Égalités / Parents & enfants

Comment parler du racisme et des discriminations aux enfants

Temps de lecture : 2 min

Les spécialistes recommandent de présenter en douceur la réalité d'un monde pas toujours juste dès le plus jeune âge.

Dès leurs 6 mois, les bébés sont capables de remarquer des différences ethno-raciales chez les individus. | Chayenne Rafaela via Unsplash
Dès leurs 6 mois, les bébés sont capables de remarquer des différences ethno-raciales chez les individus. | Chayenne Rafaela via Unsplash

Il est parfois difficile de trouver les mots pour parler à notre entourage des événements en lien avec les violences policières ou le racisme, et les expliquer aux enfants paraît encore moins aisé.

Les expert·es de la psychologie enfantine recommandent pourtant d'évoquer ces sujets dès l'enfance. Howard Stevenson, professeur d'éducation urbaine, affirme même que «le plus tôt est le mieux pour avoir ce genre de conversation».

Pas de panique: les petits sont souvent plus matures que ce que l'on pense. Il est malgré tout important de bien réfléchir à l'avance à la forme que prendront ces discussions et au niveau de détail que vous voudrez y ajouter, en fonction de l'âge et de la personnalité des enfants. Un ton posé et un air rassurant sont idéaux pour avoir «LA» conversation.

Donner des clés

Selon l'Académie américaine de pédiatrie, les bébés sont capables de remarquer des différences ethno-raciales dès l'âge de 6 mois et peuvent commencer à intérioriser des préjugés racistes entre 2 et 4 ans. Dès 12 ans, les croyances sont profondément ancrées dans leur esprit. Le laps de temps pour agir est donc assez réduit.

Il ne s'agit pas de se lancer dans une tirade pessimiste et violente face à votre progéniture, mais de présenter en douceur la réalité d'un monde pas toujours juste. Vous pouvez donner à vos enfants des clés pour répondre à des injures raciales ou agir s'ils sont témoins d'actes de discrimination, conseille le professeur Stevenson.

Les enfants posent parfois des questions auxquelles on peine à répondre: ce n'est pas grave. Des réponses du type «C'est une bonne question, je ne sais pas, nous allons chercher ensemble» vous offrent un délai de réflexion tout en donnant à votre enfant le sentiment d'être écouté.

L'essentiel est d'engager une conversation ouverte et d'insister sur le fait qu'aucune question n'est stupide. «Il n'y a pas de sujet tabou», rappelle Reena Patel, psychologue spécialiste de l'éducation.

Montrer l'exemple

Les enfants prêtent une attention toute particulière aux comportements de leur entourage: assurez-vous de leur inculquer les bonnes attitudes.

L'engagement militant est primordial dans certains foyers, et il est peut être intéressant d'inclure les plus petits dans la démarche. Reena Patel invite les parents à interroger leurs enfants sur ce qu'ils ressentent, afin de les sensibiliser à la cause défendue.

«Demandez-leur: “Est-ce que tu as déjà eu l'impression que tu devais t'exprimer quand quelque chose n'allait pas ou n'était pas juste?”», suggère la psychologue.

Mais montrer l'exemple, c'est aussi s'éduquer soi-même –lire des livres, écouter les récits d'expérience, s'interroger sur ses privilèges. «Le silence en dit long pour les enfants, affirme Reena Patel. Il est important de nouer le dialogue.»

Newsletters

«Détester les hommes», le nouveau cool de l'édition féministe?

«Détester les hommes», le nouveau cool de l'édition féministe?

Dans cet épisode de Poire et Cahuètes, on se penche sur deux livres de la rentrée qui ont fait beaucoup parler: Moi les hommes, je les déteste, de l'écrivaine et féministe Pauline Harmange (Éditions du Seuil), et Le Génie lesbien, de la...

En Hongrie, un livre inclusif crée la discorde

En Hongrie, un livre inclusif crée la discorde

S'il n'avait pas de visée politique au départ, «Meseország Mindenkié», une anthologie prônant l'ouverture et la tolérance, incarne désormais un symbole de résistance face au conservatisme d'Orbán.

En Turquie, la communauté LGBT+ doublement asphyxiée par le coronavirus

En Turquie, la communauté LGBT+ doublement asphyxiée par le coronavirus

[ÉPISODE 3] Alors que la crise du Covid-19 a privé la communauté queer de sa fête thérapeutique et précarisé de nombreuses personnes LGBT+, ces dernières doivent faire face à la poussée de l'homophobie qui anime la classe politique au pouvoir.

Newsletters