence mondiale et cherchent avec difficulté du boulot. Ils oublient que la retraite par répartition est un acte de solidarité donc fonction des moyens de ceux qui sont solidaires, et non une assurance retraite pour laquelle on cotise et dont on reçoit un juste retour. Mais la croisiére des retraités (riches et sans besoin) s'amuse, pendant que les enfants rament.
Et la gauche dit : sortir par le haut.
article que je trouve pertinent et lucide...meme si je fait parti depuis l'age de soixante ans de ses retraités babyboomeur qui voyagent...
eh oui mais en plus je suis encore en bonne santé donc je ne coute pas trop cher a la sécu mais ca ne durera pas la vie des rats !
M. Le Boucher un article simpliste qui n' apporte rien au pb de fond.
Le pb des retraites est un des pb de la France mais d'où vient-il?
Tout découle du manque de vision des politiques droites/gauches et autres magiciens.
Diffculté des retraites par manque de cotisants donc par manque de travail, du au manque de compététivité coût de la M.O, due aux excés de charges par la gabbgie de l'Etat de droite et de gauche.
Des exemples le plus symbolique: le mille feuille que le gouvernement minimise par sa petite loi médiocre, un exemple la création des communautés des communes qui devait générer des économies au cntraire ses coûts se rajutent aux charges déjà existantes.
La distribution NON CONTROLEE des exonérations et autres avantages parfois necessaires mais sans contrôle réel : CAF,SS, RMI, chômage.
Le refus des syndicats et du Medef d'évoluer mais du toujours plus dans tous les sens ......
M. Le Boucher j'ai une retraite confortable que je dépense dans l'hexagone avec à la clé une construction pour un de mes enfants handicapés qui sera moins à la charge de la société.
L'exemple allemands est intéressant il ne date de Mme Merkel mais du gouvernement précédent qui a pris l'ensemble des pb et non un morceau de ficelle il est vrai qu'il a eu le COURAGE de perdre les élections, voilà une question à poser à nos politiciens pieds nickelés qui sont ceux qui ont mis notre pays à genoux à force de distribution gratuite.
Vous verrez le grand emprunt un futur gouffre pour les français .
Vous êtes passés par la case FACILTE, pas digne de vos compétences.
Ne trouvez-vous pas qu'on devrait enfin changer de priorité et dire la vérité crue: il faut que les pensions baissent (pas les plus faibles bien sûr) pour décharger un peu les épaules de ceux qui travaillent? Le débat est ouvert.
Où nous emmène ce discours, de plus en plus répandu, qui tend à renouveler la lutte des classes en en faisant un combat entre les actifs et les retraités ?
La politique de réforme des retraites suivie par le gouvernement aboutie nécessairement à une baisse des retraites. En augmentant le nombre de trimestres de cotisation et en prolongeant l'age légale de la retraite dans une économie où les périodes de chômage plus ou moins longue font partie du cursus normal de tous les actifs, les retraites baissent mécaniquement que ce soit parce que les travailleurs prennent leur retraite plus tard ou/et parce qu'ils partent à la retraite avec un nombre insuffisant de trimestres de cotisation.
Ne s'oriente t'on donc pas vers une retraite de base qui va tendre de plus en plus vers un minimum vieillesse qui ne sera plus en relation avec les cotisations passées du retraité ou avec les cotisations actuelles des actifs?
Et des cotisations dans des régimes complémentaires qui seront fonctions des performances des fonds de gestion, de la générosité de l'employeur, et des cotisations volontaires additionnelles du retraité au cours de sa vie professionnelle ?
Bref, la retraite par répartition des cotisations des actifs au profit d'une retraite par capitalisation n'est-elle pas déjà actée?
A terme, la cotisation au régime de base deviendrait alors un impôt comme les autres et la retraite de base se confondrait avec le minimum vieillesse.
Les restaurants de coeur ont un bel avenir.
Dans la même veine, on a tous hâte de lire votre solution sur l'explosion inéluctable des coûts de santé lié au papy boom. Comment se serreront-ils la ceinture, nos anciens ? Ne remboursera t'on plus que les cordes et les fusils de chasse ? Ou une taxe sur les climatiseurs passé 60 ans ? Sûr que ça ferait des économies ! Bien que pour le trentenaire que je suis, l'idée de faire cracher les viocs qui votent à plus de 70% pour cette droite sécuritaire, liberticide et paupérisante pour 80% de la population soit séduisante, je ne vois pas en quoi appauvrir les retraités pour les aider à rejoindre les pauvres jeunes précaires sera bénéfique pour les uns comme pour les autres. Car appauvrir les retraités, c'est également appauvrir les actifs. Car hormis de menus plaisirs bien mérités, au final, les pensions de retraite permette surtout de se loger, se nourrir et éventuellement participé au frais de santé, d'aide à domicile ou des maisons de retraite ! Car une fois passé leur chemin, les descendants ou en dernier ressort l'État récupèrera une bonne partie de la mise qui reviendra dans le circuit économique, il ne faut pas l'oublier. Qui plus est terrifier les actifs d'aujourd'hui sur leur niveau de retraite à venir et plus généralement, leur avenir tout court ne favorise pas les investissements ni la consommation secondaire, ce qui aggrave encore un peu plus nos comptes sociaux, CQFD. Le débat sur les retraites rejoint point par point les dérives du système néolibérale financier à la sauce mondialiste. Et tout le monde sait que la justice pour un financier c'est de mettre tout le monde au tarif chinois, sans toucher au prix de vente et donc accroitre les marges et d'encaisser la différence. Restera ensuite à investir dans les pompes funèbres...
