France

Le Paris perdu de la droite

Ariane Istrati, mis à jour le 29.03.2010 à 19 h 06

Depuis les régionales, les chances de l'UMP s'éloignent.

REUTERS, Jacky Naegelen

REUTERS, Jacky Naegelen

Reconquérir Paris. C'est le rêve de l'UMP. Malgré le crash de Philippe Séguin en 2001, la plantade de Françoise de Panafieu en 2008, les cadors de la droite n'ont pas renoncé à récupérer une ville qui leur a si longtemps été acquise. Parmi tous les prétendants à la succession de Bertrand Delanoë, deux poids lourds se mesurent en coulisses. François Fillon et Rachida Dati.

Le premier se cherche un nouveau challenge pour l'après-Matignon. Il estime que son statut d'ancien Premier ministre pourrait séduire les Parisiens. S'il n'a pas encore officiellement pris sa décision, il est poussé en ce sens par de nombreux élus parisiens comme Bernard Debré. Rachida Dati, semble, elle, beaucoup plus décidée à se lancer dans la bataille. Elle ne cache pas qu'elle s'ennuie ferme à Bruxelles et veut, par tous les moyens, revenir au premier plan. Elue maire du 7e arrondissement lors du dernier scrutin municipal, elle tisse ses réseaux lors de ses nombreux passages à Paris. Son but: rafler la circonscription du 7e en 2012 pour pouvoir se présenter à l'hôtel de Ville en 2014. Le hic, c'est que François Fillon est, lui aussi, très intéressé par cette circonscription du 7e, un des plus solides bastions de la droite à Paris...

Ces deux candidats potentiels font la même analyse. Bertrand Delanoë a déjà annoncé qu'il ne se représenterait pas. Sa successeur désignée est sa première adjointe Anne Hidalgo. Si cette dernière a une bonne maîtrise des dossiers parisiens, elle ne jouit pas d'un charisme évident. Elle est donc considérée comme «battable» par la droite. Mais à la vue des dernières régionales, il semble que les appétits doivent un peu se calmer. Le scrutin confirme la tendance observée ces dernières années: à savoir que la gauche est de plus en plus solide à Paris.

«Gauchisation» de la capitale

Dimanche 21 mars, ses listes ont obtenu 57,95% contre 42,05% à celles de la droite. Plus inquiétant encore, l'UMP n'est majoritaire que dans six arrondissements sur vingt (6e, 7e, 8e, 15e, 16e et 17e). Et encore, l'écart se resserre entre les deux camps dans le 6e et le 15e, par exemple. De nouveaux arrondissements ont basculé à gauche comme le 1er, à deux voix près, et le 5e de Jean Tiberi qui paraît désormais accessible à la gauche qui remporte pas moins de 58% des suffrages! Après le 2e, le 3e et le 4e arrondissement, c'est le reste du centre de Paris qui bascule dans l'escarcelle des socialistes et des verts.

Par ailleurs, la fracture entre l'est et l'ouest s'est encore accentuée dans des proportions qui rendent Paris acquis au PS et à ses alliés pour longtemps. Ils obtiennent en effet des scores «staliniens» dans de nombreux arrondissements comme le 10e, le 11e, le 18e, le 19e et le 20e avec plus de 70% des voix. Il faut aller dans le 16e arrondissement pour trouver un résultat équivalent pour l'UMP.

L'analyse des résultats indique clairement une accentuation de la «gauchisation» de la capitale, conséquence de mutations sociologiques majeures (l'apparition des bobos dans les arrondissements du centre et de l'est parisien plus sensibles aux thématiques de solidarité et d'environnement). Cette évolution n'a pas échappé à la droite. Jusqu'à très récemment, elle pensait la contrer par l'envoi d'une personnalité très médiatique. Aujourd'hui, elle va devoir revoir ses plans.

Ariane Istrati

Photo: L''Hôtel de Ville de Paris / REUTERS, Jacky Naegelen

Ariane Istrati
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