Politique / Monde

Qu'a tweeté Trump cette semaine? Chronique du 29 juin au 5 juillet

Temps de lecture : 15 min

Plongée dans la logorrhée du président américain.

Donald Trump au Mont Rushmore (Dakota du Sud) pour célébrer la fête nationale, le 4 juillet 2020. | Saul Loeb / AFP
Donald Trump au Mont Rushmore (Dakota du Sud) pour célébrer la fête nationale, le 4 juillet 2020. | Saul Loeb / AFP

Avertissement: cette chronique non exhaustive se base sur les tweets de la semaine jugés les plus pertinents. L'homme le plus puissant du monde a une production si pléthorique que l'analyse de toutes ses productions numériques nécessiterait des jours et des nuits de décorticage et de labeur selon des conditions de travail dénoncées par les conventions de Genève.

Lundi 29 juin

Dans le contexte des soubresauts épisodiquement violents qui secouent l'Amérique depuis la mort de George Floyd, homme noir asphyxié par un policier le 25 mai dernier, Trump a pris parti sans aucune réserve et approuvé, voire encouragé les violences policières à l'égard des manifestant·es, même pacifiques. Le problème réel des violences policières à l'égard des Noir·es aux États-Unis n'a pas tardé à se développer sous d'autres angles, notamment celui des héritages culturels du pays, statues à déboulonner ou de lieux publics à débaptiser (ou pas). Loin d'être une conversation multilatérale et démocratique, les échanges prennent souvent la forme de démarches violentes et d'exclamations péremptoires.

«Impensable, Princeton vient de supprimer le nom de Woodrow Wilson de son centre politique extrêmement respecté. Maintenant les Démocrates Feignasses veulent enlever le nom de John Wayne d'un aéroport. Incroyable Bêtise!»

Woodrow Wilson, président américain de 1913 à 1921, n'était certes pas un exemple de tolérance et avait notamment déclaré: «Les Blancs n'étaient animés que d'un seul instinct d'autoprotection... jusqu'à ce qu'enfin naisse un grand Ku Klux Klan, véritable empire du Sud pour protéger le pays sudiste.» Raciste parfaitement assumé, c'est la cible idéale pour celles et ceux qui souhaitent donner une nouvelle image culturelle de l'Amérique, débarrassée d'un passé raciste bien encombrant. Problème: il a aussi reçu le prix Nobel de la paix pour son action pendant la Première Guerre mondiale. Ce qui n'est pas forcément ce que Trump a en tête lorsqu'il s'insurge.

Quiconque a déjà lu une poignée de tweets de Trump sait son penchant pour les sobriquets. Et les «Démocrates Feignasses» (Do Nothing Democrats) reviennent d'ailleurs deux fois ce lundi:

«Désolé d'en informer les Démocrates Feignasses mais mes Chiffres de Sondage en interne sont TRÈS BONS. Comme en 2016, les Sondages @nytimes sont Faux! Les Sondages @FoxNews sont une BLAGUE! Croyez-vous qu'il vont me présenter des excuses à moi & à leurs abonnés ENCORE UNE FOIS quand JE GAGNERAI? Les gens veulent la LOI, L'ORDRE & LA SÉCURITÉ!»

Les sondages en interne, c'est pratique. Trump espère pouvoir compter sur son entourage proche et sur ses fidèles, notamment la bulle relationnelle qu'il s'est construite à la Maison-Blanche et qui entretient sa réalité alternative. Quant aux autres, les Républicain·es qui osent ne pas approuver sa politique, ce sont des imbéciles, aucune autre explication n'est possible:

«95% d'Approbation du Président Trump au sein du Parti Républicain. J'imagine que les 5% sont les RINO et les crétins qui ne veulent pas de super Juges à la Cour Suprême et ailleurs, d'une nouvelle Armée puissante, du choix pour les Vétérans, que le 2e amendement soit protégé, de réductions des règlementations, de la Vie & bien plus encore!»

Les RINO, ce sont les Republicans in Name Only, les personnes qui ne sont Républicaines que de nom mais qui en réalité sont passées à l'ennemi (on pense tout naturellement aux membres du Lincoln Project, association fondée par George Conway, Républicain farouchement anti-Trump, qui ne cesse de balancer sur les réseaux des vidéos plus assassines les unes que les autres et qui visent parfois au-dessous de la ceinture. Le côté «Feux de l'amour» de la Maison-Blanche, c'est que George Conway est le mari de Kellyanne Conway, conseillère de Trump dévouée corps et âme au président. Les assiettes doivent voler bas à la maison).

