Grèce: le FMI dans la bergerie européenne
L'Europe est faible, elle a besoin des experts et des fonds venus d'ailleurs pour sauver la Grèce..
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Il faut d'abord féliciter le vainqueur. Le «plan de sauvetage» de la Grèce sur lequel sont tombés d'accord les 16 membres de l'Eurogroup, jeudi 25 mars au soir, après des mois de pénibles tractations fait un heureux: Georges Papandréou, le premier ministre grec. Il va pouvoir obtenir des fonds pour accompagner la spartiate rigueur qu'il doit appliquer à son pays. Il va accessoirement en terminer avec le débat sur la sortie de l'euro.
Il y a ensuite les demi-gagnants de ce sauvetage. La première est Angela Merkel. La chancelière a certes dû accepter que les pays européens se portent au secours d'un pays tricheur et dispendieux, contre l'avis très remonté de son opinion publique, mais elle l'a fait à ses conditions. Elle conserve un droit de veto et les pays de l'euro se voient adresser un sérieux rappel à la discipline budgétaire.
Autre demi-gagnant: Nicolas Sarkozy. Le président français impose à l'Union de faire un pas en avant dans la coordination économique (le nouveau vocable pour «gouvernement économique»). La voilà dotée d'un mécanisme de crise qui lui manquait. Mais il a dû accepter que le FMI participe, alors qu'il estimait que les Européens pouvaient se sauver eux-mêmes, sans faire appel à cette institution «étrangère», sise à Washington et dirigée par Dominique Strauss-Kahn.
Cette même considération désigne le perdant: Jean-Claude Trichet, le président de la Banque centrale européenne, qui expliquait que «quand la Californie a eu un problème de dette, l'Amérique n'a pas appelé le FMI». L'Europe fait la preuve de sa faiblesse: elle a besoin des experts et des fonds venus d'ailleurs.
L'Europe est parvenue à un accord, demi-victoire demi-défaite. L'examen des détails et des incertitudes montre d'ailleurs que le FMI, une fois entré, va peu à peu s'imposer.
La condition. Il faut que le pays en difficultés échoue à lever des fonds pour qu'il puisse déclencher la procédure européenne. Il aura assez logiquement intérêt à aller directement au FMI avant.
Les taux. Ils correspondront aux taux des pays prêteurs «sans subvention». Les prêts du FMI sont, eux, bonifiés par une subvention. Cet avantage pourrait aussi pousser un pays en difficultés à avoir intérêt à aller directement au FMI, souligne Laurence Boone de Barclays Capital.
Les montants. Le plan va mêler des prêts bilatéraux de pays européens et des prêts du FMI. Dans quelles proportions? Sans doute les 20 ou 22 milliards dont la Grèce a besoin immédiatement (avant juin) seront-ils partagés en 2/3 Europe, 1/3 FMI. L'Europe reste chez elle, peut-on penser. D'autant qu'il faudra l'unanimité des seize pays de l'Eurogroup sur le package. Au passage, cela signifie que l'Allemagne garde un droit de veto. Mais, calcule Laurence Boone, le plan convient pour des petits pays. Si un plus grand pays tombe en faillite, le Portugal ou l'Espagne, il en coûterait trop aux autres Européens et l'appel au FMI serait la solution obligatoire. Cela arrivera-t-il pour la Grèce qui doit lever 22 milliards mais plus de 50 ensuite? Le FMI aujourd'hui entré dans la zone va forcément voir son rôle croitre.
Athènes sera-t-elle sauvée pour le prix de cette demi défaite/demi victoire politique européenne? L'austérité que doit imposer Georges Papandréou a des implications sociales très douloureuses. Le FMI a une expertise pour ce genre de situation: par ce biais aussi, il va s'imposer. Le premier ministre peut s'appuyer sur ce «plan de sauvetage» pour consolider son assise politique mais la Grèce en a pour des années de diète.
Eric Le Boucher
LIRE EGALEMENT: La crise grecque a donné le pouvoir à l'Allemagne, Angela Merkel en mère fouettard et Quand l'Europe est en panne, l'euro est attaqué.
Image de Une: Devant le Parthénon à Athènes John Kolesidis / Reuters
Mis à jour le 27/03/2010 à 9h22









































Trois remarques :
1/ Quel pays dans l'Eurogroupe a les moyens de mettre au pot ? La Hollande, le Luxembourg, la Finlande, sûrs, et l'Allemagne. Autant dire que c'est l'Allemagne qui aurait payé. Les autres n'auraient fait que gonfler leur propre dette. Et puis une fois qu'on en a aidé un on devra aider les suivants. Avec une dette Française qui monte de 180 Mds d'€ par an, un demi smic par mois et par foyer, nous ne sommes pas loin d'être sur la liste.
