France

Deux ex-ministres portent plainte contre Le Jeu de la mort

Temps de lecture : 2 min

Marie-Noëlle Lienemann et Paul Quilès, deux anciens ministres socialistes, ont déposé une plainte contre les auteurs du documentaire Le Jeu de la mort diffusé sur France 2 le 17 mars. Le programme mettait en scène l'expérience de Milgram dans le cadre d'un faux jeux télévisé, demandant à des candidats d'infliger de supposés châtiments électriques à d'autres candidats.

Les deux socialistes estiment que le docu était «choquant et révoltant»: «Alors que son ambition était de dénoncer les dérives de la téléréalité, le Jeu de la mort en fait l’apologie. [...] Les auteurs ont tout simplement incité les candidats à commettre des actes de torture D'après Le Parisien qui a révélé l'information, la plainte vise l'auteur du documentaire Christophe Nick, les réalisateurs et le directeur des programmes de France Télévisions.

Quilès et Lienemann reprochent également à la chaîne de service public d'avoir diffusé ce documentaire en prime time, sans précaution particulière. Le programme était néanmoins précédé d'un avertissement destiné aux téléspectateurs de moins de 12 ans.

Marie-Noëlle Lienemann a posté un article sur son blog pour expliquer sa démarche:

On peut cependant attendre de la télévision qu'elle ne se prête pas à mettre en scène des situations et comportements inacceptables juste au motif de les devancer. On peut attendre d'elle plus de créativité, de persévérance pour la dénonciation et le «décodage» des formes particulières d'aliénation qu'engendrent ces médias et plus particulièrement la télévision, sans jouer avec le feu, sans utiliser les méthodes similaires à ce qui se veut être condamné.

D'après Télérama, France Télévisions et Christophe Nick sont tombé des nues en découvrant la plainte. L'hebdomadaire culturel s'interroge sur la démarche étrange des deux socialistes:

À Télérama, on s'étonne franchement de la démarche, même si nous avions pas mal de réserves sur l'expérience menée par Christophe Nick et sa démonstration. Volontairement choquant, imparfait sans doute et scientifiquement contestable, le documentaire a toutefois eu le mérite de poser le débat des abus de pouvoir de la télévision, qui se traduisent notamment par l'inflation galopante de programmes trash, télé-réalité en tête. Et questionne, finalement, l'évolution de notre société.

[Lire les articles du Parisien, de Télérama et le post de Marie-Noëlle Lienemann]

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Photo de une: © France 2

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