Un système de retraite, qu'il soit par répartition ou par capitalisation, qu'il soit dans le cadre d'un régime général ou complémentaire, c'est une épargne volontaire:
J'accepte de prélever sur ma valeur ajoutée, ma rémunération, un % qui ne m'est pas versé en salaire net mais est versé à un organisme qui en retour me paiera une rente lorsque je cesserais mon activité.
Dans l’absolu la perception de cette cotisation peut se traduire par une baisse du salaire versé. Le système de retraite français a été construit à une époque où la productivité, l’accroissement des richesses produites a permis dans le même temps d’augmenter les salaires versés et les cotisations prélevées sur ces salaires.
Malheureusement, aujourd’hui nous ne sommes plus dans la même situation. On ne peut que constater que le gâteau ne grandit plus assez vite au regard de nos engagements, voir même au regard de l’accroissement de la population. C’est d’ailleurs le principal problème français. La richesse par habitant ne fait que diminuer. Les salaires ne baissant pas, alors l’ajustement se fait sur le nombre de salariés.
Les opposants à la réforme des retraites ont raison de pointer le fait qu’allonger la durée de cotisation lorsqu’on a un chômage de masse ne peut qu’augmenter le chômage. Car la création de richesse est préalable à sa répartition (cf la fameuse peau de l’Ours…). L’allongement de l’âge de départ à la retraite est une nécessité démographique qui se démontre par une simple règle de 3. Mais dans une période de faible croissance elle ne peut que s’accompagner d’une baisse des pensions et des salaires nets en valeur relative (abstraction faite de l’inflation). Le chômage étant une manifestation de cette baisse des revenus.
La seule alternative à la baisse généralisée des prestations sociales est l’accroissement de la productivité de la société française. De la société, pas seulement des travailleurs. Et donc la réorientation entière de la société française vers la création de richesse au détriment de l’orientation politique générale depuis 30 ans centrée sur la redistribution.
Provocateur, mais concept intéressant qui n'a pas manqué de solliciter des remarques parfois perspicaces :
El Gato 'En augmentant le nombre de trimestres de cotisation et en prolongeant l'age légale de la retraite les retraites baissent déjà',
MAYOMBE : 'difficultés de retraite par manque de cotisants donc par manque de travail',
JG : 'la croisiére des retraités (riches et sans besoin) s'amuse, pendant que les enfants rament'
Sans oublier, bien sûr, l'inévitable appel des barricades : 'Le débat sur les retraites rejoint point par point les dérives du système néolibérale financier à la sauce mondialiste' Realworld.
Mais baisser les retraites?
Malgré 'la crise' (depuis 1971 nous sommes en 'crise') la France s'en sort pas si mal. Même en 2009 le pouvoir d'achat a augmenté, n'en déplaise au PS & Co.
Et la France est riche.
L'inflation stagne mais ni les retraites ni les salaires. Dans les rues défilent les enseignants et les cheminots dont ni l'emploi ni les salaires sont menacés.
Quelque soit les solutions proposées par ce gouvernement (ou le prochain) ils défilerons à nouveau. C'est un réflexe, leur fond de commerce à eux.
La réalité finale est que le montant des retraites est le reflet de la richesse fondamentale du pays. Si celle--ci décline, les retraites vont décliner (cf la Grèce). Si elle continue d'augmenter, les retraites augmenteront.
Pour assurer sa richesse, et pour tenir compte de l'augmentation heureuse de la durée de vie, il faut assurer sa compétitivité dans le monde et une progression du PIB.
Je vois mal comment cette progression serait augmentée en baissant les revenus d'une partie croissante de la société.
Lutter contre le gâchis, assainir l'administration, baisser les couts comme les Allemands semblent avoir fait est une façon plus sûr d'assurer l'avenir du pays que réduire la demande en payant moins.
Je reste dubitatif quant à l'analyse de l'article qui est d'un simplisme impressionnant.
Je ne parlerais pas des autres pays où une analyse de fond permet rapidement de conclure que comparaison n'est pas raison. On ne compte tout simplement pas forcément les mêmes éléments et les dépenses annexes peuvent faire toute la différence.
Par ailleurs, quand nous avons 20 millions de plus de 60 ans, c'est à dire 30% de la population, ne donner que 12,7% du PIB ne paraît pas excessif. Bien sur, là encore l'on pourrait objecter qu'il y a d'autres revenus. Seulement, cela rend caduque l'argument principal de l'article qui dit la même chose dans l'autre sens.
De plus, ceux qui ont ces revenus supplémentaires et partent en croisière ne sont qu'une partie de la population concernée. Le rôle d'un système obligatoire de retraite, répondant au programme du CNR prévoyant un revenu permettant aux vieux travailleurs de finir convenablement leurs jours, doit financer les vieux jours de ceux qui n'ont pas les moyens de se payer une croisière. Or dépenser moins ne signifie pas que l'on réduira la retraite des plus riches et le constat est souvent inverse (l'augmentation des annuités ou de l'âge légal de départ est exemplaire pour conserver aux riches des retraites confortables quand les moins aisés voient leurs pensions diminuées : ce sont eux qui ont le plus d'accidents de parcours et ne peuvent avoir une retraite complète.
Enfin, il s'agit de faire beaucoup de bruit pour rien (ou pour une arnaque...). En effet, les derniers rapports du COR donnaient une augmentation du coût des retraites de 1,7 point de PIB (soit environ 15% des dépenses actuelles) jusqu'en 2050 avec une décroissance prévue après. Or l'augmentation des dépenses entre 1980 et 2000 a été de 2,3 points de PIB (rapport du COR - http://www.cor-retraites.fr/IMG/pdf/doc-121.pdf). Il me semble que l'on a trouvé les ressources et ne me dites pas que c'était une période de forte croissance et de plein emploi !
