France

Aidez Villepin à trouver un nom à son parti (MàJ)

Thomas Legrand, mis à jour le 06.04.2010 à 9 h 05

Pour le programme, on verra plus tard. L'ancien premier ministre entend faire résonner en nous Jeanne d'arc, Austerlitz, Valmy, la Résistance. C'est beau et inutile.

 

Dominique de Villepin a exclu dimanche 4 avril de se présenter à des primaires en vue d'une candidature à l'élection présidentielle de 2012, jugeant ce mécanisme «contraire à la tradition politique» du gaullisme dont il se réclame. «Comment voulez-vous qu'un gaulliste puisse participer à de telles procédures», s'est exclamé l'ancien Premier ministre au Grand Jury RTL-LCI-Le Figaro. «C'est totalement contraire à la tradition politique qui est la mienne. Quand on a des convictions et qu'on estime qu'on est bien placé pour les défendre, on les défend. On ne passe pas à travers des moulinettes pour entrer dans des procédures complexes», a-t-il affirmé.

Dominique de Villepin a annoncé le 25 mars la création d'un mouvement politique, en affirmant encore davantage son ambition pour la présidentielle de 2012. Il a indiqué que ce mouvement, qui n'a pas encore de nom, verrait officiellement le jour le 19 juin.

 

 

 

 

Le mouvement de Dominique de Villepin n'a pas encore de nom. Soyons sympas, aidons l'ancien premier ministre à trouver un nom à son organisation.Vous avez remarqué cette propension assez gonflée qu'ont tous les schismatiques à diviser leur camps en appelant au rassemblement dans un même élan, c'est ce que l'on pourrait appeler le syndrome du panache blanc!

Donc, aidons un peu Dominique de Villepin à nommer son rassemblement. La mode depuis quelques années c'est de revenir au basique, au produit brut. Le nom doit être simple, comme un nom commun désignant l'objet. Ainsi, les PTT, sont devenus «la Poste», ainsi Jean-Luc Mélenchon a appelé son parti, le «Parti de Gauche», ainsi le projet de Daniel Cohn-Bendit c'est appeler la futur formation écologiste les «écolos».

Dans cette logique je propose a Dominique de Villepin d'appeler son parti «la France»... la FRAAAANCE! Ou, encore plus brut. Villepin...le rassemblement s'appellerait VILLEPIN ! Parce qu'en fait de quoi s'agit il? Il s'agit de lui, de Dominique de Villepin. Et son programme? On verra plus tard nous dit-il mais l'idée directrice c'est je cite de «servir la France». Dans sa posture, son allure, le ton de son discours, dans le vocabulaire utilisé par le poète de la politique Française, il y a l'idée de l'incarnation. Dans notre république centralisée et néo monarchique le président fait plus que présider, il incarne la France. L'idée de l'incarnation est encore très présente; elle imprègne encore toute une partie de cette droite Bonapartiste que l'on croyait disparue, mais qui ressurgit régulièrement et notamment quand la situation est difficile. En ce moment Nicolas Sarkozy est remis en cause par son camp. Certains critiquent sa politique mais l'essentiel de la critique de droite du sarkozysme repose sur une remise en cause de sa personnalité, de ses goûts affichés, de la façon dont il représente la France. D' ailleurs depuis le début du quinquennat on entend dans la majorité que le président doit «présidentialiser» son image.

On nous dit toujours quelque chose comme «la séquence qui vient, faite de rencontres internationales donnera l'occasion à Nicolas Sarkozy d'enfin entrer dans le costume de président». Et ça ne marche pas, ils ne sont jamais satisfaits. Les témoignages très sévères de militants et électeurs UMP recueillis par l'hebdomadaire «le Point» de cette semaine vont tout à fait dans le sens de la démarche de Dominique de Villepin. Ils recoupent ce que les élus recueillent sur le terrain. Alors le meilleur ennemi du président peaufine une image de lui-même. L'exact opposé, le négatif de tout ce qui déplait à droite chez Nicolas Sarkozy. L'allure altière, le phrasé grandiloquent et hugolien... il prononce des phrases gaulliennes du genre la « France, c'est la France » pour faire raisonner en nous Jeanne d'arc, Austerlitz, la Fayette, Valmy, la Résistance. C'est beau et inutile comme l'Arc de triomphe. C'est beau mais pour l'instant ça ne dit rien de ce qu'il faut faire pour réformer les retraites, lutter contre le déficit, sortir les banlieues de leur misère, réduire la précarité et le chômage.

L'un des plus fidèle lieutenant de Villepin, Georges Tron, vient de rentrer au gouvernement pour faire appliquer le non remplacement d'un fonctionnaire sur deux qui part à la retraite. Dominique de Villepin, archétype de ce que l'on appelle l'élite française est, pour l'instant entre la posture et l'imposture. Jouant uniquement sur le déficit d'incarnation de Nicolas Sarkozy, il nous propose une statue, la sienne. Le paysage de la droite est en train de se redessiner: une extrême droite forte, le retour d'un centre-droit autonome, une UMP en proie au doute, et une statue du commandeur qui surjoue l'incarnation! La gauche à de beaux jours devant elle si elle ne les gâche pas...

Thomas Legrand

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Image de Une: Dominique de Villepin Reuters

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