Boire & manger

10 autres terrasses parisiennes pour ravir les gastronomes

Temps de lecture : 10 min

Une nouvelle sélection de tables de qualité pour retrouver la joie d'aller au restaurant après des semaines de confinement.

La terrasse du restaurant du Palais Royal. | Philip Chronopoulos
La terrasse du restaurant du Palais Royal. | Philip Chronopoulos

Le restaurant du Palais Royal

À cinquante mètres du Grand Véfour de Guy Martin, dans le quartier historique de Colette et de Jean Cocteau, ce beau restaurant logé sous les arcades anciennes bénéficie d'une délicieuse terrasse ouverte sur les arbres du jardin royal.

Le site est bien préservé, enchanteur, d'autant que le groupe Evok a choisi le bon chef Philip Chronopoulos, passé par l'Arpège d'Alain Passard et le laboratoire culinaire de Joël Robuchon (trois ans), qui l'a promu chef de l'Atelier Étoile, pas rien (soixante plats).

Comme il l'a vu faire par le maître poitevin, ce jeune chef respecte les produits et mitonne des assiettes aux trois saveurs, pas plus, comme le tartare de veau au citron, carotte et jalapeño, le cabillaud à l'artichaut, tomate et fèves enrichi par une sauce parfumée, et la pêche, sa glace et un biscuit ou la fraise à la rhubarbe et hibiscus. Ce menu du déjeuner est épatant (57 euros).


Au restaurant du Palais Royal, la noix de ris de veau dorée, salsifis, câpres et raisins blonds. | Philip Chronopoulos

Sur la carte, le homard au maïs, verveine et citronnelle (48 euros), le turbot aux courgettes, basilic et citron (69 euros) et le porcelet aux cerises, oignons, amarante et fenouil (65 euros). Un registre brillant de cuisine élégante, goûteuse et vraie.

Ce chef précis, jamais absent, ira loin: cet ensemble court, bien concis (douze plats, trois desserts), reflète une main habile et un artisanat maîtrisé. L'étoile est archi-méritée. Service de haute maison.

Menus au déjeuner à 55 euros, dégustation (six assiettes) à 162 euros. Carte de 120 à 140 euros.


Au restaurant du Palais Royal, le canard de Challans aux épices. | Philip Chronopoulos

110, galerie de Valois - 75001 Paris. Entrée par le jardin. Tél.: 01 40 20 00 27. Fermé dimanche et lundi. Voiturier.

L'Avant-Comptoir du Marché

Ce bistrot à l'ancienne, inventé par le Béarnais Yves Camdeborde, propose une palette de charcuteries qui ont bercé son enfance de cuisinier de là-bas: la terrine de boudin, le pâté noir de Bigorre, les ravioles de cochon, les tripes au parmesan, le pied de porc et le burger de cochon restituent des nourritures paysannes, rustiques, goûteuses qui ont un franc succès.


À l'Avant-Comptoir du Marché, la coquille Saint-Jacques. | Yves Camdeborde

Certaines pendent du plafond, d'autres sont cuites devant vous, les noix de Saint-Jacques vendues à l'unité (5 euros), et l'on se rassasie sur le trottoir, assis sur des chaises et des tabourets. Du jamais vu à Saint-Germain-des-Prés, à quelques pas du fameux Comptoir où l'on sert dehors à la bonne franquette.

À l'intérieur, l'Avant-Comptoir abrite l'un des meilleurs menus au dîner (60 euros). Camdeborde a été dans sa jeunesse le second de Christian Constant au Crillon, deux étoiles dans ce palace légendaire de la place de la Concorde; il est devenu un maître de la bistronomie.

Carte de 20 à 35 euros.


Charcuteries à l'Avant-Comptoir du Marché. | Yves Camdeborde

14, rue Lobineau - 75006 Paris. Pas de téléphone. Ouvert 7 jours/7.

Breizh Café Paul Bert

En face du Chardenoux de Cyril Lignac, Bertrand Larcher, créateur de la chaîne de tables bretonnes, a lancé en 2019 une charmante succursale d'angle dotée d'une terrasse très plaisante.

