Égalités / Société

Des fans de «Harry Potter» veulent effacer leurs tatouages

Temps de lecture : 2 min

Depuis les propos de J. K. Rowling sur les trans, des milliers de gens regrettent de s'être fait tatouer des dessins en lien avec la saga.

«Il a commencé à me gêner parce que j'ai peur que si mes amis trans le voient, ils pensent que je suis d'accord avec ses propos.» | Lucas Lenzi via Unsplash
«Il a commencé à me gêner parce que j'ai peur que si mes amis trans le voient, ils pensent que je suis d'accord avec ses propos.» | Lucas Lenzi via Unsplash

Des tweets viraux de fans voulant camoufler leurs tatouages liés à Harry Potter sont récemment apparus sur la toile, raconte Gita Jackson dans Vice. L'artiste Molly Ostertag a proposé aux personnes concernées de les aider à les couvrir en échange d'un don à un organisme de bienfaisance pour les femmes trans de couleur.

Ces reniements se manifestent après les propos de J. K. Rowling au sujet des personnes trans. La romancière a commenté le 6 juin dernier un éditorial du site Devex.com, qui appelait à «créer un monde post-Covid-19 plus égal pour les personnes qui ont leurs règles». «Je suis sûre qu'il y avait un mot pour ces personnes. Aidez-moi. Wumben? Wimpund? Woomud?», a alors réagi Rowling sur Twitter, faisant mine d'avoir oublié le mot women (femmes).

«J'ai perdu un peu d'une idole»

Laney, Kay et Jordan sont tous trois des fans de la première heure. Ils se sont fait tatouer un symbole des reliques de la mort.

Le tatouage de Laney combine le symbole des reliques de la mort à celui du patronus d'Harry, le cerf qui le protège des détraqueurs. Elle prévoyait d'ajouter un autre symbole de la série mais désormais, elle souhaite cacher ceux qu'elle a déjà.

«Je suppose que j'ai perdu un peu d'une idole et cela a été extrêmement décevant. Je suis toujours en train d'essayer de comprendre comment cela affecte ma vision de la série en elle-même.»

Une déception partagée par Jordan, qui avait 11 ans lorsqu'il a lu son tout premier tome d'Harry Potter. Les sept volets ont bercé son enfance. Mais au fil du temps, depuis son entrée à l'université, il est devenu plus critique.

Ce sont les récentes paroles de l'autrice au sujet de la transidentité qui ont changé son rapport à la série et à son tatouage. «Il a commencé à me gêner parce que j'ai peur que si mes amis trans le voient, ils pensent que je suis d'accord avec ses propos.» Même s'il croit ne pas pouvoir s'en débarrasser complètement, Jordan estime qu'il lui faudra repenser sa relation à son tatouage.

Kay, bibliothécaire et non binaire, a fait son tatouage avec un ami, lui aussi trans. Pour lui, c'était une manière d'amorcer la conversation avec les enfants qu'il pouvait rencontrer dans le cadre de son travail. C'est après les propos de J. K. Rowling qu'il s'est dit «ok, je dois faire quelque chose».

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Il pense avoir trouvé une solution dans le jardinage. «J'ai grandi avec et j'y trouve le même réconfort que lorsque je lisais Harry Potter et le prisonnier d'Azkaban, confie-t-il. Peut-être qu'en remplaçant les reliques de la mort par une image de plantes que j'ai cultivées, je peux apprendre à abandonner une enfance vers laquelle je sais que je ne peux pas retourner.»

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