Mardi 30 juin

«Nous sommes à la recherche des deux Anarchistes qui ont jeté de la peinture sur la magnifique Statue de George Washington à Manhattan. Nous les avons filmés. Ils seront poursuivis et encourent 10 ans de Prison en vertu de la loi sur les Monuments. Rendez-vous immédiatement!»

Trump est très fier de son décret qui protège les monuments et les statues. Dix ans de prison pour un pot de peinture, ce n'est pas du tout excessif, dans une démocratie. Aux dernières nouvelles, malgré l'exhortation présidentielle, les «Anarchistes» ne s'étaient pas rendus.

En ce début de semaine, la presse est très occupée à commenter un événement tweeto-présidentiel du week-end: dimanche 28, Trump a retweeté une vidéo où l'on voit ses partisan·es défiler en voiturette et crier des slogans, notamment: «White power!» devant des contre-manifestant·es fâché·es (tout ce petit monde habite une résidence floridienne de seniors, et la violence reste verbale). C'est embêtant, un président qui relaie un slogan vantant la suprématie blanche, et son entourage s'en est vite aperçu. Le hic, c'est que Trump a mis trois heures à l'effacer: il était parti golfer direct derrière, et avait éteint son téléphone (combien d'avions a-t-on le temps d'écraser sur un gratte-ciel en trois heures?).

On est toujours mardi, quand soudain, sur le fil, apparaissent les mots:

«LE GUERRIER SOLITAIRE!»

Est-ce un code? Une référence à Lucky Luke dans un album qui m'aurait échappé? Parfois, il est bon de cultiver le mystère.

Mercredi 1er juillet

Aujourd'hui, notre guerrier solitaire se fait encore et toujours le preux défenseur des vraies valeurs de l'Amérique. Pas question de laisser débaptiser les lieux qui portent les noms de héros de la confédération. Et pas question d'abandonner l'idée de donner un surnom raciste à Elizabeth Warren, Démocrate et ex-candidate à l'investiture, qui à une époque avait brandi ses (très, très, très) lointaines origines amérindiennes:

«J'opposerai mon Veto au Defense Authorization Bill si l'Amendement d'Elizabeth “Pocahontas” Warren (elle, en plus!), qui conduira au changement de nom (plus d'autres mauvaises choses) de Fort Bragg, Fort Robert E. Lee et plein d'autres Bases Militaires d'où nous avons gagné Deux Guerres Mondiales, est dans la Loi!"

Pour autant, ce mercredi, Trump n'oublie pas qu'il est innocent dans l'affaire des primes russes en Afghanistan:

«L'affaire des Primes Russes est encore un conte inventé par les Fake News uniquement pour me nuire à moi et au Parti Républicain. La source secrète n'existe même pas si ça se trouve, tout comme l'affaire. Si le @nytimes discrédité a une source, révélez-la. Encore un BOBARD!»

La semaine précédente, le New York Times avait révélé que la Russie aurait financé des insurgés afghans pour qu'ils tuent des soldats américains et leurs alliés. Trump aurait été mis au courant en mars et n'aurait pas réagi. Naturellement, la source de l'information est restée anonyme, ce qui a le don d'agacer le président américain qui voudrait bien que ce concept soit aboli. Parce que la liberté de la presse et la protection des sources, ça va bien cinq minutes. D'ailleurs, «Les gens ne comprennent-ils pas que tout ça c'est un Bobard inventé par les Médias Fake News pour me diffamer, moi et le Parti Républicain... je n'ai jamais été briefé parce que toute info qu'ils aient pu avoir n'est pas arrivée à ce niveau.»

Circulez, il n'y a rien à voir. À part un petit «LE GUERRIER SOLITAIRE» retweeté ce jour, pour les gens qui auraient raté celui d'hier.

La journée n'est pas terminée, et on n'a pas parlé de l'ennemi numéro un du moment. Ah, si: «À sa soi-disant Conférence de Presse hier, Biden a répondu aux questions en lisant sur un prompteur. Ça veut dire qu'on lui avait donné les questions à l'avance, exactement comme Hillary l'Escroc. Jamais vu un truc pareil!»

(Notons qu'il n'a jamais vu un truc qui s'était déjà passé avec Hillary Clinton, mais on ne va pas s'arrêter à des détails.)

«NY réduit l'$ de la Police d'UN MILLARD DE DOLLARS et pourtant le maire va peindre un gros Black Lives Matter jaune et cher sur la Cinquième Avenue, dévalorisant cette Avenue luxueuse. [...] Peut-être notre SUPER police, neutralisée et méprisée par un maire qui la hait et lui manque de respect, ne laissera-t-elle pas ce symbole de haine entacher la plus belle rue de New York. Consacrez plutôt cet argent à combattre le crime!»

