Culture

12 nouvelles séries qu'on a hâte de regarder cet été

Temps de lecture : 8 min

Si vous êtes comme nous, l'été ne rime pas qu'avec glaces fondues et bains de soleil, mais aussi avec occasion rêvée de rester au frais pour mieux se plonger dans des séries addictives.

Le héros de Love, Victor est un jeune latino originaire du Texas, qui déménage à Atlanta avec sa famille et tente de comprendre et accepter sa propre sexualité. | Capture d'écran via YouTube
Le héros de Love, Victor est un jeune latino originaire du Texas, qui déménage à Atlanta avec sa famille et tente de comprendre et accepter sa propre sexualité. | Capture d'écran via YouTube

Certes, l'été c'est la saison des coups de soleil, des glaces fondues et des après-midi au bord de l'eau. Mais si vous êtes comme nous, l'été est aussi l'occasion de rester au frais et de se plonger dans des séries addictives. Heureusement, à l'ère de la Peak TV, les sorties séries ne s'arrêtent jamais. En voici douze qu'on vous recommande pour vous divertir ces prochains mois.

«Ramy»

Déjà disponible sur Starzplay

Dans la première saison de sa série éponyme, Ramy Youssef nous avait offert un portrait de jeune musulman américain comme on n'en avait jamais vu à l'écran. Son personnage était paumé, tiraillé entre son envie d'être un bon musulman et son immaturité. On le retrouve dans la deuxième saison encore plus perdu qu'avant. Dans sa quête spirituelle –qui cache surtout un besoin d'apaiser sa culpabilité– il rejoint une nouvelle mosquée sous l'égide d'un cheikh généreux et profondément droit, joué par un Mahershala Ali au magnétisme renversant.

L'entrée d'un tel compas moral dans l'histoire a surtout pour effet de souligner tout l'égoïsme et les défaillances de notre héros, qui veut pourtant bien faire mais continue à enchaîner gaffes et actes de contrition. La série est toujours aussi bien écrite et parvient à nous faire rire et réfléchir à chaque épisode. Là où elle brille le plus, c'est lorsqu'elle s'éloigne de Ramy pour s'intéresser à son entourage. Les épisodes sur sa mère et sa sœur sont, comme dans la première saison, des points culminants de la fiction. Mais c'est avec un chapitre sur Naseem, l'oncle antipathique du héros, que Ramy atteint de nouveaux sommets, en humanisant un personnage jusque là détestable.

«I May Destroy You»

Déjà disponible sur OCS

Plus grosse claque sérielle de ces derniers mois, I May Destroy You raconte l'histoire de Bella, une Londonienne un peu fêtarde qui écrit son premier livre. Un soir, alors qu'elle prend des verres avec des ami·es, elle est droguée et violée par un inconnu. C'est le point de départ de la série, qui nous offre, au fil de sa saison, un portrait puissant et aiguisé de la culture du viol. La vie de Bella bascule en une nuit, mais aussi celle des membres son entourage, forcés de confronter les abus qu'ils ont eux-mêmes subis.

Michaela Coel, qui s'est inspirée de sa propre expérience pour écrire la série, crève l'écran, à la fois charismatique et vulnérable. I May Destroy You est riche en niveaux de lecture et explore chaque pan de l'identité de son héroïne –une femme noire, une autrice, une amie, une personnalité publique, une victime de viol– sans jamais tomber dans la facilité. Une œuvre parfois dure mais inoubliable, sur l'identité, le trauma et la résilience.

«Dirty John»

Déjà disponible sur Netflix / USA

La première saison, adaptée du podcast du même nom, nous avait marquées par son absence de sensationnalisme –une qualité rare dans les œuvres de true crime, qui ont plutôt tendance à accentuer les aspects les plus sordides des crimes dont elles s'inspirent. Le deuxième volet, en cours de diffusion aux États-Unis, raconte les événements qui ont mené au fait divers suivant: en 1989, après un divorce particulièrement brutal, Betty Broderick a tué son ex-mari et la nouvelle femme de ce dernier.

