Tech & internet / Économie

Le Segway, c'est terminé

Temps de lecture : 2 min

La production du Segway d'origine, moyen de transport individuel souvent tourné en dérision, s'arrête.

21 employé·es seront licencié·es de l'usine de fabrication de Segway. | Joe Klamar / AFP
21 employé·es seront licencié·es de l'usine de fabrication de Segway. | Joe Klamar / AFP

Souvent raillé, parfois détesté, et désormais abandonné: après deux décennies de ventes en dents de scie, Segway a annoncé le 23 juin l'arrêt de la production du Segway Personal Transporter (PT) à partir du 15 juillet.

Le Segway a toujours peiné à convaincre et ne s'est jamais imposé comme véritable moyen de transport alternatif auprès du grand public. Il avait, à vrai dire, surtout la cote auprès des groupes de touristes et des forces de l'ordre.

Aujourd'hui, la vente de Segway ne représente plus que 1,5% des revenus de l'entreprise du même nom, notamment à cause de la concurrence de nouveaux modèles sur le marché, ce qui l'a poussée à mettre à la retraite son emblématique gyropode.

«Compte tenu de notre histoire de plusieurs décennies, nous reconnaissons que cette décision peut décevoir notre clientèle forte et fidèle parmi les propriétaires privés, qui considèrent le Segway comme l'une des créations les plus innovantes du début du XXIe siècle», a commenté dans un communiqué Judy Cai, la présidente de Segway.

Lors du lancement du Segway en 2011, son inventeur Dean Kamen avait assuré qu'il «serait à la voiture ce que la voiture avait été aux calèches». La révolution annoncée n'a pourtant jamais eu lieu, et le véhicule électrique monoplace est autant pointé du doigt pour son ridicule que pour sa dangerosité.

Des accidents qui font tache

Il faut dire que rouler en Segway n'est pas très pratique. Trouver l'angle adéquat pour avancer n'a rien d'évident, et si par malheur on perd l'équilibre quelques instants, le véhicule peut devenir incontrôlable et nous éjecter sur le sol. C'est l'une des raisons qui a poussé plusieurs villes à limiter ou interdire leur utilisation dans les rues.

Si les accidents sont fréquents (il n'y a qu'à regarder les compilations YouTube sur le sujet), certains ont devantage terni l'image du Segway que d'autres. En 2010, le PDG de l'entreprise Jimi Heselden avait notamment fait une chute mortelle du haut d'une falaise alors qu'il conduisait l'un de ses véhicules.

Le prix du gyropode a achevé de rebuter la clientèle potentielle: un modèle original neuf coûte plus de 5.000 euros.

En fin de compte, le Segway n'a jamais trouvé son créneau et, selon le magazine Time, il restera comme l'un des dix plus grands échecs technologiques de la première décennie du XXIe siècle.

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