Boire & manger / Parents & enfants

Maths, lecture et nutrition: ce que la cuisine apprend aux enfants

Temps de lecture : 4 min

Participer à la préparation des repas incite les petits à se nourrir plus sainement. Mais c'est aussi l'occasion pour eux de remobiliser des notions de mathématiques et de sciences.

Cuisiner est bon moyen de concrétiser des notions qui semblent abstraites. | Severyanka via Pixabay
Cuisiner est bon moyen de concrétiser des notions qui semblent abstraites. | Severyanka via Pixabay

Si vous aidez vos enfants en cette période d'enseignement à distance, il y a de fortes chances que vous manquiez de temps. En organisant avec eux des ateliers cuisine, vous pourriez faire d'une pierre deux coups: réunir plusieurs apprentissages en une activité, tout en préparant votre dîner ou votre déjeuner.

Apprendre à préparer des repas sains permet en effet aux plus jeunes d'acquérir des savoirs dans des domaines variés. Et cela aidera toute la famille, en prime, à améliorer son alimentation.

En vous concentrant sur de bonnes recettes sur le plan nutritionnel, vous aborderez également des sujets liés au développement personnel, à la santé et à l'éducation physique.

Apprentissage en situation

Être capable d'appliquer des concepts de maths et de sciences à des activités courantes aide les enfants à développer leur confiance en eux-mêmes.

Suivre une recette renvoie à un certain nombre de matières fondamentales, comme le français, puisque cela suppose un travail de lecture et de compréhension. Peser les ingrédients et évaluer les doses nécessaires mobilise également des notions de maths, notamment les volumes et les mesures, et aiguise l'aptitude à résoudre des problèmes.

Avec l'objectif de préparer un repas sain, on donne aux enfants des occasions de réactiver et de consolider tous ces savoirs, en développant en outre leur motivation et leur capacité de communication.

Une étude menée auprès de dix-huit classes de primaire s'est penchée sur des enseignements abordant les maths et les sciences par des activités pratiques autour de la nutrition. Les élèves concerné·es ont non seulement amélioré leurs connaissances dans le champ de l'alimentation, mais ils ont aussi progressé significativement en maths et en sciences, si l'on compare leurs résultats à ceux des seize classes qui n'ont pas bénéficié de ces cours.

Une revue des interventions en classe autour de l'alimentation saine montre que les apprentissages en situation, à l'image de la cuisine ou du jardinage, sont ceux qui ont le plus d'impact en matière de connaissances et d'habitudes alimentaires.

C'est en particulier le cas lorsqu'il s'agit d'inciter les enfants à manger plus de fruits et de légumes et à réduire leur consommation de sucre et de calories au quotidien.

Alimentation améliorée

Si l'on prend l'exemple de l'Australie, les aliments à forte densité énergétique mais pauvre en nutriments représentent un tiers des apports énergétiques quotidiens –et même 41% chez les enfants et adolescent·es.

D'après les recommandations officielles, il faut limiter la malbouffe et essayer d'atteindre cinq portions de légumes et deux portions de fruits chaque jour pour se préserver des maladies chroniques comme le diabète de type 2 et les problèmes cardiaques. Seul·es un·e adulte sur vingt et un enfant sur dix-sept respecteraient ces recommandations.

Impliquer les enfants et les adolescent·es dans la préparation de leurs repas les aide à adopter des habitudes alimentaires plus saines. Le suivi d'un groupe de quarante-sept enfants a montré qu'ils mangeaient 26% de poulet et 76% de salade en plus lorsqu'ils avaient cuisiné avec leurs parents et se sentaient mieux que lorsque leurs parents avaient cuisiné seuls.

Le simple fait de regarder des émissions de cuisine peut faire la différence. Dans une enquête auprès de cent enfants de 10 à 12 ans, on a pu observer qu'ils étaient deux fois plus susceptibles d'opter pour un menu sain après avoir suivi un programme télévisé sur la cuisine de plats équilibrés.

Défis des recettes

Il est assez fréquent que les enfants pensent ne pas aimer les maths, et l'engagement dans cette matière a tendance à décliner au niveau mondial. Il est donc important de trouver de nouvelles façons d'y intéresser les élèves.

La cuisine est bon moyen de concrétiser aux yeux des enfants des notions qui leur semblent abstraites. Montrez-leur comment comparer, mesurer, classer les aliments en utilisant les unités de masse, de longueur, de surface et de volume.

Les connaissances élémentaires de maths sont essentielles pour estimer précisément les quantités nécessaires, suivre les recettes et décoder les étiquettes des produits.

Ce lien évident entre la cuisine, la nutrition et les maths éclaire le potentiel à disposition pour améliorer les apprentissages dans un domaine comme dans l'autre.

Pour défier encore plus les compétences de vos enfants en calcul, limitez les ustensiles de cuisine, ce qui les obligera à faire quelques opérations simples. Par exemple, s'il faut verser une tasse (250 mL) de riz pour une recette, utiliser plutôt un contenant équivalent à un quart de tasse (62,5 mL) et demandez à vos enfants de trouver combien de portions ils doivent ajouter.

Variez les ustensiles de cuisine: utilisez par exemple une carafe graduée plutôt qu'une tasse; pour décrypter les mesures, faites-les verser le contenu de la tasse dans la carafe et vice-versa.

Cuisiner vous donne aussi l'occasion de discuter de sujets importants de nutrition. Si les enfants identifient sans trop de peine les aliments sains, ils ont plus de mal à déterminer quels sont ceux qui sont mauvais pour leur santé et pourquoi.

Avant de commencer à cuisiner, essayez de rattacher chaque ingrédient à son groupe alimentaire de base ou de calculer les portions que vous devez ajouter pour respecter la recette.

Quand des aliments sains comme les épinards et les fruits sont présentés de manière ludique et créative, les enfants sont plus enclins à en manger, confirme un travail de recherche.

Pourquoi ne pas mêler art et cuisine? Il existe de nombreuses ressources pour faire de la cuisine saine une activité amusante, rapide et peu coûteuse.

Dans un défi autour de la restauration rapide, nous avons montré comment des classiques comme le hamburger ou la pizza pouvaient être préparés de manière saine, à petit prix. Certains projets proposent également des activités mêlant nutrition et mesures.

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l'article original.

The Conversation

Newsletters

Nouveaux restaurants et tables étoilées à Paris

Nouveaux restaurants et tables étoilées à Paris

La restauration de la capitale est repartie couci-couça.

Vous aurez toujours le droit de manger des «burgers vegans» (mais pas du «fromage végétal»)

Vous aurez toujours le droit de manger des «burgers vegans» (mais pas du «fromage végétal»)

L'industrie de la viande a perdu sa bataille contre les «steaks végétariens» au Parlement européen.

Le secret d'une mousse au chocolat onctueuse

Le secret d'une mousse au chocolat onctueuse

Parce qu'il n'y a pas que les blancs en neige qui comptent.

Newsletters