Santé / Monde

Un ver parasite presque disparu pourrait avoir refait surface au Vietnam

Temps de lecture : 2 min

Des scientifiques examinent encore le parasite pour savoir s'il s’agit bel et bien d’un ver de Guinée.

Un jeune homme s’est présenté dans un hôpital vietnamien avec de douloureuses lésions cutanées aux jambes. Hoang Dinh Nam / AFP 
Un jeune homme s’est présenté dans un hôpital vietnamien avec de douloureuses lésions cutanées aux jambes. Hoang Dinh Nam / AFP 

Le 7 juin dernier, l'Hôpital national des maladies tropicales de Hanoï a déclaré à la presse locale avoir accueilli un drôle de patient. Un jeune homme s’est présenté avec de douloureuses lésions cutanées aux jambes, qui se propageaient jusque dans ses bras. Lors de son hospitalisation, les médecins lui ont finalement retiré cinq vers des mains, dont certains mesuraient jusqu'à 60 centimètres de long.

Les médecins n’avaient jamais vu de tels spécimens, et pour cause, il s’agirait, selon eux, de vers de Guinée -un parasite presque éteint.

Officiellement appelé Dracunculus medinensis, le ver de Guinée est connu depuis l’antiquité et entraîne la maladie de la dracunculose. La larve du parasite entre dans l’être humain quand ce dernier ingère de l’eau stagnante. Adulte, le ver se déplace sous la surface de la peau, généralement le long des jambes et des pieds. Au contact de l’eau, il transperce la peau pour pondre ses embryons dans le liquide, et relance ainsi le cycle de contamination.

La dracunculose est rarement mortelle, mais les sujets atteints peuvent ressentir de violentes douleurs semblables à des brûlures, ainsi que de la fièvre. Selon l’OMS, le processus de la maladie peut être très long et, de l'infection à l'éjection de bébés vers, il peut s’écouler un an.

Enquête en cours

L’OMS estime à environ 3,5 millions de cas de dracunculose dans le monde au milieu des années 80, principalement en Afrique. Des programmes sanitaires ont réussi à éradiquer presque totalement ce ver, et, en 2019, seuls 53 cas ont été recensés, répartis entre le Tchad, le Soudan du Sud, l'Angola et le Cameroun.

Sa rareté fait qu’il est d’autant plus surprenant d’en trouver au Vietnam. Selon Gizmodo, des expert·es de ces parasites seraient actuellement entrain de vérifier son authenticité.

«Parce qu'il existe d'autres types de parasites qui peuvent imiter la dracunculose, de nouvelles investigations sont en cours pour confirmer s'il s'agit d'une véritable maladie du ver de Guinée», a déclaré au média américain Dieudonné Sankara, chef de l'équipe d'éradication et d'élimination au Département de l'OMS de la lutte contre les maladies tropicales négligées.

Selon lui, s'il s'agit bel et bien du ver de Guinée, d'autres enquêtes devront déterminer l'étendue de sa présence sur le territoire vietnamien.

Un élément tend cependant à confirmer l’hypothèse de la résurgence de ce ver. L’homme pris en charge à l’hôpital vietnamien a déclaré manger régulièrement du poisson cru et des crabes. Or, ce ver, qui prolifère dans l’eau stagnante, peut se réfugier temporairement dans les espèces aquatiques, avant de se développer dans le corps humain.

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