Entièrement écrite et réalisée par des femmes, la saison s'attache à complexifier le personnage de Betty, décrite au moment des faits comme «grosse» et «hystérique». En remontant jusqu'à son adolescence dans les années 1950 et 1960, Dirty John nous montre la perspective d'une femme prisonnière des rôles genrés de l'époque, poussée à l'extrême par des décennies de petites frustrations et d'humiliations, de fausses couches et de grossesses successives, de domesticité forcée et de gaslighting. La série n'excuse pas les actes de Betty Broderick mais les contextualise et, en l'humanisant, elle s'attache à faire pour une femme ce que la fiction fait depuis des décennies pour les antihéros masculins.

«Search Party»

Déjà disponible sur OCS / Canal+

Une chose est sûre: aucune autre série ne ressemble à Search Party, un ovni télévisuel qui oscille constamment entre le thriller et la comédie. Dans la première saison, quatre ami·es originaires de New York décident de partir à la recherche de Chantal, une connaissance de la fac récemment portée disparue. Le twist, c'est que ces quatre camarades sont des jeunes hipsters de Brooklyn à la prétention et à l'égocentrisme les plus exacerbés que l'on ait jamais vus. En plus du mystère central, la série satirise ainsi les travers de cette génération ravagée par les réseaux sociaux et les avocado toasts.

Au centre du groupe, il y a Dory, la plus discrète et humble des quatre, mais qui révèle de saison en saison un côté toujours un peu plus sombre. L'excellente Alia Shawkat est entourée de trois révélations comiques, John Early (Elliot), Meredith Hagner (Portia) et John Reynolds (Drew): chaque réplique qui sort de leur bouche est un bijou. Après deux ans et demi de pause, la série revient cet été pour une troisième saison encore plus déjantée et hilarante que les précédentes, qui voit l'arrivée au casting de l'exceptionnelle Shalita Grant, dans le rôle d'une avocate millennial aussi insupportable qu'attachante. La série est déjà renouvelée pour une quatrième saison, que l'on attend avec impatience.

«PEN15»

Déjà disponible sur Canal+

Les joies, les peines et les gênes de la puberté sont parmi les expériences les plus universelles qui soient mais aussi parmi celles les plus difficiles à retranscrire à l'écran. PEN15 y parvient avec brio grâce à son duo d'actrices centrales. Maya Erskine et Anna Konkle, qui ont aussi écrit la série en s'inspirant de leur propre adolescence, ont chacune la trentaine mais jouent ici des collégiennes de 13 ans. Le décalage entre leur âge réel et celui des personnages qu'elles incarnent contribue à l'humour de la série. Voir des trentenaires affublées de bagues essayer de rouler des pelles aux barreaux de leurs lits restera l'un des meilleurs cadeaux de la télé de ces dernières années.

La série se déroule en prime dans les années 2000, offrant un shot de nostalgie à toutes celles et ceux qui ont passé des heures à parler à des inconnu·es sur des chats AOL. En plus d'être franchement hilarante, PEN15 traite avec beaucoup de justesse et d'empathie des déceptions, des traumatismes, mais aussi des moments de grâce de cette période souvent ingrate –le tout d'un point féminin encore très rare à la télé. Les héroïnes sont confrontées à l'éveil de leur sexualité (des premières règles à la découverte de la masturbation) et aux déceptions sentimentales et amicales qui ponctuent les années collège. C'est drôle, intelligent, souvent émouvant et ça parlera à toutes celles et ceux qui ont un jour eu 13 ans.

«Love, Victor»

Déjà disponible sur Hulu

En 2018, la comédie romantique Love, Simon a marqué une petite révolution dans la pop culture, devenant le premier film de grand studio hollywoodien à se focaliser sur une romance entre deux ados gays. Et voici désormais la série, Love, Victor, qui se déroule dans le même univers que le film, mais met en scène de nouveaux lycéens. Le héros de l'histoire, Victor, est un jeune latino originaire du Texas, qui déménage à Atlanta avec sa famille et tente de comprendre et accepter sa propre sexualité.

La plus grande réussite de la série est qu'elle apporte de la nuance au film qui l'a inspirée. Là où Simon était un jeune gay blanc plutôt privilégié et avait droit à une histoire d'amour idyllique, Victor est racisé et appartient à la classe moyenne. Ses parents sont aimants mais conservateurs, et certains membres de son entourage sont homophobes. Son objectif principal, au cours de la saison, ne sera pas tant de se trouver un petit ami que d'arriver à s'accepter tel qu'il est, voire réussir à faire son coming out. Bref, Love, Victor a eu l'intelligence de complexifier (et parfois même critiquer) son origin story. En prime, c'est une des œuvres les plus mignonnes et réjouissantes de l'été.