Pour conclure, le problème est strictement au niveau du financement et donc des ressources produites. Il ne s'agit pas de compétitivité car la compétitivité mène à la réduction des richesses distribuées à la majorité pour se concentrer de plus en plus, pas à une croissance de la production efficace globale : si toute l'Europe fait comme l'Allemagne, tout le monde rentrera en récession.
Vous dites qu'il ne s'agit pas de demande mais de compétitivité. C'est tout le contraire : pourquoi produit-on? Pour être compétitif ou pour répondre à une demande? Faut-il des emplois ou des rémunérations correctes? Faut-il des retraites correctes ou l'équilibre des caisses de retraite?
Et là je suis resté simpliste...
Le propos de simpliste qualifiant le fond de cet article a déjà été utilisé par d'autres commentateurs et je le reprends aussi à mon compte. Avec le début des pleins effets de la réforme Balladur (25 meilleures années), le niveau des pensions du secteur privé stagne pour se situer en moyenne aujourd'hui à 1000 € par mois (régimes de base et complémentaires). Le cliché des croisières aux Caraîbes résiste mal à cette réalité réservée à quelques-uns uniquement. Choisir la Suède ou le Japon pour le poids des retraites en structure du PIB est tout aussi malhonnête. Tous les pays de l'Europe ont une charge structurelle équivalente à la France qui a par contre un système retraite en montée en charge complète ce qui n'est pas le cas de la plupart des autres pays membres. Le cas de l'Allemagne avec un taux de natalité très défavorable n'est pas non plus à comparer à notre contexte national. Donc notre système de retraite ne concourt donc pas, à court, moyen et long terme, à un handicap pour la France. Le manque de financement pour le secteur privé est faible et doit désormais être ajusté avec une contribution sur la consommation (à laquelle toutes les générations participent ; le déficit structurel des retraites peut être comblé pour dix ans avec une C3S augmentée de 0.30% -ne pas confondre avec TVA sociale- ce qui est sans effet sur l'économie productive) et non plus assise exclusivement sur les salaires (ceci est un message à la gauche dure et imbécile genre Front de gauche ou extrêmes). J'aurais voulu lire les distorsions énormes et croissantes du poids des pensions entre public et privé et la préconisation courageuse d'un régime unique de retraite avec droits et avantages réellement unifiés. C'est cela le vrai traitement de la question des retraites. Ainsi, un gendarme en retraite perçoit une pension aussi conséquente et beaucoup plus tôt qu'un cadre supérieur du privé !!! Et cette dérive irraisonnée va croissante. Nous ne pouvons plus assurer la viabilité économique du statut de fonctionnaire qui n'a au demeurant aucune justification (le Danemark a ramené le nombre de ses fonctionnaires de 3 millions à 300 00 en créant des agences privées de gestion des services publics - soit la sécurité sociale ou Pôle emploi en France). On peut agir comme à France Télécom en privatisant progressivement les nouvelles embauches des services publics, ce qui ne signifie pas stresser sans raison ces personnels. Pourquoi admettre de ne pas modifier le contrat social et initial des fonctionnaires et tirer à l'envi sur celui très précaire du secteur privé, principal producteur de la richesse nationale. Donc orientons le débat sur les vraies questions et non en ressassant des clichés dépassés et hors sujets. Est-il écrit que nous devrions tous mourir socialement avec l'âge en perdant tous repères ou espoirs économiques ? Sous l'angle électoral, l'hypothèse n'est même pas posée et il est inutile de laisser se créer ce genre de lobby.
" Il ne s'agit pas de compétitivité car la compétitivité mène à la réduction des richesses distribuées à la majorité pour se concentrer de plus en plus, pas à une croissance de la production efficace globale : si toute l'Europe fait comme l'Allemagne, tout le monde rentrera en récession".
Comment arrivez-vous à ces étranges conclusions, Thomas? La première est en contradiction totale avec l'histoire. On peut toujours améliorer la distribution de la richesse mais prétendre qu'elle n'enrichit pas d'une manière ou d'une autre l'ensemble de la société.... Il suffit de comparer la France de 2010 avec la France de 1910...
Mes parents étaient pauvres, très pauvres. Moi je le suis moins, beaucoup moins...Et ce n'est pas grâce à moi seul.
Quant à votre deuxième conclusion et votre référence à l'Allemagne, j'avoue que je n'y comprends rien.
J'ai précisé à la fin avoir fait simpliste. Dans un format de commentaire sur internet, difficile de tout dire.
Bref, sur la compétitivité, l'idée est que la compétitivité ne permet pas l'augmentation des richesses mais c'est un mode de répartition. Ainsi, les agriculteurs sont très compétitifs à l'export quand ils sont subventionnés mais au final ils restent très pauvres et appauvrissent les autres agriculteurs dans le monde en proposant des prix trop bas. La concurrence a du bon pour l'innovation commerciale mais pas pour une création de biens et services de base et pour une distribution à ceux qui en ont réellement besoin. Voir l'exemple de la réforme de la santé aux USA.