On retrouve ici l'éventail délicieux de crêpes, celle farcie au jambon breton et œuf bio, la plus vendue (12 euros), la galette au hareng fumé, pommes de terre et crème fraîche (14,50 euros), la crêpe à l'andouille de Guémené, oignon, crème de moutarde (16,50 euros) et la bretonne à la poitrine grillée (14,50 euros). Un éventail sidérant de créativité.


Au Breizh Café, la galette au magret de canard, butternut, topinambour, œuf bio miroir et crème fraîche. | Breizh Café

Au dessert, la crêpe beurre-sucre au yuzu (5,80 euros), la diabolique crêpe au Grand Marnier (14,50 euros), la briochine à la banane poêlée, caramel (6,50 euros). Cidre breton fruité de Jehan Lefèvre. Les enfants sont enchantés et leurs parents aussi. Bonnes adresses de vérité et additions aimables.


Au Breizh Café, la crêpe à la banane, chocolat Valrhona, glace à la vanille et crème fouettée. | Breizh Café

23, rue Paul-Bert - 75011 Paris. Tél.: 01 42 78 27 49. Et dans le IIIe arrondissement, le Breizh Café Marais: 109, rue Vieille-du-Temple. Tél.: 01 42 72 13 77. Pas de fermeture.

Au Pied de Cochon

Réanimée par le groupe Bertrand, la brasserie 1900 à terrasse qui ne fermait jamais (on avait perdu les clés), aux nappes à carreaux et serveurs dévoués, perpétue un style de cuisine très parisien forgé jadis à partir des Halles toutes proches.


Au Pied de Cochon, les poireaux sauce gribiche. | Au Pied de Cochon

La carte ancienne (coquillages) est modernisée par la patte du chef actuel, la planche de charcuteries voisine avec la soupe à l'oignon, la double côte de cochon à partager et le pied de cochon farci façon périgourdine précédant le vacherin, la tarte aux fraises, la religieuse géante, tout cela servi sous le ciel de Paris.


Au Pied de Cochon, les ravioles de langoustines. | Le Pied de Cochon

On vit là une sorte de dépaysement séduisant pour le cadre, l'ambiance, les gourmandises bienvenues et les assiettes copieuses pour des estomacs dans les talons.

Carte de 40 à 80 euros.

6, rue Coquillère - 75001 Paris. Tél.: 01 40 13 77 00. Pas de fermeture.

Laurent

La terrasse en arrondi de ce pavillon 1870 est la plus prisée de Paris au déjeuner (95 euros) comme au dîner, très souvent complet. S'il pleut à 19 heures, on décommande les client·es, on ne sert pas à l'intérieur dans les salons.

Le valeureux chef étoilé Alain Pégouret parti au cœur de l'île Saint-Louis au Sergent Recruteur, c'est le brillant Justin Schmitt qui a pris le relais, avec la volonté de regagner l'étoile perdue.


Chez Laurent, la sole truffée glacée d'un velours de pommes de terre aux essences d'écrevisse. | Laurent

Passé par le Véfour, Alain Senderens au Lucas Carton, le Bristol d'Éric Frechon et l'excellent Christophe Hache installé à Eygalières en Provence, ce jeune cuisinier connaisseur des bases culinaires s'est glissé dans les traces de son prédécesseur, reprenant le homard entier en salade, plat star (108 euros), l'araignée de mer en gelée et crème de fenouil (64 euros), le blanc-manger de langoustines au caviar de Sologne (76 euros) et l'agneau de lait au beurre de sauge (82 euros), qu'il concocte avec doigté et sens des goûts.

Admirable volaille blanche et dôme crémeux pour le ragoût de cuisse de volaille (79 euros). Tout cela est bien dans la tradition bourgeoise de Laurent (foie gras mi-cuit remarquable).


Chez Laurent, les noix de Saint-Jacques dorées, ravioles végétales de céleri, émulsion iodée à la feuille de kéfir. | Laurent

Quatre desserts stylés de la pâtissière Camille Mansouri, qui excelle dans le vacherin framboise, chargé inutilement d'un sorbet aux herbes: il faut de l'épure dans ces gâteries –comme le soufflé au cassis flanqué d'un sorbet faisselle et de granité citronné (29 euros), c'est trop.

Pour l'heure, la carte très courte doit être étoffée: seulement deux poissons blancs. Et à quand le délicieux vitello tonnato, c'est la saison?