«Love Life»

Sur OCS à partir du 9 juillet

Si vous cherchez une comédie romantique sans prise de tête, Love Life est faite pour vous. La série retrace plusieurs années de la vie sentimentale de Darby, une jeune New-yorkaise jouée par Anna Kendrick –au fil de ses coups de foudre, de ses ruptures et de ses prises de conscience amoureuses et intimes. Ça ne révolutionne pas le genre, mais c'est mignon, bien écrit et on s'attache rapidement à l'héroïne et aux personnages qui gravitent autour d'elle. Et si tout ça ne suffisait pas, Scoot McNairy (Halt and Catch Fire) et Kingsley Ben-Adir (The OA, High Fidelity) jouent deux de ses conquêtes. De quoi nous faire rêver tout l'été.

«Normal People»

Sur Starzplay à partir du 16 juillet

Cette adaptation du best-seller de Sally Rooney se focalise entièrement sur la relation intime entre deux personnages, Connell et Marianne, du lycée à l'âge adulte. Leurs problèmes de confiance en soi, leurs différences de classe, leur santé mentale; tout est analysé à travers le prisme de leur amour.

Réalisée par Lenny Abrahamson (Room) et Hettie Macdonald, la série livre ainsi des scènes d'une intimité à couper le souffle, rarement égalée sur le petit écran, et joue sur les respirations et les silences pour mettre à nu la vie intérieure des personnages. En douze courts épisodes, Normal People émerveille par la finesse de sa narration, la beauté de sa photographie, mais aussi et surtout le charisme révélatoire de ses deux jeunes stars. Daisy Edgar-Jones (déjà aperçue dans La Guerre des Mondes) et Paul Mescal, dont l'alchimie crève l'écran, portent l'immense majorité de la série sur leurs épaules, et créent un duo de fiction immédiatement iconique.

«RuPaul's Drag Race»

Déjà disponible sur Netflix

Si vous n'avez pas encore succombé à la folie Drag Race, il n'est jamais trop tard pour s'y mettre. Lancée en 2009, cette compétition de télé-réalité met en scène des drag queens toutes plus créatives, extravagantes et attachantes les unes que les autres. Création de costumes, maquillage, humour, performances artistiques, tous leurs talents sont mis à l'épreuve, et jugés à chaque épisode par la drag queen suprême, RuPaul.

Mais ce qui rend Drag Race encore plus addictive que les autres émissions de télé-réalité, c'est le fait qu'elle place le projecteur sur des personnes qui ont toujours été marginalisées; des hommes gays et des femmes trans noir·es ou racisé·es, souvent issu·es de milieux défavorisés, qui prônent avec fierté leur différence. La saison All Stars 5, actuellement diffusée aux États-Unis et sur Netflix UK, met en scène certaines des meilleures compétitrices de l'émission, notamment les drag queens légendaires Shea Coulée, Alexis Mateo et Jujubee, et c'est toujours un régal.

Les séries qu'on attend avec impatience mais qu'on n'a pas encore vues

«Lovecraft Country» (en août sur OCS)

Coproduite par Jordan Peele et J.J. Abrams et créée par Misha Green (Underground), cette série horrifique suit le voyage d'une famille noire-américaine dans le sud des États-Unis dans les années 1950. Le casting est à la hauteur du pitch, avec notamment Michael K. Williams (Omar dans The Wire) et Courtney B. Vance (The People v. O.J. Simpson). On a rarement été aussi enthousiasmées par un projet télé.

«P Valley» (en juillet sur Starzplay)

Écrite par Katori Hall, dramaturge acclamée par la critique américaine, P Valley nous plonge dans le quotidien d'un club de strip-tease du Mississippi. La bande-annonce de la série est très prometteuse et on a hâte de la voir arriver sur nos écrans cet été.

«Tu préfères» (à partir du 29 juin sur Arte)

Une série française sur un groupe d'amis qui vit dans les tours du quartier de la Place des Fêtes, à Paris. La bande-annonce est alléchante et ça nous donne espoir pour l'avenir des séries françaises.

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