Pour l'exemple de l'Allemagne, si tout le monde réduit les salaires pour être plus compétitif, on réduira la demande globale et on met tout en oeuvre pour une récession générale. En 29, ils avaient joué de la dévaluation compétitive chacun à leur tour avec pour résultat une dévaluation générale, au bout du compte sans résultat positif global. Les premiers ont gagné temporairement en compétitivité au prix d'un coût supérieur des exportations et donc une augmentation des prix de consommation. Ils ont pris des richesses aux autres qui se sont empressé de rééquilibrer voire d'aller plus loin pour être gagnants à leur tour, mais toujours au détriment des autres et toujours au prix d'un coût de consommation supérieur pour la population. On maintient des profits mais c'est à chaque fois la population qui paie et/ou d'autres pays. Ce n'est pas du gagnant/gagnant mais du perdant/perdant (le gain potentiel n'est que de court terme et juste en avantage comparatif).
D'où les questions à la fin qui sont les questions auxquelles on devrait toujours se reporter pour savoir si une politique économique, ou même une simple mesure, va dans le bon sens : rend-on service à la population?
Si la réponse est négative, c'est que l'on se trompe.
Si l'on considère que l'on est plus riches qu'en 1910, c'est énormément du au fait que les technologies nous ont donné accès à de l'énergie, à l'eau courante, etc... C'est aussi le gain de la colonisation militaire puis économique qui nous ont permis de gagner des richesses sans permettre à d'autres d'y accéder. Le creusement des inégalités n'en a été que plus flagrant. Et ça continue, d'où l'inquiétude de l'arrivée des chinois en Afrique... avec nos anciennes méthodes.
En tout cas, ce n'est pas grâce à la compétitivité.
Mais encore une fois, je ne peux développer dans un message si court.
Pour aller plus loin, je vous conseil d'aller sur les blogs suivant :
http://alternatives-economiques.fr/blogs/raveaud
http://analyses-et-propositions.over-blog.com/
http://www.mouvementutopia.org/blog/
Sans mettre en cause le raisonnement global, une phrase ne passe pas:
"d'assurer aux baby-boomeurs retraités leurs douces croisières aux Caraïbes."
Sur12 millions de pensionnés,4 millions de retraités perçoivent le minimum contributif » (590,33 euros) et « plus de cinq millions entre 800 et 1 100 euros ».
Avant d'asséner des sentences définitives, il est bon d'aller consulter les statistiques.
Ca peut aider...
donc sur 12 millions, 3 millions vivent bien voire trés bien et on n'a pas compté ceux qui propriétaires de leur logement n'avaient plus à le payer, la comparaison de revenus n'est pas tout à fait la même.
A comparer au niveau de vie des actifs qui ont aussi à charge les petits enfants et doivent consacrer une part de leur revenu à l'acquisition de leur logement.
Bonjour,
Je serai un peu long, mais je souhaiterais vous soumettre ma proposition. Des avis éclairés qui vont dans le sens du mien sont rares...alors j'en profite...eh puis, de toute manière, si je devais m'apercevoir que slate.fr est aussi passionnant pour moi que la première impression qu'il m'a faite, vous aurez l'occasion de vous apercevoir que je ne sais pas "faire court", bonne chance dans l'avenir... :-)
Ma proposition consiste simplement à considérer que le régime mutualiste des retraites est une assurance qui permet à tout un chacun d'être certain d'avoir une retraite, même minimale, en cas de plantage. Donc de ne pas en avoir en cas de réussite puisqu'on considérera que le système a déjà récompensé la personne durant sa période active. De sorte que l'entrepreneuriat est encouragé, donc la création d'emploi.
Pour financer ça, on déterminera un seuil, donnant droit à une pension pleine et entière, sensiblement supérieure à celle offerte aujourd'hui je propose 1'500€ pour une personne seule, 2'500€ pour un couple.
Entre les deux, une simple ligne linéaire est tirée et détermine le niveau de droit à la prestation accordé en conséquence du revenu.
Parce qu'il est évident que le petit ouvrier à la retraite est un fauché et que celui qui touche 2'500€ de revenu patrimonial (caisse de pension, assurance-vie, placement financier, rendement immobilier, location de son fonds de commerce, etc...) n'a pas besoin de la caisse de retraite pour vivre. Celui qui a réussi en prenant un risque qu'il s'est autorisé à prendre grâce au fait que le système autorise de le faire, ce qui n'est le cas que dans le système capitaliste, qui, de surcroit, lui garantissait de pouvoir survivre en cas d'échec n'a pas à bénéficier des prestations de cette assurance.
Celui qui s'est planté, ne l'a pas fait par plaisir, mais il a tenté quand même de contribuer au système, voir il y est parvenu durant des années si ça se trouve et un changement de conjoncture est à l'origine de son échec. Il a alors droit à la "reconnaissance", même minimale, de la societé pour sa contribution et le risque pris.
Un individu percevant 2500€ ne touche rien
2000€ donnent droit à 300€ de retraite
1500€ = 600€
1000€=900€
500€=1250€
0€=1500€, la rente de base complète
Tout ceci n'interdit pas que chaque individu peut décider de toucher plus de retraite en cotisant plus, ce qui va, par exemple, relever le plafond. Une double cotisation donne droit à une réduction du revenu imposable la vie durant et à un seuil relevé à 3500€ ou une rente de base plus élevée...
Dans ce cas, par exemple un gars percevant 1500€ de revenu, toucherait alors encore une rente de 850€, soit 2350€, 250€ de plus par mois que s'il avait cotisé normalement et s'il n'a pas de revenu patrimonial, il touche 2000€ au lieu de 1500€.
