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Au Canada, des chefs autochtones dénoncent le «racisme systémique» après la mort d’une jeune femme de 26 ans

Temps de lecture : 2 min

Chantel Moore, membre de la nation Tla-o-qui-aht de Colombie-Britannique, a été tuée par un policier à son domicile le 4 juin.

Le drapeau canadien.
Le drapeau canadien.

Ce jeudi 4 juin, Chantel Moore, une femme de 26 ans, a été tuée à son domicile après qu’un agent de police ait été envoyé pour vérifier son état de santé, rapporte le quotidien canadien La Presse. C’est un ancien petit ami de la jeune femme qui aurait fait cette demande à la police. Il s’inquiétait pour elle, car elle aurait été harcelée depuis qu'elle vivait dans un nouvel appartement. Le service de police local affirme que l’agent envoyé s’est retrouvé face à une femme menaçante munie d’un couteau. Il a ouvert le feu et l’a abattue chez elle. La mort de Chantel Moore, a entraîné une enquête du Bureau des enquêtes indépendantes (BEI) du Quebec, l’IGPN locale. La grand mère de Chantel Moore a expliqué aux médias que sa petite-fille était «minuscule» et ne croit pas qu’elle aurait pu s’en prendre à l’agent.

Ce tragique événement, qui intervient dans un contexte mondial de protestations contre les violences policières commises envers les minorités, a provoqué de nombreuses réactions politiques au Canada. «Encore une fois, je suis remplie de rage. Cette jeune femme avait besoin d’aide et elle se fait abattre, c’est fou!», a témoigné Viviane Michel, présidente des Femmes autochtones du Quebec à Radio-Canada. Car Chantel Moore était membre de la nation Tla-o-qui-aht, en Colombie-Britannique. Le conseil tribal Nuu-chah-nulth, qui inclut la nation de la victime, a dénoncé les actions des policiers envers les Autochtones du Canada. «Les meurtres d’Autochtones commis par les policiers doivent cesser. La justice ne peut attendre, et tout doit être mis en oeuvre pour que justice soit faite», ont-ils indiqué dans un communiqué.

Le chef de l'Assemblée des Premières Nations, Perry Bellegarde, a déploré la mort de Chantel Moore sur Twitter. «Une autre femme autochtone partie trop tôt. C'est inacceptable», écrit-il. Lydia Hwitsum, du First Nations Summit – une organisation politique des Premières nations en Colombie-Britannique – a accusé de «racisme systémique» les forces policières du Canada envers les Autochtones «et elle dit que cela doit cesser», explique Ici-Canada.

Le gouvernement a réagi, via la ministre des Relations Couronne-Autochtones, Carolyn Bennett. Outre le fait qu’elle se désole qu’«une autre femme autochtone n'est plus avec nous», elle reconnaît «qu'il y a encore du travail à faire» pour lutter «contre le racisme systémique qui existe dans les institutions de notre pays, et tous les Canadiens doivent participer à la voie à suivre, et ce, sans biais».

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