Parents & enfants / Sciences

Les envies de nourriture des femmes enceintes ne sont pas biologiques

Temps de lecture : 2 min

Tout porte à croire que les fringales pendant la grossesse relèvent plutôt de dimensions culturelles et psychologiques.

Les pulsions alimentaires n'auraient une cause ni nutritionnelle, ni hormonale. | Louis Hansel @shotsoflouis via Unsplash
Les pulsions alimentaires n'auraient une cause ni nutritionnelle, ni hormonale. | Louis Hansel @shotsoflouis via Unsplash

On connaît l'histoire de la femme enceinte qui ne veut manger que de la glace et de celle qui envoie son mari chercher du poulet frit à 1 heure du matin. Peut-être avez-vous vous-même éprouvé un intense désir de ce genre.

On a tendance à croire que ces fringales durant la grossesse répondent à un besoin nutritionnel de la femme ou du fœtus. L'idée qu'elles reflètent une réalité biologique sous-jacente a même quelque chose de séduisant. Après tout, la gestation d'un être humain est déjà longue, fatigante et inconfortable, alors s'il existe une raison organique à cette obsession pour les tacos, c'est rassurant.

La BBC rapporte toutefois que la recherche a constaté une absence de lien entre les besoins du fœtus en matière de nutrition et les envies de la mère. Les études visant à déterminer si les aliments les plus fréquemment consommés pendant la grossesse fournissent des nutriments spécifiques et utiles n'ont pas établi de rapport de cause à effet.

Cela ne signifie pas que les femmes qui développent ce type d'obsessions alimentaires inventent tout, mais simplement que ces pulsions peuvent être motivées par autre chose qu'un impératif biochimique.

Règles et chocolat

Aux États-Unis, près de 50% des femmes déclarent avoir des envies de chocolat la semaine précédant leurs règles. Les scientifiques ont cherché à savoir si celles-ci étaient dues à un élément nutritif du chocolat important pour la menstruation ou liées à un changement hormonal.

Dans le cadre d'une expérience menée au début des années 1990 aux États-Unis, des psychologues ont demandé à des femmes d'ouvrir une boîte et de manger ce qu'elle contenait la prochaine fois qu'elles en ressentiraient le désir.

Certaines boîtes renfermaient du chocolat au lait, riche en éléments nutritifs et fondant en bouche, d'autres du chocolat blanc, pauvre en cacao, d'autres encore des pilules de cacao, qui contenaient les éléments nutritifs du cacao mais n'avaient rien à voir côté expérience de consommation.

L'aliment le plus plébiscité fut le chocolat blanc: ce n'est donc pas un nutriment ou un ingrédient actif utile qui suscite ces faims. D'autres études portant sur les envies de chocolat n'ont par ailleurs observé aucun lien avec les niveaux d'hormones.

L'état de la littérature scientifique conduit ainsi à penser que l'origine des fringales est culturelle ou psychologique. Un fort appétit pour des biscuits au beurre, des barres de chocolat ou des frites peut naître d'une simple pensée et se transformer peu à peu en une obsession à laquelle il est difficile de résister.

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