2/ Si la Grèce n'avait pas été dans l'Euro groupe qu'aurait-elle fait ? Elle aurait appelé le FMI, comme aujourd'hui. Là, elle a quand même un minimum de solidarité de la part des autres.
3/ Le redressement de la Grèce n'est pas acquis à moyen terme. L'Allemagne, de par sa position, oblige la Grèce à agir. Si les autres avaient mis au pot 20 milliards dès le début, que se serait-il passé ?
La vrai question est : quelle solution avantage l'Europe à long terme ? L'Allemagne, par sa position dit "stop à la dépense". Si elle ne le fait pas qui le fera ? Et pourquoi le FMI serait un loup ?
Qd le FMI aide un pays, il lui impose des règles de gestion drastiques qui ne seront pas forcément acceptées par la BCE ou par l'UE; alors, qui va décider?
De toute façon, le mal est fait: l'UE a perdu, sinon la face, du moins une partie de sa crédibilité à cause de ce "tango européen" et souhaitons que la contagion ne se propage pas!
Accuser un pays soi-disant ami de conduire une politique qui ne permet pas à ses voisins d'exporter et lui reprocher de demander, et d'obtenir, à (de) ses citoyens des efforts, sur les salaires, sur les retraites, efforts que nous sommes incapables d'obtenir de nos propres citoyens, c'est proprement inqualifiable, c'est la mesure de la médiocrité de nos dirigeants et en particulier d'une ministre qui ne cesse de dire tout et n'importe quoi!
En quoi je conteste le demi-gagnant Sarkozy, car la France a perdu beaucoup en Allemagne en confortant son image d'arrogance!
On peut être un(e) très bon(ne) avocat(e) et TOTALEMENT inadapté en politique! mais (pratiquement) injurier nos partenaires sur leurs choix économiques est inacceptable!
L'Allemagne a montré qu'elle est le chef de file de l'Europe. Mme Merkel n'a pas souhaité affaiblir la France pour l'instant car un autre enjeu va venir rapidement sur la table la PAC, le gouffre de l'Europe et notre "visionnaire" de Président par son discours après les régionales a décidé d'un combat qui risque fort de le déstabiliser.
agacé depuis des années par l'indolence française , italienne et autre à respecter les règles des traités signés , Mme Merkel vient de remettre l'église au milieu du village ;
vous vous êtes sur-endettés , vous ne voulez pas faire les efforts nécessaires que nous avons fait au moment de la réunification et du passage à l'euro , pour rester compétitif ;
hé bien débrouillez vous avec vos banquiers pour vos fins de mois ,
comment ils tiquent et vous voudriez que j'emprunte à votre place pour vous repréter ensuite , vous etes serieux , vous vous souvenez de vos critiques au moment de la crise des subprimes sur l'avidité des banques que vous accusiez de mélanger bons et mauvais crédits pour faire du chiffre sans tenir compte des capacités de remboursement des emprunteurs ?
nada, soyez sérieux, rigoureux et honnêtes et vous verrez, c'est difficile mais salutaire .
et puis tres égoïstement, je prefere que le fond euro de mon contrat d'assurance vie pour ma retraite , ne contienne pas de dette grecque .
Les Etats qui ont imposé de lourds sacrifices à leurs citoyens pour maintenir les comptes à un niveau pas encore trop catastrophique n'ont pas à payer pour les politiques dispendieuses d'autres Etats.
Rappelons que la Grèce, c'est un fonctionnaire sur deux actifs !! L'Europe est une communauté de pays aux systèmes politiques différents, certainement pas une entité unique où la maîtresse d'école bruxelloise impose la solidarité obligatoire à tous les petits camarades de l'élève grec malade.
Voici venir le moment où les différences de politiques économiques entre les pays de l'UE ces dernières décennies vont révéler leurs conséquences, maintenant que la dette, comme le disait certain blogueur z'influent, n'est plus un sujet de froncement de sourcil mais bien l'éléphant au milieu du salon.
Avant l'euro, la variable d'ajustement était la monnaie nationale et la France, parmi d'autres, a largement usé des "dévaluations compétitives", puisque de 1981, arrivée de la gauche au pouvoir, jusqu'à la fin du premier septennat de M.Mitterrand, le franc français a perdu environ 1/3 de sa valeur par rapport au mark allemand.
Les seules variables d'ajustement laissées à des pays différents par le niveau économique, la rigueur de la gestion, ne sont plus que le taux de chômage et les déficits, d'où les problèmes de dette d'aujourd'hui.
Il était irresponsable de laisser certains pays entrer aussi rapidement dans la zone euro, l'Allemagne n'y était pas favorable, et on en paie aujourd'hui le prix!
Quand à la réduction des déficits sans augmentation de la fiscalité, il faudra que M.Sarkozy nous explique son secret, sauf à relancer une inflation modérée de 4 à 6% qui serait sans doute bienvenue!