Égalités / Société

Perdre votre accent peut affecter votre identité

Temps de lecture : 2 min

À travers le monde, la pression de devoir perdre son accent est omniprésente.

«Il y a une énorme pression au Royaume-Uni et dans le monde entier pour parler d'une certaine façon.» | geralt via Pixabay
«Il y a une énorme pression au Royaume-Uni et dans le monde entier pour parler d'une certaine façon.» | geralt via Pixabay

Dans un article de Vice, la journaliste Gina Tonic raconte comment le fait de devoir perdre son accent peut affecter l'identité.

Elle y relate comment son déménagement pour l'université l'a amenée à prendre conscience de son accent. Originaire du Pays de Galles, Gina a dû déménager à Manchester, en Angleterre. «Depuis que j'ai déménagé il y a huit ans, mon accent a toujours été l'objet de moqueries, se rappelle-t-elle. Lorsque je venais d'arriver, mon accent était si fort que personne ne me comprenait. Les gens souriaient, acquiesçaient de la tête et riaient à tout ce que je pouvais dire.»

Perdre son accent pour s'adapter

«S'adapter au comportement des autres est un instinct naturel, s'adapter à la langue des autres n'est qu'un aspect de cela. Il est difficile d'y résister», constate la docteure Hannah Leach, professeure de phonétique et de phonologie à l'Université de Newcastle. Il s'agit même selon elle d'une étape tout à fait naturelle et pour certaines personnes, d'un changement inévitable.

«Il y a une énorme pression au Royaume-Uni et dans le monde entier pour parler d'une certaine façon. Si en plus votre accent est “fort” ou s'il s'agit d'un accent largement stigmatisé et stéréotypé, vous pouvez ressentir le besoin de le changer.»

Une identité, un accent

Dr Leach note que même les personnes qui parviennent à gommer leur accent le retrouvent automatiquement lorsqu'elles ont une conversation avec leurs parents, ami·es ou encore leurs frères et sœurs. «Si vous avez déjà entendu une personne parler à ses parents ou grands-parents au téléphone, bien souvent, leur accent le plus naturel ou local ressort.»

La chercheuse ajoute que cela est tout à fait normal. «Les linguistes effectuent de nombreuses recherches sur les caractéristiques générales des différents accents et sur la façon dont les gens peuvent construire et effacer des aspects particuliers de leur manière de parler en fonction d'un large éventail de facteurs sociaux», explique-t-elle. De nombreux facteurs comme l'âge, la classe, l'origine ethnique, l'identité de genre et la sexualité de la personne qui s'exprime et de celle qui l'écoute entrent en jeu, tout comme l'environnement et le sujet de conversation.

Beth, âgée de 23 ans et originaire de Telford, dans l'ouest de l'Angleterre, a effectué ses études universitaires en étant «la fille de Brummy». Ce surnom lui déplaisait au point qu'elle a voulu changer sa façon de parler pour correspondre à celle de ses pairs de l'Université de Surrey, dans le sud de l'Angleterre. Ses amis l'ont encouragée à opérer ce changement; un conférencier lui a même suggéré «d'atténuer» son accent «pour qu'il soit plus adapté aux emplois».

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Désormais, Beth assume son accent: «J'en suis vraiment fière, il représente d'où je viens. Je suis fière d'être une professionnelle travaillant dans les médias avec un accent, nous ne sommes pas nombreux!»

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