Il reste que les prix ont tendance à s'envoler et que l'addition au dîner dépasse les 250 euros, sans de très grands flacons. Laurent pourra-t-il survivre à la crise qui s'annonce?

Carte de 170 à 309 euros et au-delà.

41, avenue Gabriel - 75008 Paris. Tél.: 01 42 25 00 39. Fermé dimanche et lundi. Voiturier.

Dessirier

La fameuse brasserie de Rostang père et filles vous reçoit dans une double terrasse, découverte ou non. Aux deux repas, les complets s'enchaînent. Les spécialités du chef Olivier Fontaine, ancien de La Tour d'Argent, restent gravées dans la mémoire.

Cet été, le gratin de macaronis Martelli et homard breton (49 euros), le plat phare de la carte avec la paella de langoustines, une variante goûteuse, et l'aïoli de saison sont les préparations les plus demandées avec le mille-feuille d'anthologie.

Chez Dessirier, le gratin de macaronis et homard breton. | Dessirier

C'est l'une des rares brasseries poissonnières de cette qualité. Lithographies de Folon et Arman aux murs, il règne ici une vraie ambiance gourmande: la clientèle ne s'assied pas sur les banquettes par hasard.


Chez Dessirier, le bar Bocuse. | Dessirier

Ce sont de vraies fines gueules qui savent où se régaler à des tarifs humains. Carte des vins de grande maison, le verre du Château de Fargues, superbe Sauternes à 18 euros, c'est le rival du sublime Yquem, le bon choix pour les connaisseurs.

Menu tradition au déjeuner à 49 euros ou 57 euros, et 80 euros pour le menu dégustation. Carte de 80 à 100 euros.

9, place du Maréchal-Juin - 75017 Paris. Tél.: 01 42 27 82 14. Ouvert le dimanche.

XVII sur Vin

Au bas de l'avenue de Wagram, Bruno Turbot, ancien chef étoilé du Sofitel Arc de Triomphe, a monté cette table d'angle consacrée à des plats de la tradition bourgeoise.

Secondé par son fils Ludovic en salle, Turbot –un nom prédestiné– présente ses préparations très au point: les œufs bio aux poireaux et chèvre frais (14 euros), la mosaïque de tomates, burrata et pistou (18 euros), la salade de tourteau vinaigrette (20 euros) pour les premières assiettes.


Au XVII sur Vin, l'épaule d'agneau confite et ses petits légumes. | XVII sur Vin

Pour suivre en terrasse, le bar en filets sauce vierge (30 euros), la trilogie de poissons en bouillon à la rouille (28 euros) et la noix d'entrecôte de Bavière pommes Anna (30 euros), de quoi rassasier une clientèle d'habitué·es. Brioche de pain perdu au caramel (13 euros). Une adresse de confiance et de vraie gourmandise.

Menu à 40 euros. Carte de 50 à 70 euros.

99, rue Jouffroy-d'Abbans - 75017 Paris. Tél.: 01 42 27 26 16. Fermé le dimanche.

Champeaux

En lisière des Halles et du jardin Nelson-Mandela, Alain Ducasse a bâti, sous la canopée, une brasserie lumineuse face à la superbe église Saint-Eustache –un environnement préservé, rénové avec un vrai sens du beau.


Au Champeaux, le saumon mariné et raifort. | Pierre Monetta

On sert dehors sur le parvis des plats de tradition: l'œuf mimosa, le pâté en croûte, le cabillaud rôti au chou-fleur cuit et cru, le canard à l'orange pour deux, des soufflés salés au homard, au fromage, le poulet fondant au citron pommes purée, l'entrecôte frites. La carte est abondante, créative: une trentaine d'assiettes, ce qui permet de revenir à toute heure.


Au Champeaux, le champeauccino au café, caramel au beurre salé, sirop de noisette et lait. | Pierre Monetta

En baisser de rideau, le Paris-Brest renommé Paris-Halles, le soufflé au chocolat divin de la manufacture de cacao du chef mythique et des plats du jour inscrits en lettres géantes sur l'un des murs. Additions décentes et vins bien choisis, hélas très peu de Bordeaux bien nés.

Menus à 28 et 34 euros. Carte de 35 à 70 euros.

