Société / Monde

Bruce Lee, un symbole pour la communauté noire américaine

Temps de lecture : 2 min

Aux États-Unis, l’esprit de lutte qu’insufflait Bruce Lee à travers ses films a fait écho aux défis auxquels faisaient face les Afro-Américain·es des années 70.

L’acteur doit également cette popularité inattendue à son parcours semé d’embûches. | Yaopey Yong via Unsplash
L’acteur doit également cette popularité inattendue à son parcours semé d’embûches. | Yaopey Yong via Unsplash

Au début des années 1970, les films de kung-fu envahissent les salles de cinéma des États-Unis et le nom de Bruce Lee devient rapidement populaire. L’acteur phare de ce genre cinématographique est apprécié de toutes et tous, mais plus particulièrement du public afro-américain, qui voit en lui une figure de lutte, explique un article de NBC News.

Force, persévérance et sagesse: les qualités de Bruce Lee mises en avant dans ses films crèvent l’écran. Mais pour la communauté noire de l’époque, l’acteur ne se résumait pas qu’à cela. C’est avant tout un homme non blanc qui était, pour une fois, valorisé et mis sur le devant de la scène.

Par ailleurs, à la même période, un mouvement de lutte pour les droits civiques des Afro-Américain·es prenait de l’ampleur. «C'était à l'ère du Black Power et de l'accent mis sur l'autodétermination et la résistance face à une société suprématiste blanche», explique au média américain Daryl Maeda, professeur adjoint d'études ethniques à l'Université du Colorado-Boulder. «De nombreux militants noirs ont vu en Lee un frère spirituel», ajoute-t-il.

Dans ses films, Lee défend souvent la cause des plus faibles face aux plus forts, précise le Guardian. Dans The Big Boss, de 1971, il se met en scène aux côtés d’ouvrier·ères, alors que dans Fist of Fury (La Fureur de vaincre, 1972) on le voit combattre le colonialisme japonais. En ce sens, il est rapidement devenu un symbole de lutte contre l’oppression aux États-Unis.

Une vie à se battre

L’aacteur doit également cette popularité inattendue à son parcours semé d’embûches. À l'instar des hommes et femmes noir·es de l’époque -et malheureusement aussi d’aujourd’hui- Lee a connu le racisme.

Né aux États-Unis puis élevé à Hong Kong, celui que l’on surnommait le «Petit Dragon» a subi des moqueries dans son enfance, n’étant pas considéré comme un véritable chinois -sa mère a en effet des origines européennes.

Plus tard, à Hollywood, Bruce Lee s’est heurté à un système où les Asiatiques étaient relégué·es au second plan. Là encore, il sera perçu par le public afro-américain comme un outsider non blanc, qui tente de se faire connaître sur le grand écran.

Au cours de sa vie –il meurt en 1973 à l’âge de 32 ans- Lee se sera également rapproché de défenseurs de la cause noire. Par exemple, Jesse Glover, son premier élève puis assistant instructeur, est un Afro-Américain qui a notamment appris les arts martiaux pour faire face aux violences policières. Le joueur de NBA et ami de Lee, Kareem Abdul-Jabbar, a, lui, boycotté les Jeux olympiques de 1968 pour dénoncer les injustices envers la communauté noire américaine.

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