Société

Il n'existe aucune circonstance atténuante au racisme et à l'antisémitisme

Temps de lecture : 2 min

[BLOG You Will Never Hate Alone] Ce sont autant de fléaux qui salissent la condition humaine.

Afficher une supériorité quelconque est non seulement d'une bêtise confondante, c'est aussi un non-sens absolu. | Mika Baumeister via Unsplash
Afficher une supériorité quelconque est non seulement d'une bêtise confondante, c'est aussi un non-sens absolu. | Mika Baumeister via Unsplash

Le racisme comme l'antisémitisme sont des fléaux sur lesquels l'humanité butte encore et toujours. Comme une malédiction dont elle ne saurait se défaire et qui l'attire irrésistiblement vers le bas. À croire qu'elle ne saurait vivre sans ces démons. Comment après tant de tragédies, de massacres, de génocides, l'être humain peut-il encore reprocher à son prochain, à son frère de destin, d'être celui qu'il est, un Noir, un Juif, une personne dont la seule faute est de ne pas lui ressembler?

C'est à désespérer de tout. Si le génie humain est sans limites, s'il permet la réalisation de prouesses stupéfiantes, il a aussi son côté sombre qui à intervalles réguliers vient nous rappeler combien son édifice est fragile. Comme si l'humanité dans son ensemble ne saurait accepter l'idée que nous sommes tous égaux –tous différents mais tous égaux–, communauté de personnes dont la similarité de destins paraît pourtant évidente: nous naissons, nous mourons, nous vivons, chacun à notre manière, chacun avec nos particularismes bien distincts, chacun avec nos atouts et nos handicaps mais portant tous les mêmes aspirations, les mêmes désirs, les mêmes peurs.

Nous sommes tous des naufragés de l'existence qui essayons tant bien que mal d'aller dans nos vies respectives et tous nous souffrons de ce sentiment d'abandon qui nous conduit à chercher dans la religion, les drogues, l'alcool, l'art, l'amour, la sexualité, des vertus consolatrices à même de rendre nos vies supportables. Peu importe l'endroit où nous habitons sur Terre, la couleur de notre peau, la nature de nos pensées, la vaillance de nos cœurs, la grandeur de nos âmes, nous avons tous en commun cet effroi primitif né du chaos terrestre, cette souffrance devant la mort, cette terreur face au temps qui passe et jamais ne repasse.

Afficher une supériorité quelconque est non seulement d'une bêtise confondante, c'est aussi un non-sens absolu qui voudrait voir dans l'humanité des êtres dont le destin serait par essence différent des autres alors que la condition humaine dans ses attributs premiers met les personnes, toutes les personnes sans exception aucune, sur un strict pied d'égalité.

Nous ne sommes ni musulman, ni juif, ni catholique, ni blanc, ni noir, ni jaune, ni français, chinois ou australien mais juste des individus qui marqués des mêmes souffrances et des mêmes peurs, habités des mêmes manques et des mêmes solitudes, vont sur le chemin de la vie, sans autre désir que celui d'être épargné le plus longtemps possible par les vicissitudes de l'existence.

Le racisme sous toutes ses formes, l'antisémitisme, la haine de l'autre sont autant de blessures que nous nous infligeons dans une sorte de rituel absurde qui contribue à notre chute. Être animé de pareils sentiments, c'est sortir du champ de la condition humaine pour entrer dans le règne de la barbarie, quand on s'affranchit du vivre-ensemble pour mieux rabaisser son prochain dans une sorte de salissure existentielle qui finit par abaisser l'humanité tout entière.

Combattre le racisme, c'est non seulement combattre la pire des injustices, celle de la naissance et des origines, mais c'est aussi rétablir l'être humain dans toute sa grandeur quand il reconnaît dans l'autre son frère de douleur, cette idée même de compassion sans laquelle le monde ne saurait exister. Le nier revient à se nier soi-même, emporté dans une fuite en avant où se retrouvent les exaltés de tous bords, ceux qui sans même le savoir cherchent en rabaissant l'autre un exutoire à leur détresse intérieure.

Il n'y a aucune circonstance atténuante au racisme.

Aucune.

Pas même la bêtise.

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