Porte Rambuteau, sur l'esplanade. Tél.: 01 53 45 84 50. Service continu jusqu'à 23 heures. Parking.

La Fontaine Gaillon

À côté de Drouant, ce restaurant construit en face de la fontaine de pierres blanches a vu arriver Marc Veyrat, chef de légende à Manigod (Haute-Savoie), comme conseiller culinaire –d'où un corpus de plats nouveaux.

À La Fontaine Gaillon, le velouté de pois cassés, morilles et épinards frais. | La Fontaine Gaillon

Ainsi la truite saumonée au beurre blanc parfumée au sapin (26 euros), le tartare de sandre au lait de coco (22 euros), la délicate bouillabaisse du lac et de la mer croûtons et rouille, une rareté absolue à Paris (38 euros), les légumes oubliés à la truffe en bocal (35 euros) et l'escalope de foie gras poêlée parfumée à la myrrhe odorante (27 euros), un très beau plat qui mérite l'étoile. Tout cela est concocté par Nicolas Forni, formé par de très grands cuisiniers, dont Arnaud Lallement à Tinqueux, près de Reims.

À La Fontaine Gaillon, les légumes d'hiver et la truffe. | La Fontaine Gaillon

La Fontaine a pris un nouveau départ, le lieu est charmant le soir. Terrasse historique.

Menus au déjeuner à 45 euros, au dîner à 80 euros.

1, rue de la Michodière - 75002 Paris. Tél.: 01 88 33 93 00. Fermé le dimanche.

Le Récamier

Sur la terrasse abritée par une forêt de parasols –bien commode sous la pluie–, Gérard Idoux, cuisinier savant, propose une carte d'une dizaine de soufflés salés et sucrés d'une étonnante inventivité.

À côté du classique soufflé au fromage aérien (20 euros), voici le soufflé de homard au caviar et sa bisque (29 euros), le rare soufflé aux escargots de Bourgogne et fines herbes (26 euros), le délicieux soufflé au mont d'or truffé (27 euros), le puissant soufflé Henri IV sauce moutarde, jamais savouré à Paris (24 euros), le soufflé aux champignons et sa sauce (26 euros) et le stupéfiant soufflé au magret de canard sauce au miel (25 euros). C'est le Paganini de ces bombes moelleuses, ensorcelantes, infinies (120 couverts par service).

Chez Récamier, le soufflé au fromage. | Les Soufflés / Le Récamier

La carte rassemble des classiques de la cuisine bourgeoise: le tartare de bœuf cuit ou cru (25 euros), le rognon de veau à la plancha, moutarde et pommes rôties (24 euros), le filet de bœuf (quelle origine?) au poivre pommes sautées (30 euros) et, côté new look, trois burgers: l'un au homard ou au crabe (35 euros), le second au foie gras (28 euros) et le cheeseburger régressif (20 euros).


Chez Récamier, le soufflé aux escargots. | Le Récamier

Dans les entrées abondantes, un très beau choix. En dehors des sardinettes à l'huile d'olive pour deux (20 euros), la terrine de foie gras maison (19 euros), les ravioles de Romans au beurre blanc (20 euros, un bon prix), voici l'admirable jambon persillé du maître charcutier Vérot (15 euros), qu'il faut avoir savouré dans sa vie (boutique rue de Rennes). Ne pas négliger l'omelette aux fines herbes et fromage, oubliée dans tous les restaurants de Paris (14 euros).

Parmi les huit soufflés sucrés, celui au Grand Marnier a peu de rivaux dans la capitale (14 euros), l'eau-de-vie à base de cognac intervient aussi dans le plantureux soufflé Rothschild aux fruits, une référence (16 euros), et le soufflé au caramel et fleur de sel a ses adeptes (16 euros). Au chocolat noir, une merveille (15 euros).

Oui, une adresse hors du commun pour les spécialités qui font vibrer n'importe quel fin palais. Le Tout-Paris vient au Récamier, même le président Macron et son épouse Brigitte.

À boire, le rosé Château Maïme au verre (10 euros), champagne Clicquot (16 euros), pinot noir (10 euros). Une adresse à inscrire sur vos tablettes.

Carte de 55 à 75 euros.

4, rue Juliette-Récamier - 75007 Paris. Tél.: 01 45 48 86 58. Jusqu'à 23 heures.

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