Dans la longue liste des inimitiés présidentielles, le maire Démocrate de New York, Bill de Blasio, est en bonne place, surtout depuis qu'il autorise la peinture de Black Lives Matter en grosses lettres dans les rues (notamment pile devant la Trump Tower), suivant l'exemple du maire de la capitale qui l'avait laissé peindre devant la Maison-Blanche. C'est officiel: le slogan de révolte contre les violences dont les Noir·es sont victimes aux États-Unis, «Les vies noires comptent aussi», est pour le président américain un «symbole de haine».

Jeudi 2 juillet

DES CHIFFRES HISTORIQUES POUR L'EMPLOI! #MAGA

Trump compte bien se faire réélire sur son bilan économique. La pandémie de Covid-19 a méchamment perturbé ses plans; l'immense ralentissement économique dû au confinement a fait plonger le pays dans une douloureuse récession qui rappelle les heures sombres de la fin des années 1920 et avait mis, fin mai, 40 millions d'Américain·es au chômage. Avec un déconfinement progressif (et parfois ralenti dans les États, comme le Texas, où le nombre de malades remonte en flèche), l'économie reprend un peu du poil de la bête, en repartant de si bas que Trump ne peut que s'en féliciter.

Vendredi 3 juillet

RENDEZ SA GRANDEUR À L'AMÉRIQUE

LA LOI ET L'ORDRE

FROMAGE ET DESSERT

Un de ces trois messages n'a pas été tweeté par le président américain le vendredi 3 juillet. Saurez-vous trouver lequel?

Ce vendredi est un grand jour pour l'économie puisque «LE NASDAQ AFFICHE SA 23E CLÔTURE RECORD DE L'ANNÉE. D'AUTRES MARCHÉS FINANCIERS JUSTE DERRIÈRE. GIGANTESQUE POTENTIEL DEVANT. GRANDS MOIS À VENIR. L'ANNÉE PROCHAINE, SI JE GAGNE LES ÉLECTIONS, SERA UNE DES MEILLEURES DE L'HISTOIRE!»

(Parfois, Trump a ce côté attachant de votre vieux tonton raciste qui a bloqué les majuscules sur son téléphone et continue quand même d'écrire à tout le monde sur le fil WhatsApp familial. Sauf que votre tonton n'a pas les codes nucléaires.)

Cette semaine, Trump n'a pas tellement parlé d'épidémie mondiale. Vu ses préoccupations du moment, on pourrait croire que cette catastrophe sanitaire est un problème mineur. En cela, on peut le comparer au fameux Woodrow Wilson pour lequel il a tant de respect. En effet, Wilson était président en 1918, année de la fameuse grippe espagnole. Or, malgré l'hécatombe provoquée par ce virus, Woodrow Wilson n'y fit jamais allusion. Ce qui n'est pas nommé n'existe pas, c'est bien connu. Eût-il vécu à l'ère de Twitter, il aurait peut-être été contraint de l'évoquer et de prendre des mesures. (Ironie de l'histoire: Wilson attrapa la grippe espagnole, fut épouvantablement malade et développa notamment des symptômes neuronaux, de type confusion mentale. Selon l'historien John Barry, Hoover déclara à l'époque: «Une chose est certaine: il n'a plus jamais été le même après cet épisode grippal.»)

D'ailleurs, le problème du coronavirus, selon Trump, ce n'est pas tant la maladie en elle-même:

«Il y a une augmentation des cas de Coronavirus parce que notre dépistage est tellement massif et de bonne qualité, tellement plus grand et meilleur que celui de n'importe quel autre pays. C'est une super nouvelle, mais mieux encore, c'est que la mort, et le taux de mortalité, est EN BAISSE. Aussi, les jeunes qui s'en remettent bien plus facilement et plus vite!»

La mort est en baisse [sic] et en effet, c'est toujours une bonne nouvelle mais surtout, l'argument massue de Trump reste que si on cherche, on trouve, et qu'il suffit de ne pas chercher pour qu'il ne se passe rien. Dans le fond, il n'a pas totalement tort: mathématiquement, si on ne dépiste personne, on recense zéro cas. Ce qui fonctionne pour tout un tas d'autres choses: moi par exemple, depuis que j'ai arrêté de me peser, je ne prends plus un gramme.

