Culture

Qu'est-ce qui rend un méchant intéressant au cinéma?

Temps de lecture : 2 min

L'ennemi, c'est toujours l'autre.

Joaquin Phoenix dans Joker, de Todd Phillips. | Capture d'écran via YouTube
Joaquin Phoenix dans Joker, de Todd Phillips. | Capture d'écran via YouTube

Cet article est publié en partenariat avec Quora, plateforme sur laquelle les internautes peuvent poser des questions et où d'autres, spécialistes du sujet, leur répondent.

La question du jour: «Qu'est-ce qui rend un méchant intéressant au cinéma?»

La réponse de Thomas Labat:

Une chose simple, rarement respectée: le méchant ne se pense pas en méchant. Jamais!

Il a ses raisons, parfois valables.

Il s'est construit à partir d'un système de valeurs qui l'a mené là. Il se dit qu'il n'a pas le choix et se voit en victime. Ou bien il est fou de douleur et de colère, des sentiments qui l'aveuglent. Au pire, il jouit de la domination. Il sera identifié, ou non, comme «malade».

Certains sont méchants au nom de la vertu; ils se croient des anges, ce qui les rend extrêmement dangereux. Ils se permettent de mettre telle ou telle catégorie d'êtres humains au ban de l'humanité: quand on pense ainsi, toutes les digues peuvent céder.

Mais le méchant, c'est toujours l'autre! L'ennemi est toujours en face.

On parlera plus volontiers d'antagoniste.

Même le démon que l'on trouve dans la Bible, c'est l'«adversaire», le «contradicteur» de Dieu, en aucun cas le prince (princeps… principe…) du mal.

Je pense que le succès d'un film comme Joker (2019) tient à ceci qu'on nous montre comment, à la suite d'une trajectoire logique, compréhensible et même touchante, quelqu'un en vient à se sentir le droit de nuire aux autres.

Et confusément, on sent que c'est ça, la réalité: la menace qui vit aussi en nous-mêmes, la tentation de riposter à la dureté du monde sans s'encombrer de distinctions, de nuances.

Voilà un bon méchant: on regardait en face, mais vu d'en face, c'est nous! On s'est reconnus…


«Il pleut toujours sur moi!»

Newsletters

Les plus belles photographies de pomme de terre

Les plus belles photographies de pomme de terre

Inspiré en partie par la photographie de pomme de terre de Kevin Abosch vendue un million d'euros en 2016, le premier concours de photos de pomme de terre (Potato Photographer of the Year 2020) vient d'élire son photographe de l'année. Florilège.

«Dawson City», «White Riot», le temps gelé, le temps incandescent

«Dawson City», «White Riot», le temps gelé, le temps incandescent

Odyssée poétique à travers les décennies avec Bill Morrison, pamphlet engagé et électrique chez Rubika Sha, d'une manière très différente, ces deux films mettent en lumière les puissances toniques du documentaire.

«Newport Beach» a réinventé les ados à la télé (et sauvé les geeks)

«Newport Beach» a réinventé les ados à la télé (et sauvé les geeks)

Ça fait dix-sept ans que le pilote de The O.C. a été diffusé à la télévision américaine, en plein cœur de l'été –le 5 août 2003 très exactement. En France, il a fallu attendre octobre 2004 pour voir débarquer la série, rebaptisée Newport Beach,...

Newsletters