Monde

Prêtre pédophile: une victime allemande témoigne

Slate.fr, mis à jour le 28.03.2010 à 15 h 18

Ce 28 mars, alors que le pape Benoît XVI prononçait un sermon pour le dimanche des Rameaux à Rome (une des prières, récitée en portugais pendant la messe, était adressée «aux jeunes et à ceux qui sont chargés de les éduquer et de les protéger»), El Pais publie le témoignage d'une des victimes présumées d'un prêtre pédophile en Bavière pendant les années 1970.

Wilfried Fesselmann a aujourd'hui 42 ans. A 38 ans, souffrant de crise de panique et d'autres troubles, il a consulté un psychiatre. Le diagnostique tombe, un traumatisme de l'enfance est à l'origine de ces maux. C'est alors qu'il s'est rappelé de Peter Hullermann, le prêtre qui avait abusé de lui alors qu'il avait 11 ans.

C'était durant l'été 1979, à l'occasion d'un voyage éducatif dans les collines d'Eifel, au sud de Cologne.

Une nuit en août 1979, il m'a fait dormir avec lui. Puis j'ai réalisé ce qui se passait.
J'en ai parlé avec un copain: je lui ai dit que le prêtre contraignait les enfants à avoir des relations sexuelles avec lui. "Attention que ça ne t'arrive pas à toi aussi", l'ai-je prévenu. Il en a parlé à ses parents, qui ont décidé en septembre de discuter de la question avec d'autres parents. A cette occasion, trois autres affaires ont été révélées. Dans le diocèse d'Essen, il y avait alors un protocole d'action pour ces situations. Ils ont dit que, pour protéger les enfants, il n'y avait aucune nécessité pour les parents de déposer une plainte: le prêtre a été transféré à Munich et à ne jamais travailler avec les jeunes.

Les parents de William n'ont pas participé à cette réunion. «Ils étaient catholiques intransigeants», raconte l'homme à El Pais. Pour eux, même si leur fils leur avait raconté que le prêtre l'avait contraint à pratiquer du sexe oral, il était hors de question de dénoncer un prêtre. «Ça ne se faisait pas, tout simplement.»

Quand William Fesselmann s'est souvenu de cet épisode de sa vie, en 2006, il a commencé à faire des recherches sur Google pour savoir ce que le prêtre était devenu. Ayant trouvé une adresse mail, il lui a envoyé deux messages: pour savoir «s'il n'avait pas mauvaise conscience pour ce qu'il avait fait. Et également pour savoir s'il se souvenait de moi».

Deux ans plus tard, en 2008, j'ai envoyé un autre message. Une personne nommée Sigfried Kneissel m'a répondu. Il m'a expliqué qu'il s'occupait des cas d'abus dans le dioscèse de Munich et m'a demandé quel type de dénonciation je voulais faire. Je lui ai dit qu'il s'agissait d'un cas d'abus commis par le prêtre Hullermann.

En avril 2008, la police est venue le voir. William a également été accusé de vouloir faire chanter le prêtre (mais la justice a prononcé un non-lieu).

William Fesselmann, assure-t-il n'avait pas fait le rapprochement entre le cardinal Ratzinger et le pape (Joseph Ratzinger était archevêque de Munich quand Peter Hullermann a été muté). Mais aujourd'hui, il en est sûr : «Ratzinger a couvert le cas. Il savait.»

[Lire l'article sur El Pais]

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Photo de une: procession à Lourdes, en septembre 2008, lors de la visite papale. REUTERS/Jean-Philippe Arles

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