Sciences / Société

L'être humain n'est pas aussi paresseux qu'on le croit

Temps de lecture : 2 min

Beaucoup ont d'ailleurs pu s'en rendre compte pendant le confinement: sans activité, on s'ennuie bien vite.

Le paradoxe de l'effort, théorisé par Michael Inzlicht, résume notre goût pour l'effort alors qu'une solution moins coûteuse est parfois disponible. | Zohre Nemati via Unsplash
Le paradoxe de l'effort, théorisé par Michael Inzlicht, résume notre goût pour l'effort alors qu'une solution moins coûteuse est parfois disponible. | Zohre Nemati via Unsplash

Le confinement a pu sembler dans les premiers temps une parfaite opportunité pour se reposer et profiter d'un moment de paresse. Mais au bout de plusieurs semaines, parfois confinés seuls, beaucoup de gens en ont eu ras-le-bol. C'est une réaction tout à fait normale, car contrairement à ce que l'on peut croire, les êtres humains ne sont pas si fainéants.

Dans un article, la BBC revient sur une expérience menée en 2014 par l'Université de Virginie portant sur l'ennui. Les participant·es de l'étude ont été enfermé·es quinze minutes dans une pièce sans possibilité de dormir, avec pour seule distraction un appareil capable d'envoyer des décharges électriques. L'ennui des individus a été tel que 71% des hommes et 25% des femmes ont utilisé cet appareil pour s'envoyer des chocs électriques, parfois à plusieurs reprises. Les conclusions ont montré qu'en l'absence de distractions extérieures, les individus désœuvrés sont prêts à tout pour s'occuper.

Le paradoxe de l'effort

Ce phénomène s'explique très simplement, grâce au paradoxe de l'effort. Le chercheur Michael Inzlicht a découvert un fait surprenant. On tire plus de plaisir dans le fait de travailler pour obtenir quelque chose, que lorsqu'on l'obtient avec facilité. C'est ce qui justifie par exemple que l'on passe des heures à tenter de résoudre des mots croisés au lieu d'utiliser un moteur de recherche pour trouver la solution.

Cet apprentissage de la valeur du travail intervient tôt, dès l'enfance. On découvre peu à peu que l'effort est souvent récompensé par des résultats, ce qui nous pousse à poursuivre cette tendance dans notre vie.

Survivre à l'inactivité

Faire de l'exercice quotidiennement ou se fixer des tâches et défis à accomplir est un bon moyen de surmonter le sentiment de désœuvrement. Le psychologue Mihaly Csikszentmihalyi explique que s'occuper permet de ne pas avoir de notion du temps précise, et ainsi de ne pas s'ennuyer.

Il faut également profiter du temps accordé pour se reposer, car on regrette souvent de ne jamais être en pleine forme, en temps normal. Ce confinement aura au moins appris une chose à certaines personnes: ne rien faire est parfois plus épuisant que s'occuper.

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