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Le confinement a provoqué une explosion des mariages d'enfants en Inde

Temps de lecture : 2 min

 «Le Covid-19 a fourni un terreau idéal pour que ce mal social prospère», commente une responsable de la protection sociale.

Santa Devi Meghwal pose avec la photo de son mariage forcé quand elle avait 11 ans. | Money Sharma / AFP
Santa Devi Meghwal pose avec la photo de son mariage forcé quand elle avait 11 ans. | Money Sharma / AFP

Un article paru dans Vice explique comment la crise du Covid-19 et le confinement ont fait exploser les mariages forcés d'enfants en Inde.

Le district de Tiruvannamalai présente le deuxième plus grand nombre de ce type de mariage dans l'État du Tamil Nadu. En 2019, on y dénombrait 168 cas. En 2017, dernière année pour laquelle des données officielles sont disponibles, l'État dans son ensemble a signalé 1.636 mariages d'enfants.

Un rapport de 2019 du Fonds international des Nations Unies pour l'enfance (Unicef) indique qu'une personne mineure mariée sur trois dans le monde vit en Inde. Sur les 223 millions d'enfants marié·es du pays, 102 millions l'étaient avant l'âge de 15 ans.

Nombre records

L'Inde a récemment connu une hausse de ces unions, en particulier à Tiruvannamalai, qui a enregistré un total de quarante cas au mois de juin. «Le plus élevé que nous n'ayons jamais vu», commente Christina Dorthy, responsable de la protection sociale du district, qui a souligné que pendant la période d'avril 2017 à mai 2020, le nombre mensuel n'était jamais passé au-dessus de vingt-sept par mois, le plus bas s'élevant à huit. «Le Covid-19 a fourni un terreau idéal pour que ce mal social prospère», a-t-elle déclaré.

Les données gouvernementales les plus récentes sur le mariage des enfants proviennent de l'Enquête nationale sur la santé de la famille (NFHS) effectuée en 2016, qui a révélé que 27% des femmes indiennes se marient avant l'âge légal de 18 ans, tandis que 20% des hommes étaient mariés avant l'âge légal de 21 ans.

Concernant les chiffres récents, les autorités blâment le Covid-19 et le confinement, deux événements ayant engendré une augmentation du chômage, l'un des principaux facteurs qui agravent ce phénomène.

«Les migrants qui étaient employés dans de petites industries sont maintenant sans emploi et de retour dans leur ville d'origine», explique Ghasiram Panda, le directeur national du programme «Ending Child Marriage» de l'ONG ActionAid India, soutenu par l'Unicef.

Les familles tirent également profit des restrictions du confinement pour organiser des cérémonies à faible coût, sans avoir besoin de salles de mariage ou de grands rassemblements. «Il est plus facile pour les familles de faire [un mariage] dans le plus grand secret dans leur propre maison», a déclaré Christina Dorthy. La responsable de la protection sociale est récemment intervenue lors d'une cérémonie de mariage d'enfants à Tiruvannamalai, après avoir été informée par un villageois. «La famille a nié que cela se soit produit, comme la plupart des participants», mais des preuves ont été trouvées sur les photos du mariage, a-t-elle déclaré.

«En fait, ce que nous voyons en ce moment n'est que la pointe de l'iceberg», a déclaré Chezhian Ramu, une travailleuse sociale et militante des droits de l'enfant à Tiruvannamalai. «Il pourrait y avoir dix fois plus d'incidents sans que nous le sachions, parce que la mobilité et la communication des enfants sont restreintes. Ils ne pourront plus se confier à leurs professeurs ou à leurs amis, ce qui était le cas auparavant.»

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