Parce que, je vous le rappelle, et personne n'en parle, ceux qui touchent les plus grosses retraites, sont aussi ceux qui ont payé les plus grosses tranches d'impôt, mais c'est aussi ceux qui ont eu le plus de réductions sur le revenu imposable puisque la cotisation à la caisse de retraite est déductible. CQFD.
Ce système permettrait de retirer la pension, souvent les plus grosses et Ils sont très nombreux, comme, enfin, on peut voir la démonstration ici, à ceux qui n'en ont pas besoin et qui l'utilisent, selon mes termes, "pour payer les mensualités de leasing de leur Mercedes" afin d'utiliser les fonds à la fois pour augmenter les plus petites retraites et reconstituer la fortune de la retraite.
...Mais aussi de retirer une épine cruciale du pied des individus, à savoir qu'il n'est plus nécessaire d'avoir cotisé pour percevoir. Un individu ayant consacré sa vie à de l'humanitaire ou au développement de la culture ou autre n'a rien à justifier pour obtenir le droit minimal. Si ça se trouve, il gagne plus à la retraite que lorsqu'il était actif...et misérable sans qu'il n'ai pour autant été un "inutile" ou, pire, un "parasite". La valeur d'un homme, ou son honnêteté, ne se mesure pas à sa cotisation à la caisse de retraite, encore moins à sa soumission à un emploi rémunéré. Si tel devait être réellement le cas, la philosophie aurait de beaux jours devant elle et nous serions en train de souffler sur le feu dans notre caverne plutôt que communiquer sur internet. De considérer la valeur d'un homme à ce qu'il s'est astreint à cotiser, surtout en ces temps difficiles et incertains, est d'une abjection inique et de "donner des points en conséquences des actes" est subjectif.
On pourrait toutefois imaginer un système de "privilèges" ouvrant droit à une prestation supérieure, par exemple lorsque le comportement de l'individu a été sanctionné par une Légion d'Honneur ou une titularisation de sa fonction humaniste ou philantropique ou culturelle. Mais on ne donnerait pas de points au cas par cas, seule l'acception générale, la reconnaissance au grand jour, des actes de l'individu pourrait être déterminante pour l'obtention d'une prestation supérieure.
Voilà les retraites financées, l'ouvrier sorti de son image de cotisant à vie dont le rôle se limite à bosser en évitant de penser, l'entreprenant frileux rassuré et, surtout, vu le nombre de centaines de milliers de retraites versées à des gens qui ont déjà des revenus considérables, ce qui est indécent au même titre que d'accorder le RSA à un capitaine d'industrie, comme les hauts cadres, les hauts fonctionnaires, les notaires, des sommes gigantesques mensuellement dilapidées sur le dos des plus petits, pourtant ceux qui ont cotisé le plus longtemps. Ces sommes indues économisées reconstituent FACILEMENT la fortune de la caisse de retraite.
Dans le même esprit voir ici : http://analyses-et-propositions.over-blog.com/article-une-proposition-originale-pour-les-retraites-48888406.html
Bonjour Monsieur Petit,
Vous pensez bien que jamais je n'aurais eu la prétention de l'exclusivité de l'idée et que d'autres pensent de manière similaire.
Je vois que vous proposez un concept assez similaire au mien, mais je trouve votre propos notablement plus réducteur en proposant que la cotisation alternative ne soit pas facilitée par l'Etat. Tout au contraire, l'Etat doit opportunément profiter de la manne financière que représentent les cotisations sociales pour en faire une niche fiscale propice au développement. Par exemple en augmentant le plafonnement de la sécu pour les cotisants alternatifs dans des fonds nationaux à incidence économique directe, comme des fonds de placement boursiers d'entreprises franco-françaises ou des fonds d'investissement de type capital-risque favorisant la création simplifiée et rapide d'entreprises.
Le rôle économique de l'Etat est double : il doit se montrer opportuniste face à l'économie mondiale dans le but d'apporter le plus d'argent possible dans l'escarcelle nationale...et développer le plus possible la nation avec cette manne financière.
De la sorte, en permettant la niche fiscale pour les fonds d'investissements alternatifs intra-nationaux il stimule les investissements étrangers à but d'accumulation de fortune, ce qui contribue à la balance commerciale, puis stimule le développement d'entreprises nationales en encourageant au réinvestissement de cette fortune dans des fonds qui contribuent directement à la création d'emploi.
Je pense donc que, globalement, vous cherchez à atteindre le même but que ma proposition, mais en mettant en avant l'ouvrier, ce qui est une erreur économique fondamentale puisqu'elle préterite la finance, qui est le véritable pourvoyeur d'emploi, et non pas le talent humain. Je suis d'accord sur le principe que l'humain dispose d'une place de plus en plus réduite dans notre societé, mais ce sera vraisemblablement bien plus en raison de la surpopulation chronique que d'une réelle volonté de qui que ce soit.
La nature humaine étant ce qu'elle est, opportuniste, il est indispensable de stimuler la créativité en offrant la possibilité à tout un chacun de pouvoir pèter plus haut que son cul et, surtout, plus haut que son voisin. Cette possibilité seule sera fédératrice. De supposer que toute restriction amènera plus d'argent par obligation relève tout bonnement de l'utopie.
Si le fait de gagner plus d'argent ne permet pas de l'économiser, cet argent sera investi ailleurs sous forme de capital afin de bénéficier des avantages comme s'il était possible de le faire ouvertement, voilà tout. Cet argent ne contribue donc nullement au développement de quoi que ce soit, sinon de l'amélioration exclusive du niveau de vie de son bénéficiaire unique.
