Société

La meilleure façon d'apprendre de ses échecs

Temps de lecture : 2 min

Ils sont souvent considérés comme une source de honte. Pourtant, en les étudiant, on ne peut que s'améliorer.

Anticiper ses erreurs permet d'atteindre ses objectifs. | Razvan Chisu via Unsplash
Anticiper ses erreurs permet d'atteindre ses objectifs. | Razvan Chisu via Unsplash

Les succès bénéficient de plus d'attention que les échecs. Nous célébrons les histoires de réussite et nous nous penchons dessus pour découvrir les raisons pour lesquelles les choses se sont si bien passées. En revanche, s'ils ne sont pas complètement enterrés, les échecs sont plus souvent considérés comme des sources de honte ou d'ignominie.

Pourtant, ce sont souvent les erreurs, les faux pas et les échecs flagrants qui contiennent les informations les plus utiles pour nous améliorer. C'est ce qu'affirment Ayelet Fishbach et Lauren Eskreis-Winkler, psychologues à la Booth School of Business de l'Université de Chicago, dont la BBC retranscrit les propos.

Culture de la réussite

Elles estiment que nous n'identifions pas suffisamment les choses lorsqu'elles tournent mal. «Nous ignorons souvent les signes indiquant que nos relations ne vont pas bien ou que notre patron n'est pas satisfait de nos performances. Nous ne codifions pas les échecs et nous ne nous donnons pas la peine de tirer les leçons de nos succès», explique Ayelet Fishbach.

Des recherches antérieures avaient déjà mis en évidence notre aversion pour les échecs actuels ou futurs. Un problème surnommé l'effet de l'autruche par le psychologue Thomas Webb, de l'Université de Sheffield.

Que nous essayions un nouveau régime, construisions un site web ou nous préparions à une pandémie imminente, nous avons tendance à faire l'autruche une fois lancés dans un projet. Plutôt que de suivre nos progrès pour vérifier si nous avons dévié de notre route, nous serrons les dents, continuons et espérons que tout ira bien.

Anticiper pour mieux s'adapter

Nous avons également tendance à ne pas anticiper ce qui pourrait mal tourner lorsque nous nous projetons dans l'avenir pour atteindre un objectif, comme l'ont montré les recherches de la psychologue Gabriele Oettingen. Pourtant, lorsque les gens sont incités à s'engager dans une confrontation mentale, c'est-à-dire à anticiper les obstacles, ils ont plus de chances de persévérer et de réussir dans leurs objectifs.

Le fait d'anticiper la façon dont les choses pourraient mal tourner nous rend plus réceptifs pour apprendre de nos erreurs et de nos échecs lorsqu'ils se produisent inévitablement.

Au lendemain d'un échec, il faut se demander: «Qu'ai-je appris? Comment puis-je rendre cette leçon utile à l'avenir?», conseille Ayelet Fishbach. Elle ajoute qu'il peut être difficile de tirer des leçons des échecs parce qu'ils nuisent à l'estime de soi. Il faut en retenir le positif pour ensuite mieux faire les choses.

Bien sûr, penser à ses erreurs et à ses échecs peut être démotivant, surtout si l'on est perfectionniste ou si l'on se sent peu confiant·e. Il faut du courage pour admettre qu'on s'est trompé·e, mais si nous étions davantage de personnes à le faire, nous tirerions tous et toutes profit des échecs des autres.

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