Joyandet a-t-il ouvert la boîte de Pandore?

En pleine cure d'austérité, Alain Joyandet a-t-il fait enfreint le régime sec prôné par le gouvernement? Epinglé lundi par Mediapart pour avoir utilisé un jet privé afin de se rendre à une conférence internationale en Martinique, le secrétaire d'Etat à la Coopération et à la Francophonie est désormais prié de fournir des explications sur un aller-retour de 36 heures à 116.500 euros.
S'il ne conteste pas le montant avancé par la presse, Alain Joyandet estime dans une interview au Parisien que «des contraintes de calendrier [l'ont empêché] de faire le déplacement avec un avion de ligne». Plaidant la bonne foi, le secrétaire d'Etat ne «pense pas être un ministre dépensier», et assure qu'il suit de près «les crédits de [son] cabinet».
Pourtant, dans un entretien au Parisien - toujours, le député apparenté socialiste René Dosière, qui traque le gaspillage financier des ministres, soutient qu'Alain Joyandet est «un récidiviste [...] qui avait déjà fait le coup pour se rendre en Haïti». Selon le «comptable de la République», Joyandet est coupable de ne pas avoir fait appel à l'Etec (escadron de transport, d'entraînement et de calibration), l'unité de l'Armée de l'air dédiée au transport du président et du gouvernement. Selon ses calculs, le déplacement dans un jet de l'escadron aurait coûté «63.500 euros aller-retour, soit presque moitié moins...»
En novembre 2008, le député Dosière avait rédigé une question écrite à destination de l'Assemblée nationale, dans laquelle il pointait le décalage entre le coût global des déplacements ministériels et la facturation présentée. Quelques mois plus tard, le gouvernement avait exaucé son vœu de transparence en précisant le tarif horaire de chaque appareil. Si l'on s'en tient à cette grille tarifaire, on découvre ainsi que le voyage du secrétaire d'Etat à la Coopération a coûté le même prix que la location d'un Airbus A319 (capable d'accueillir plus de 150 passagers dans le civil). Avec ce nouvel incident budgétaire, René Dosière a donc logiquement décidé... de revenir à la charge, avec trois nouvelles questions. Et la liste de ses exigences est longue:
- Nombre et type des appareils de l'ETEC
- Nombre et grade des personnels affectés
- Coût global de leur rémunération
- Nombre d'heures de vol effectuées en 2008 et 2009, par type d'appareil.
- Tarifs horaires pour 2008 et 2009
- Coût horaire et nombre d'heures de vol des Airbus A310-300 et A340 de l'escadron Esterel à l'occasion des déplacements du Président de la République et du Premier ministre en 2008 et 2009
Dans l'attente d'une éventuelle réponse des législateurs, les déplacements ministériels promettent d'être scrutés à la loupe par l'attentif René Dosière.
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Image de une: Un Falcon 7X semblable à celui utilisé par Alain Joyandet / REUTERS, Pascal Rossignol
Mis à jour le 30/03/2010 à 15h11




























Digne d'un "Combien ça coûte" et autres marronniers sur les dépenses des élus, la dérive pointée de Joyandet n'est qu'un exemple supplémentaire à mettre à l'inventaire de la gabegie de nos élus.
Il y aurait certainement bien d'autres manières de montrer pourquoi on peut parler de gabegie en allant au fond des choses. Qu'importe que ce soit Joyandet, l'Airbus de Sarkozy, ou les palais de régions et conseils généraux.
Ce qui est intéressant, c'est de savoir quelle est la rentabilité de l'impôt levé par rapport aux objectifs attendus c'est à dire aux promesses de campagnes et aux différentes annonces. Sur ce point, c'est le néant.
Qu'un journal aille voir un élu en lui mettant des chiffres sous le nez, lui parle de promesses non tenues, lui montre comment il aurait pu dépenser beaucoup moins pour produire le même service voire en comparant avec d'autres démocraties ... ce serait bien plus instructif.
On pourrait se prendre à rêver que ces investigations poussent ceux qui dépensent l'argent qui leur est confié se mettent à faire attention faute de se faire pincer.
Evadons nous dans des sphères incongrues, les rapports de la cour des comptes ou des chambres régionales pourraient servir à des associations de contribuables à demander réparation.
On est bien loin de la petite dépense de Joyandet qui est par ailleurs totalement honteuse.
Ca me rappelle un reportage sur les institutions en Norvège.
Il existe dans ce pays un organisme de contrôle des dépenses des différents ministères. Ce sont des sortes d''inspecteurs du fisc' qui contrôles les dépenses.
Quand ces inspecteurs arrivent, ils doivent être recu avec le sourire (c'est dans la loi), et leurs remarques ou remontrances doivent être suivie, sous peine de se faire évincé.
Pendant le reportage, cet inspecteurs était très critique au sujet d'un diner à plus de 1500€. Pour éviter un rapport, le ministre avait remboursé de sa poche le repas en question.