Merci de votre réponse Monsieur Petit (je vous avais prévenu :-))
Thierry Curty
Monsieur Leboucher,
Je souhaiterais préciser, et j'aurais peut-être dû commencer par-là, que mon propos, finalement, rejoint le vôtre.
A savoir que d'assurer la retraite n'est pas réellement un problème. Le problème ne provient que du blocage politique d'une part, et public d'autre part, qui craint qu'on en veuille à sa vieillesse.
Mon concept de retraite est basé, comme ma réponse à Monsieur Petit, sur ce que vous appellez fort justement "la grève des investissements".
Je suis convaincu comme vous que le passage par une forte volonté d'investissement micro-économique est un passage obligé pour aller vers une croissance. Ces investissements doivent donc être encouragés et pas financés par l'Etat. Financé par l'Etat signifie littéralement "à fonds perdus", alors que des investissements soutenus par l'Etat signifie "encouragement à l'esprit d'investir", donc de créer des entreprises financées par ces avantages soutenus fournis par l'Etat avec, à l'esprit pour l'entreprenant, de conserver le patrimoine durement acquis, ce qui reste la meilleure garantie de sa perennité, donc de son efficience sociétale.
J'ai peu de temps mais la discussion prend une tournure de plus en plus intéressante.
Il me semble que vous faites une erreur de lecture au niveau de la panne des investissements : ce n'est pas une panne privée mais une panne publique.
Si c'était une panne privée, alors, les milliards investis dans la bourse le seraient dans un véritable investissement (même par l'intermédiaire boursier) et les bulles n'existeraient pas.
C'est donc, contrairement à ce que vous dites, une panne d'activité, c'est à dire une panne de talents ou la réussite du système qui réduit au fur-et-à mesure les besoins de production par rapport aux capacités de production.
dans les 2 cas, ce qui manque, c'est la création d'activités nouvelles, or comme le privé a les moyens mais est en échec pour créer ces nouveaux débouchés aux demandeurs de travail, c'est aux états de prendre le relais.
Par contre, je ne comprends pas votre contradiction à mon texte sur l'utilisation des fonds ou alors vous parlez d'autres textes sur mon blog.
En tout cas, je n'exclue pas l'utilisation de fonds socialisés pour investir dans du capital risque pour créer ces nouvelles activités. Mais il faut garder en tête qu'il faut assurer la disponibilité des fonds lorsqu'ils sont nécessaires pour ce qu'ils ont été collectés. Le problème est le même que pour les assurances qui placent et ensuite ne peuvent plus verser les primes parce que les placements ne sont plus liquides.
Mais là on pose des problèmes majeurs de l'économie dont il est difficile de débattre par commentaires d'un article :)
Vous avez mes coordonnées sur mon blog je crois...
Monsieur Petit, c'est vous qui ne m'avez pas bien compris. Je pense que les investissements d'Etat doivent se limiter au soutien à certaines actions financières ou économiques et/ou des avantages fiscaux. Par ailleurs, je parle bien des cotisants "alternatifs". C'est-à-dire que dans le système actuel, un riche va accumuler de l'argent pour sa retraite, éventuellement, il va le cacher, ce qui est pire. On pourrait imaginer qu'au lieu de taxer cet argent destiné à sa retraite on pourrait l'encourager à l'amasser en le défiscalisant durant sa vie d'actif, sous condition expresse que cette fortune soit constituée dans un fonds alternatif qui lui finance directement ou indirectement l'entreprise et la création d'emploi sur le territoire national.
Dans ma définition de ma vision du double rôle de l'Etat, je sous-tends que son rôle doit être d'encourager les échanges macroéconomiques de sorte de faire entrer plus d'argent sur le territoire. Que cet argent soit privé ou public n'y change rien. Puis de faire en sorte que les rentrées issues de ces échanges soient réinvestis préférentiellement dans l'économie nationale.
Il est clair pour moi que l'argent des cotisations de retraite peut être investi sous certaines conditions dans la création d'emploi, par exemple en empruntant la somme correspondante à la somme investie, le cautionnement pouvant être une des tâches de l'Etat. Mais cela n'implique pas que ces sommes soient investies directement. Ce qui importe, c'est que ces sommes bénéficient à l'économie nationale plutôt qu'être dissimulées en Suisse ou aux Bahamas, quitte à payer pour cela. De plus, je vous rappelle que je parle bien de fonds alternatifs. Autrement dit, je propose que le fait de se constituer une retraite complémentaire facultative devienne une source systématique de financement, je devrais plutôt dire "systémique", puisqu'alors, nous pourrions parler de recirculation de l'argent.
In fine, si l'Etat renonce à une part de ses rentrées en échange d'un processus socialement rentable, il s'agit bel et bien d'un investissement. La différence étant qu'un investissement d'Etat direct est automatiquement source de gaspi. Alors que dans ce cas il s'agirait d'aventures privées contraintes par des avantages financiers (limités, pour ne pas favoriser les abus, raison pour laquelle je propose une augmentation du plafond de la sécu pour certains de ces investissements, ce qui ouvrirait la porte à plus d'avantages fiscaux, jusqu'à concurrence d'un certain montant, modulable, permettant le maintien du contrôle de l'économie par l'Etat).
Nous le savons, les subventions d'Etat pour le maintien d'une entreprise, les cadeaux sociaux pour soutenir la création d'emploi, subventionnement directs d'emplois, ne sont que des fumisteries qui ont trouvé leur source dans des petits arrangements au cas par cas entre potes. Seule l'entreprise individuelle offre un réel rendement, à la condition qu'elle ne soit pas financée, puis dilapidée, par l'Etat.
