Santé / Société

Par temps de Covid-19, la masturbation est le moyen le plus sûr pour s'envoyer en l'air

Temps de lecture : 3 min

[BLOG You Will Never Hate Alone] L'été est là. Les désirs sont de sortie. Le danger de transmettre le virus aussi.

Risque zéro d'attraper le Covid-19. | Dainis Graveris via Unsplash
Risque zéro d'attraper le Covid-19. | Dainis Graveris via Unsplash

Mieux que le masque, le gel hydroalcoolique ou la distanciation sociale, la masturbation représente à ce jour l'arme la plus efficace pour combattre le Covid-19. Surtout en été, quand les chairs fraîches étalées au grand jour suscitent leur lot d'envies salaces, qui trop souvent se concluent par des rapprochements équivoques, prélude à des embrassades endiablées et à des pénétrations sauvages –autant de pratiques qui renforcent indubitablement la propagation du virus.

Imaginez-vous toute cette jeunesse confinée depuis des mois. Représentez-vous la somme des désirs réfrénés, et vous aurez une idée plus nette de la catastrophe à venir. Notre jeunesse est à cran, notre jeunesse est à bout, notre jeunesse confinée et martyrisée a soif de contacts rapprochés, de corps en feu, d'envolées lubriques. Elle rêve à de nouvelles rencontres, à des retrouvailles énamourées, à des nuits sans lendemain où triomphe l'appel de la luxure enfin libérée.

Si on ne l'arrête pas à temps, cette malheureuse jeunesse baisera tout ce qui bouge et donnera un nouvel élan au Covid-19. La deuxième vague, la voilà: c'est celle des baisers voraces, des attouchements réciproques, des va-et-vient passionnés qui dessinent dans le ciel des firmaments d'extase. On ne s'appartient plus, on oublie tout, les gestes barrières comme le port du masque, et dans cet abandon de la chair livrée à elle-même, on bande la courbe de la pandémie vers des hauteurs vertigineuses.

Certes, il faut bien que jeunesse se passe. Il lui faut exulter pour exister. Mais par égard pour les vieux que nous sommes, nous la prions de contenir ses envies et d'user de son bon sens. Aussi pas de missionnaire quand on en vient au moment des figures imposées. En aucun cas. Sous aucun prétexte.

La position du missionnaire est la bénédiction du coronavirus. Impossible de respecter une quelconque distance de sécurité quand les deux corps s'enchevêtrent au point de former une masse grouillante qui de soubresauts en ahanements, de râles en gémissements, s'en va conquérir de haute lutte le graal du plaisir partagé.

Le missionnaire mis de côté, les options ne sont pas légion si on n'a pas sous la main son Kamasutra de poche. À bien y réfléchir, la position la plus adéquate serait celle où la/le partenaire, tournant le dos à sa/son partenaire, prendrait comme point d'appui sa raideur turgescente et, coulissant dessus, s'en irait conter fleurette au mur d'en face, de telle façon à rendre inopérants les échanges salivaires tout comme les encouragements beuglés à tue-tête, voire les toujours possibles remontrances.

Qu'on se le dise, la chevauchée fantastique à l'envers, dite pour les spécialistes la position amazone inversée, annonce la défaite du coronavirus.

Sinon, on peut toujours envisager pour les esprits les plus bricoleurs le percement d'un trou opéré à travers la porte, qui permettra aux amants de s'aimer sans jamais se voir ni même être tentés de se toucher. À ces aventuriers du sexe confiné, notamment au partenaire masculin, on recommandera tout de même le port d'un casque, qui pourra s'avérer bien utile dans l'éventualité où, oubliant les circonstances bien particulières de cet accouplement peu ordinaire, pris par sa besogne, il en vienne à redoubler d'ardeur au risque de se cogner la tête la première contre la cloison de la porte.

D'ailleurs, copuler avec un casque sous lequel se dissimule un masque est une option à considérer voire à encourager, tout comme le sexe sur le balcon/toit/terrasse/, lequel réduit considérablement la probabilité d'attraper le virus.

Le mieux étant encore la chevauchée à l'envers avec le corps du mâle étalé le long du parquet, le plat des pieds venant buter tout contre le rebord inférieur de la fenêtre pendant que l'autre, solidement emmanchée, les mains agrippées aux barreaux du balcon, confie au monde extérieur, à ses voisins comme à la Lune, le récit détaillé de ses jouissances en cours et à venir. Rajoutez une paire de masques, et c'est la garantie d'un plaisir sans aucun danger.

Ceci étant, la meilleure des solutions, et de loin, de très loin même, demeure la mise en pratique d'un onanisme forcené qui seul garantit la non propagation du Covid. Sur ce point, tous les experts s'accordent: la branlette sous toutes ses formes n'a aucune incidence sur le taux de propagation du virus et peut très bien s'opérer dans un espace confiné. Pour ce dernier point, c'est même très fortement recommandé.

Avec ou sans masque.

Franchement, elle est pas belle, la vie?

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