Santé

À l'origine des paralysies du sommeil

Temps de lecture : 2 min

S'il est trop fréquent, ce phénomène cérébral peut entraîner des effets psychopathologiques traumatisants et de forts symptômes d'anxiété.

Une personne sur cinq a déjà connu un épisode de paralysie du sommeil. | Olesya Yemets via Unsplash.
Une personne sur cinq a déjà connu un épisode de paralysie du sommeil. | Olesya Yemets via Unsplash.

Imaginez que vous vous réveillez au milieu de la nuit avec, à vos côtés, une silhouette surnaturelle dont les crocs sont couverts de sang. Vous essayez de crier, mais vous ne pouvez pas. Vous ne pouvez pas bouger un seul muscle! Si cela vous semble familier, vous avez probablement vécu un épisode de paralysie du sommeil, qui se caractérise par l'incapacité de bouger ou de parler au moment de l'endormissement ou du réveil et qui s'accompagne souvent d'hallucinations, explique Scientific American.

Environ une personne sur cinq a déjà connu une paralysie du sommeil au moins une fois dans sa vie. Le phénomène serait causé par un problème cérébral fondamental à l'interface, entre les moments de l'éveil et du sommeil, lorsque nous avons spontanément des mouvements oculaires rapides (MOR).

Pendant le sommeil paradoxal, nous faisons des rêves intensément réalistes. Pour ne pas les réaliser en vrai (et risquer de se blesser), le cerveau a une solution astucieuse: il paralyse temporairement tout le corps. Il dispose d'une sorte d'interrupteur (une poignée de substances neurochimiques) qui fait basculer du sommeil à l'éveil.

Il arrive que ce commutateur échoue et que le cerveau se réveille par inadvertance, alors que le corps est encore sous le charme de la paralysie paradoxale. On se retrouve alors coincé·e entre des réalités parallèles: l'éveil et le sommeil paradoxal. Pendant la paralysie du sommeil, les rêves croustillants du sommeil paradoxal débordent dans la conscience éveillée comme un rêve qui s'anime devant vos yeux.

Un risque pathologique

Ces hallucinations sont interprétées différemment dans le monde entier. Il semble que plus les individus redoutent la paralysie du sommeil et plus ils en subissent, avec des effets plus marqués.

Des croyances autrefois considérées comme bénignes, voire inventées, ont transformé ce trouble, déclenchant une peur conditionnée et colorant le contenu des hallucinations. L'anxiété et le stress prédisposent les personnes à une attaque, de sorte que celles qui la redoutent sont souvent plus susceptibles d'en faire l'expérience. En effet, la paralysie du sommeil est presque deux fois plus fréquente en Égypte (où elle est supposée mortelle) qu'au Danemark.

Une fois que ce phénomène se produit, il est ensuite interprété à travers le prisme de la peur, ce qui entraîne plus d'anxiété et des réveils non désirés, et, de fait, plus de paralysies du sommeil. Ce cercle vicieux continue à s'alimenter jusqu'à ce que la paralysie du sommeil devienne chronique, prolongée et, pire encore, potentiellement psychopathologique.

Les effets peuvent persister longtemps après la fin d'un épisode. Dans une étude réalisée en Égypte, les personnes qui ont vécu ce phénomène présentent des symptômes de traumatisme et d'anxiété élevés, par rapport à celles qui n'en ont jamais fait l'expérience.

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