Société

Allons-nous remettre un jour des soutiens-gorge avec armatures?

Temps de lecture : 2 min

Le télétravail engendré par la pandémie a permis à de nombreuses femmes de se libérer de ce sous-vêtement.

Le confinement a accéléré, plutôt que créé cette tendance. | webandi via Pixabay 
Le confinement a accéléré, plutôt que créé cette tendance. | webandi via Pixabay 

Un article du Guardian analyse la tendance du no bra (pas de soutien-gorge). C'est après une virée shopping, la première depuis des semaines, que Louise Kilburn a réalisé qu'elle ne portait pas de soutien-gorge. «J'avais complètement oublié de le mettre.» Louise est professeure d'université, pendant le confinement elle enseignait en ligne. Elle s'était donc créé une garde-robe de travail plus confortable composée de pyjamas «et surtout sans soutiens-gorge» qu'elle surnomme «cages à nichons».

Une tendance qui pourrait durer

Louise Kilburn explique que pour beaucoup de femmes à forte poitrine (elle fait un bonnet G), l'idée de se passer d'un soutien-gorge n'est possible que pour les «silhouettes à la Kate Moss. Tout ce que j'ai entendu auparavant était “vous avez besoin de soutien et c'est mauvais pour votre dos si vous n'en portez pas” ou “ce sera vraiment inconfortable” alors que ce n'est pas le cas».

Selon Clare Turner, responsable de la planification des produits et approvisionnements de la marque de lingerie Bravissimo, les entreprises de sous-vêtements tiennent désormais compte de ce phénomène. «Je crois que les soutiens-gorge vont continuer à exister.» La société s'adresse désormais aux femmes avec des bonnets importants: «Nous avons observé une croissance énorme des ventes de soutiens-gorge sans armatures et au style plus confortable.» Ce n'est pas seulement une réaction au confinement, mais une tendance qui «connaît une croissance significative depuis deux ou trois ans».

Le soutien-gorge, vraiment nécessaire?

«Pour les femmes qui éprouvent des douleurs mammaires, un soutien-gorge peut aider à soulager cela en maintenant le tissu mammaire en place», expose Joanna Wakefield-Scurr, professeure de biomécanique à l'Université de Portsmouth, qui dirige un groupe de recherche sur la santé du sein.

«Il n'y a pas de muscle dans le sein, et il n'y a que deux structures de soutien faible qui maintiennent le sein en place: ce sont la peau et les ligaments de Cooper.» Le soutien-gorge peut empêcher une pression excessive sur ces structures. Cependant, la professeure ajoute qu'il n'y a aucune preuve démontrant que le port quotidien d'un soutien-gorge empêche à long terme les seins de s'affaisser.

Il peut y avoir des raisons de santé légitimes de porter un soutien-gorge, telles que la réduction des douleurs aux seins ou au dos. Mais pour beaucoup de femmes, c'est un problème esthétique. Même si les brûleuses de soutiens-gorge féministes de la fin des années 1960 sont en grande partie un mythe, le fait d'abandonner son soutien-gorge a toujours eu des connotations politiques inévitables. Le confinement a accéléré, plutôt que créé cette tendance.

Alors, comment se déroulera l'avenir? Pour sa part, Louise Kilburn a déjà exclu le retour aux soutiens-gorge à armatures. «Ne pas porter de soutien-gorge est plus confortable, mais on sent aussi que je ne me conforme pas à la société.»

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