Mais parlons élections, car elles arrivent à grands pas. Trump, qui a lui-même voté par correspondance en mars dernier, est totalement opposé à ce système qui selon lui, conduit à des fraudes massives:

«Les Élections par Correspondance conduiront à une fraude électorale massive et à des Élections 2020 truquées. Regardez tous les cas et les exemples qu'on voit déjà, avec celui de Patterson, NJ, le plus récent. Les Républicains, surtout, ne peuvent pas laisser faire ça!»

Ce qui n'a probablement rien à voir avec le fait que la majorité des personnes susceptibles de ne pas vouloir se déplacer, de peur d'être contaminées, ou parce que leur travail ne leur permet pas, font partie des minorités qui ne votent traditionnellement pas Républicain, ou pas du tout (les minorités ethniques sont les plus affectées par le virus aux États-Unis).

Samedi 4 juillet

«Le @nytimes est un média très corrompu et malhonnête qui souffre d'un TDS à un niveau rarement vu auparavant. Il perdra le peu de crédibilité qu'il lui reste le soir du 3 novembre.»

Le TDS, c'est le Trump Derangement Syndrom. Il s'agit d'une affection qui porte la personne qui en souffre à critiquer Donald Trump par réflexe, quoi qu'il dise ou quoi qu'il fasse. Inspiré du Bush Derangement Syndrom (même maladie, il suffit de changer le président), il permet de balayer les critiques en faisant passer les détracteurs et détractrices pour des malades mentales. Et on ne peut totalement ignorer qu'en effet, Trump prélève un sacré tribut sur la santé mentale d'un bon paquet d'Américain·es.

«Des cas, des cas, des cas! Si nous ne dépistions pas autant et avec autant de succès, nous en aurions très peu. Si vous dépistez 40 millions de personnes, vous avez plein de cas qui, sans dépistage (comme d'autres pays), ne s'afficheraient pas tous les soirs aux Infos des Fake News. Ça, on ne l'entend pas dans les Fake News, et on ne l'entendra jamais. Quelqu'un a besoin de Respirateurs?»

Trump, en bon businessman, peut gérer un pays, redresser une économie, condamner les médias qui ne vont pas dans son sens mais aussi vendre des respirateurs au plus offrant.

Dimanche 5 juillet

Trump a organisé au Mont Rushmore un feu d'artifice pour la fête nationale du 4 juillet, faisant fi des protestations des Amérindien·nes vivant dans la région qui se plaignent des risques d'incendie et de pollution sur l'environnement (les feux d'artifice y étaient interdits depuis dix ans). Il a également fait un discours a Washington, qualifié de «sombre» par la plupart des médias, notamment CNN. Le président en a pris ombrage:

«Wow. @CNN a été pris en flagrant délit de manipulation des mots et du sens de mon Discours du 4 juillet. Désespérés, sans aucune honte. Regardez ce qui se passe!»

CNN a souligné que Trump a d'une part affirmé sans preuve lors de son discours que 99% des cas de coronavirus en Amérique étaient «totalement inoffensifs», et d'autre part qu'il a évoqué «les héros américains qui ont battu les nazis, détrôné les fascistes, renversé les communistes, sauvé les valeurs américaines, fait respecter les principes américains et chassé les terroristes jusqu'aux confins du monde», comparant ces hauts faits historiques avec sa croisade contre les «gauchistes radicaux, les marxistes, les anarchistes, les agitateurs, les pillards et les gens qui, dans de nombreux cas, n'ont pas la moindre idée de ce qu'ils font».

Un discours du 4 juillet plutôt unificateur, donc.

Enfin, une bonne semaine n'est pas complète si on ne rappelle pas au bon peuple que les villes tenues par des Démocrates sont des foyers d'insécurité:

«Les chiffres de la criminalité de Chicago et New York montent en flèche. 67 personnes ont été tuées par balle à Chicago, 13 sont mortes. Les fusillades augmentent de façon conséquente à NYC où les gens exigent que @NYGovCuomo & @NYCMayor agissent maintenant. Le Gouvernement Fédéral est prêt, volontaire, et capable de donner un coup de main si nécessaire!»

Et au cas où ce ne serait pas assez clair:

«Les démocrates veulent Définancer & Abolir la Police. Et ça malgré les mauvais chiffres de la criminalité dans les villes qu'ils gèrent. DINGUE!»

Ainsi parla le guerrier solitaire.

Retrouvez l'actualité de la campagne présidentielle américaine chaque mercredi soir dans Trump 2020, le podcast d'analyse et de décryptage de Slate.fr en collaboration avec l'Ifri et TTSO.

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