Un processus engagé dans une systémique, un échange : "vous créez votre retraite dans un fonds d'investissement national favorisant la création d'entreprises par des fonds privés, vous pouvez déduire la constitution de votre fortune de retraite au même titre que les cotisations de retraite légale", ça c'est intéressant financièrement. Et, économiquement, l'Etat s'y retrouve sous forme des emplois et de l'amélioration du pouvoir d'achat des couches concernées.
Qu'un riche fasse l'acquisition d'une Ferrari ou un gros 4x4 plutôt que d'une Lexus fait que la liasse fiscale du vendeur de voiture prend une claque.
De même, un gars qui s'est mis à son compte comme plombier, même s'il gagne mal sa vie, est socialement plus acceptable que le même gars en fin de droit ou au RSA et économiquement plus supportable, bien évidemment.
Ce n'est pas parce que les hedge funds ont acquis ces cochonstés de subprimes et autre CDS qu'il n'est pas envisageable de fonder les mêmes hedge funds vendant des produits complexes montés sur de l'investissement microéconomique.
...Je vais aller voir vos coordonnées, mais pour ce qui est de ce sujet, je préfère bien évidemment en débattre en public et je dois dire que je regrette le manque d'intervention, de Monsieur Leboucher, qui fait preuve d'une grande acuité et d'une non moins grande pertinence. La preuve que les solutions existent et que des gens sont capables de mettre en place des systèmes, à la condition que le peuple ne s'y oppose pas, comme il s'est toujours opposé à tout...
A tout bientôt je pense, Thierry Curty
Excusez-moi mais je n'avais pas remarqué votre réponse à mes propos.
Je ne sais pas si le problème est étymologique, mais il me semble que vous avez une idée très restreinte de la notion de compétitivité. Y aurait-il une sens différent en français et en anglais?
Pour vous être compétitif se résume à produire moins cher que l'autre. Pour moi le mot veut dire être meilleur que l'autre – en prix certes mais surtout en innovation et effort.
Peut-être n'avez-vous pas pu visiter un de ces pays qui pratiquaient vos théories avant qu'ils se sont écroulés mais ce n'est pas trop tard. Allez passer des vacances à Cuba et vous y verrez d'une part une absence totale d'innovation et d'autre part une absence totale d'effort (sauf dans les rangs de la police).
Pourquoi travailler plus que le voisin pour le même salaire?
Par contre vous y aurez des produits vraiment pas chers et, je l'avoue, de bons écoles et hôpitaux.
L'innovation ne cesse pas avec le lancement d'un produit comme vous semblez croire - « La concurrence a du bon pour l'innovation commerciale mais pas pour une création de biens et services de base et pour une distribution à ceux qui en ont réellement besoin”
Il me semble que des pays européens, notamment au nord, réconcilient aisément l'innovation avec « distribution à ceux qui en ont réellement besoin ».
En gros le modèle socio démocrate là partout où il est pratiqué (même en Amérique nord avec le Canada) répond bien à ce phénomène.
J'avoue avoir beaucoup de mal à comprendre comment on peut encore de nos jours se référer à des systèmes de production et répartition qui se sont soldés par des fiascos tragiques.
Cher Peter,
La semaine dernière, la Grande Bretagne a retiré de la circulation les billets de £20 avec le portait du compositeur Edward Elgar pour les remplacer avec de nouveaux avec la trombine du Darwin de l'économie Adam Smith. Notons que dans la zone € les billets n'ont pas de portraits (moi je verrait bien un billet de €500 avec Arlette Laguiller dessus).
A peut près tous les Français savent qui est Darwin. Très peu savent qui est Smith; ses théories "clashent" avec l'esprit cartésien des Français qui font une allergie à la notion même de marchés. Vous ne pouvez pas dialoguer avec eux, car vous ne croyez simplement pas au mêmes concepts de base. Un peu comme un Darwiniste essayant de converser avec un Créationniste. La Russie et la Chine sont passées à l'ultra libéralisme, nous Français en sommes encore à la planification quinquennale, concept colbertiste emprunté par le Marxisme. Reconnaissons quand même que les Français en connaissent un rayon en subventions et régulations. Ça marchait plus ou moins bien en période de croissance....
Comme vous le dîtes si bien, les sociaux démocrates scandinaves et Canadien ont totalement réussit à offrir des emplois à la grande majorité de leurs habitants, ce dans une fourchette de salaires assez étroite (donc moins d'inégalité économique), néanmoins assez hautes (donc bon pouvoir d'achats) et des protections sociales du plus haut niveau, et une protection de la nature exemplaire ( on peut toujours mieux faire ceci dit). Notons aussi, que ces pays on mis l'immigration choisie au centre de leur croissance. Nous sommes complétement dans le domaine du capitalisme. Le Japon, rentre aussi dans cette catégorie, bien qu'il n'ai pas la protection sociale des autres pays cités.
Il n'y à pas de pire aveugle que celui qui ne veut pas voir: la France ne peut pas accepter, qu'un pays soit à la fois capitaliste et vertueux. C'est un oxymore. Chez nous, les élites capitalistes y sont totalement cupides, et les syndicats et partis politiques totalement stupides.
Heureusement pour vous et moi, il y a la Grèce et le Portugal où c'est encore pire ;-) Finalement, les Français sont borgnes: au royaume du Club Med, heureusement que l’Allemagne casque (à pointe).
Je réalise que mes pensées vont un peu trop vite pour mon écrit et que j'ai omis de vous répondre sur ce qui m'a pourtant incité à vous répondre immédiatement :
"Si c'était une panne privée, alors, les milliards investis dans la bourse le seraient dans un véritable investissement (même par l'intermédiaire boursier) et les bulles n'existeraient pas.
