Égalités / Monde

Des manifestations éclatent en Pologne contre le projet de quitter la convention de lutte contre les violences faites aux femmes

Temps de lecture : 2 min

Le gouvernement polonais estime que la convention contrevient «aux valeurs familiales catholiques de la Pologne».

Une manifestante tient une pancarte «Croyez les victimes», le 24 juillet 2020 à Varsovie. Wojtek Radwanski/AFP
Une manifestante tient une pancarte «Croyez les victimes», le 24 juillet 2020 à Varsovie. Wojtek Radwanski/AFP

Des dizaines de milliers de personnes sont descendues dans les rues de Varsovie et d’autres villes polonaises pour manifester contre le projet du gouvernement de se retirer de la Convention d’Istanbul, une convention paneuropéenne de lutte contre les violences faites aux femmes, raconte The Independent. Cette convention est «le cadre juridique le plus complet qui existe» pour lutter contre les violences faites aux femmes et aux filles, explique le journal britannique. Elle couvre la violence domestique, le viol, les agressions sexuelles, les mutilations génitales féminines, la violence dite «d'honneur» et le mariage forcé. Des types de violences qu’on ne peut cautionner en aucun cas. En théorie du moins.

La Pologne l’avait bien compris en 2015, lorsqu’elle avait ratifié cette convention élaborée par le Conseil de l’Europe. Mais c’était avant l’arrivée au pouvoir du parti ultra-conservateur Droit et Justice. Depuis, le gouvernement polonais soutient que cette convention «contrevient aux valeurs familiales catholiques de la Pologne», écrit The Independent. L'actuel ministre de la Justice, Zbigniew Ziobro, l'a considérée à l'époque comme «une invention, une création féministe qui vise à justifier l'idéologie gay», rappelle la Tribune de Genève.

«Nous nous préparons à la dénoncer», a déclaré la semaine dernière Marlena Maciag, la ministre polonaise du Travail, sur une «chaîne ultra-catholique» rapporte le quotidien suisse. Les manifestants sont donc descendus dans les rues et ont exhorté le gouvernement polonais à «combattre le virus, pas les femmes», selon The Independent.

Le président Andrzej Duda, membre du parti Droit et Justice, a battu de justesse le maire de Varsovie et est reparti pour un second mandat de cinq ans, rappelle le journal anglais. «Les militants ont exprimé de sérieuses inquiétudes que la victoire de M. Duda pourrait redynamiser les attaques existantes contre les droits des femmes et les droits LGBT+ en Pologne», retranscrit The Independent, qui note qu’Andrzej Duda a promis d'interdire le mariage homosexuel et les droits d'adoption LGBT+ lors de sa récente campagne électorale.

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