Santé / Monde

Au Nigéria, la police tue plus que le Covid-19

Temps de lecture : 2 min

De nombreux médecins ont dénoncé des agressions violentes, des extorsions ou des détentions arbitraires perpétrées par les forces de sécurité qui ont été déployées pour répondre à l'épidémie de coronavirus.

Un officier de police de la Brigade d'intervention rapide contre le vol (RRS), mobilisée pour répondre à la crise du coronavirus. Le 20 avril 2020 à Lagos, au Nigéria. | Pius Utomi Ekpei / AFP
Un officier de police de la Brigade d'intervention rapide contre le vol (RRS), mobilisée pour répondre à la crise du coronavirus. Le 20 avril 2020 à Lagos, au Nigéria. | Pius Utomi Ekpei / AFP

La réponse sécuritaire apportée par le gouvernement nigérian face à l'épidémie de Covid-19 a fait ses preuves, et elles ne sont pas à son avantage. Depuis que la police et l'armée ont été déployées pour faire respecter le confinement et les restrictions de mouvement imposées dans le cadre de la pandémie, les cas de violences perpétrées par les forces de sécurité ont fortement augmenté.

Au cours des deux premières semaines du mois de mars, au moment où l'épidémie s'est déclarée dans le pays, les agents de sécurité nigérians ont tué plus de personnes que le coronavirus. La Commission nationale des droits de l'homme et le Centre pour le contrôle des maladies ont ainsi dénombré 11 personnes décédées après avoir contracté le Covid-19, pour 18 autres tuées par des membres de la police, de l'armée, du service correctionnel et des forces spéciales mobilisées expressément pour lutter contre le virus.

Sécurité meurtrière

Le harcèlement pratiqué par les forces de l'ordre et les forces armées à l'égard de la population n'est pas nouveau au Nigéria, mais son intensification en contexte de crise sanitaire constitue une menace et une difficulté supplémentaires pour endiguer la pandémie, dans le pays le plus peuplé d'Afrique.

À travers l'Association nigériane des médecins résidents, qui représente environ 18.000 praticien·nes, le corps médical a dénoncé de nombreux cas d'extorsion, de coups et de détention arbitraires perpétrés à son encontre pendant l'exercice de ses fonctions.

«C'est non seulement la chose la plus injuste qui puisse arriver à des personnes qui essayent de sauver des vies dans un système de santé affaibli, mais cela nuit également à notre surveillance et à la réponse que nous pouvons apporter face au Covid-19 dans tout le pays», a déclaré Bilqis Muhammad, le secrétaire général de l'association.

Le mois dernier, une partie du personnel soignant s'était mise en grève, dénonçant le manque d'équipements de protection et réclamant des indemnités, mais le gouvernement reste jusqu'à présent dans une posture de déni. Malgré les déclarations du ministère de la Santé affirmant que le personnel médical bénéficierait d'une assurance-vie, aucun·e soignant·e ayant contracté le Covid-19 n'a pu en bénéficier. Au total, au moins 210 médecins ont été infecté·es, et 10 en sont mort·es.

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