C'est donc, contrairement à ce que vous dites, une panne d'activité, c'est à dire une panne de talents ou la réussite du système qui réduit au fur-et-à mesure les besoins de production par rapport aux capacités de production.
dans les 2 cas, ce qui manque, c'est la création d'activités nouvelles, or comme le privé a les moyens mais est en échec pour créer ces nouveaux débouchés aux demandeurs de travail, c'est aux états de prendre le relais."
Les bulles sont non contrôlées, les investissements dont vous parlez le sont essentiellement dans des groupes dont la fabrication, mais aussi peut-être la gestion ou le marketing, sont ailleurs. Les bénéfices du capital ne sont pas taxables en tant que tels, mais les rendements des groupes bénéficiant de ces investissements, si. Dès lors, si nous proposions que si les revenus issus de ces investissements boursiers, nécessaires aux échanges commerciaux enrichissants pour le pays, soient réinvestis dans des fonds agissant directement à échelle microéconomique en générant une contrainte volontaire par un avantage fiscal, il y a fort à parier que la source d'investissement privée augmenterait de manière notable.
Ne vous y trompez pas, les riches aimeraient bien investir en France...mais encore faudrait-il que la France sache se montrer reconnaissante, et de préférence pas par des magouillles entre potes qui engendrent des risques stressants. Il est tout-de-même plus confortable de vivre au grand jour l'esprit tranquille.
Alors, laissons faire ceux qui investissent en bourse partout, mais créons simplement des fonds "homologués" dont le triple rôle est de permettre de capter l'épargne retraite en échange d'avantages fiscaux, de soutenir le placement intranational dans le financement de l'entrepreneuriat de toute taille et donc de rapporter à l'Etat sans lui faire gaspiller quoi que ce soit.
Je vous réponds, dans mon avant-dernier message, pourquoi je pense qu'il n'est pas possible "que l'Etat prenne le relais".
Imaginons un gars qui possède un champ, un chômeur, mais il n'a pas les moyens de travailler son champ. L'Etat "prend le relais" puisque le type n'est financièrement pas crédible et lui finance l'achat d'un peu de matériel suffisant pour faire tourner la boîte. Le gars ne s'investit pas beaucoup dans la boîte, dès qu'il a fini de revendre les outils achetés avec l'argent du financement et qu'il s'en est sorti...il laissera les outils restants dont il n'a pas pu se mettre l'argent dans les fouilles....et il s'en ira, tout simplement, et sans problème. Que voulez-vous lui faire? Encore faudrait-il démontrer sa mauvaise foi. Après tout, n'est-ce pas que l'argent de l'Etat?
Monsieur Wright, indubitablement, vous avez raison.
L'innovation ne s'arrête pas à la création d'un produit, mais peut aller dans son mode de distribution, de marketing, de financement.
Effectivement, l'Europe (je serais tenté de dire "la vieille Europe", parce que les pays dont vous parlez sont ses enfants) à une fâcheuse tendance à considérer toute avancée sociale consistant à distribuer le fruit d'une production comme une innovation.
Seulement l'image des modèles que vous citez est faussée. Déjà par le passé, peu d'européens savaient que la sécurité sociale existait aux USA, par exemple, partant du principe qu'il est facile de réussir si on a pas de charges. Tout récemment, avec la crise des subprimes, suivie de celle des cartes de crédit et des CDS, l'Amérique du Nord nous a servi ce qu'elle a de plus pourri.
Comment voulez-vous qu'avec une image de marque aussi dégradée ils puissent servir de modèle?
D'autre part, l'essentiel des problèmes que nous vivons provient du mode de production débridé de l'Amérique du Nord.
De plus, le mode de production et de distribution "moderne" des richesses de vos modèles, ne l'est qu'à condition qu'il reste exclusif. Si tout le monde le pratiquait ainsi, nous aurions une planéité économique totale.
In fine, même si vous avez raison sur le fond, il n'est pas certain que vous ayez raison la forme, et la vision socio-économique de l'Europe est bien plus solide à très long terme.
Cela dit, la rétribution de la retraite par répartition est une absurdité mathématique invraisemblable. Ce système était génial au moment de sa création puisqu'il a permis la prise en charge immédiate des générations existantes en parallèle de la constitution de la fortune de la caisse de retraite, mais il aurait fallu l'orienter vers une capitalisation personnelle dès ce moment-là, source de financements gigantesque.
Grâce à leur système de retraite par capitalisation, les USA et le Canada nous servent un dynamisme économique et affichent un optimisme sans aucune commune mesure, qui tranche singulièrement, avec l'apathie désespérée qu'on peut observer en Europe. En particulier en France, le pays qui s'en sort le moins mal avec l'Allemagne.
Alors, oui, il faudra bien faire preuve d'innovation. Comme vous le dites fort bien, pas forcément dans la production de nouveaux produits, mais dans la distribution de l'existant, dans la dynamisation de l'économie internationale, mais aussi, et surtout, en faisant preuve de moins de velléités atlantistes, flatteuses pour les USA...qui sont responsables de la situation économique actuelle en ayant engendré six fois plus d'engagements financiers que la masse monétaire mondiale...et persistent dans cette voie sous l'impulsion de Ben Bernanke, escroc mondial pourtant à la tête de la "Fed".
La verité? Il n'aurait jamais fallu accepter cette gabegie qu'étaient les accords de Bretton Woods, ce que j'appelle "le pacte de fin du monde"...