Société / Monde

Emprisonné à tort pour espionnage, un pigeon pakistanais est libéré en Inde

Temps de lecture : 2 min

Il appartient en fait à un pécheur adepte de la course de pigeons.

Le spécimen a été libéré le 28 mai 2020. | Georges Gobet / AFP
Le spécimen a été libéré le 28 mai 2020. | Georges Gobet / AFP

Connue comme l’une des zones les plus militarisées au monde, la région du Cachemire, théâtre de tensions entre l’Inde et le Pakistan depuis 1947, est sous haute surveillance et personne n’est au-dessus de tout soupçon -pas même un simple pigeon.

Quand le 25 mai dernier, l’un de ces volatiles a traversé la frontière en provenance du Pakistan avec à sa patte un anneau où étaient inscrits des chiffres, les autorités indiennes l’ont tout de suite placé sous les verrous, pensant avoir affaire à un espion transportant un message codé.

Enregistré en tant qu'«espion suspect du Pakistan», l’oiseau a été placé en garde à vue, le temps que la police parvienne à déchiffrer le message, explique le Telegraph.

Après enquête, les autorités ont conclu qu’il s’agissait en fait d’un simple pigeon appartenant à un pêcheur pakistanais, Habibullah, vivant dans un village proche de la frontière entre l’Inde et le Pakistan.

Le spécimen, libéré le 28 mai, aurait traversé la frontière lors d’une séance d’entraînement pour un prochain tournoi de courses de pigeons, sport populaire dans la région, ajoute le média allemand Deutsche Welle. Quant au chiffre inscrit sur sa patte, il s’agissait du téléphone portable de son propriétaire qui, pour ne pas perdre son précieux volatile, préfère laisser sur lui ses coordonnées.

Pas une première

La vie d’un pigeon n’a rien de simple dans cette région revendiquée par le Pakistan et l’Inde. En 2016, après un attentat ayant fait dix-neuf morts attribué à des extrémistes pakistanais, les autorités indiennes avaient découvert un oiseau porteur d’un message destiné au Premier ministre Narendra Modi et signé d'un groupe djihadiste.

Dès lors, les pigeons vivant à la frontière entre les deux pays sont scrutés et parfois incarcérés. Comme le rapporte Le Monde dans un article datant de 2016, plus d’une centaine d’entre eux ont été confisqués cette année-là.

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Vieilles de plus de 70 ans, les tensions entre l’Inde et le Pakistan au sujet du Cachemire sont encore bien présentes et la méfiance règne. Le 1er juin, deux employés de l'ambassade du Pakistan accusés d'espionnage ont notamment été expulsés d'Inde.

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