Santé / Monde

Les mercenaires du Moyen-Orient sont-ils des vecteurs de contamination au Covid-19?

Temps de lecture : 2 min

Les mouvements de troupes de la Syrie à la Libye, en passant par la Turquie, font peser un risque sanitaire considérable sur la zone de conflit.

Un homme désinfectant ses mains pour lutter contre le Covid-19 avant d'entrer dans un camp de réfugiés à Tripoli, Libye. | Mahmud Turkia / AFP
Un homme désinfectant ses mains pour lutter contre le Covid-19 avant d'entrer dans un camp de réfugiés à Tripoli, Libye. | Mahmud Turkia / AFP

Les rumeurs se sont rapidement répandues parmi les combattants syriens en Libye. Un groupe de mercenaires récemment engagés par le régime libyen, le gouvernement d'entente nationale (GEN) reconnu au niveau international, est hospitalisé pour de graves infections pulmonaires, relate The Independent. De quoi faire planer le doute d'une contamination au Covid-19.

Aucune mesure n'avait été prise lorsque ces hommes ont entamé leur long voyage du nord de la Syrie vers Tripoli, en passant par la Turquie (qui soutient le GEN). Personne ne s'était isolé, n'avait porté de masque ou n'avait subi de test de dépistage.

Les fonctionnaires du GEN ont préféré accuser leurs ennemis –les forces du général renégat Khalifa Haftar– de répandre le Covid-19 par l'intermédiaire de leurs propres mercenaires étrangers.

La guerre avant tout

Au cours des derniers mois, alors que l'épidémie s'est propagée dans le monde entier, des soldats, combattants et mercenaires de pays tels que la Syrie, la Turquie, l'Iran et l'Irak ont été déployés en première ligne dans la région.

La nature secrète de leurs déplacements rend impossible la recherche des contacts pour tracer les contaminations. D'autant que les guerres ont ravagé les systèmes de santé au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, laissant plusieurs pays extrêmement vulnérables à l'épidémie de Covid-19.

Les responsables de l'Organisation mondiale de la santé affirment que les efforts locaux pour éradiquer la maladie seront sapés par la poursuite des mouvements internationaux de troupes, qui prolongent et aggravent les foyers existants ou même créent de nouveaux foyers.

«Personne ne se soucie du Covid-19 ici»

Les enquêteurs des Nations unies qui ont parcouru la Libye et la Syrie estiment que plus de 10.000 combattants syriens ont voyagé pour rejoindre les deux camps du conflit libyen depuis janvier. Au moins 2.000 Syriens des régions pro-régime engagés par des entreprises russes ont été envoyés combattre pour le général Haftar dans l'est du pays. Des milliers de Syriens des zones d'opposition envoyés combattre pour le GEN ont traversé la Turquie, un pays durement touché par l'épidémie (plus de 190.000 cas de Covid-19 et 5.000 décès).

Ce déploiement s'est accéléré au printemps, au moment où le coronavirus s'est emparé du monde.

Mercredi 24 juin, le Centre national de contrôle des maladies de Libye a annoncé la plus forte augmentation quotidienne des infections et des décès dus au Covid-19. Près de 700 cas ont été recensés à ce jour, dont dix-huit décès.

Mais en l'absence d'une recherche des contacts et de tests appropriés, il est impossible de confirmer le taux réel de l'épidémie en Libye ou s'il existe un lien entre l'afflux de troupes étrangères et le pic de cas.

«Personne ne se soucie du Covid-19 ici», a déclaré un mercenaire syrien présent dans l'ouest de la Libye. «Nous n'avons pas de mesures de confinement, pas de masques, pas de tests, pas de désinfectants pour les mains. C'est comme si rien ne s'était produit.»

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