Monde

Mort de George Floyd: des scènes de fraternisation entre policiers et manifestants

Temps de lecture : 3 min

À Camden, Newark, Atlanta ou encore Flint, des représentants des forces de l'ordre ont fait preuve de solidarité avec les manifestant.es.

Des policiers s'agenouillent pour dénoncer les violences policières, lors d'une manifestation à Coral Gables en Floride, le 30 mai 2020. | Eva Marie Uzcategui / AFP
Des policiers s'agenouillent pour dénoncer les violences policières, lors d'une manifestation à Coral Gables en Floride, le 30 mai 2020. | Eva Marie Uzcategui / AFP

De New York à Los Angeles en passant par Louisville, Denver, Philadelphie et Atlanta, la plupart des grandes villes américaines ont connu plusieurs journées d'affrontements violents entre police et manifestant.es à la suite de la mort de George Floyd lors d'une interpellation le 25 mai 2020.

De nombreux défilés se sont déroulés dans le calme, mais une minorité de manifestant·es a semé le chaos dans les rues: des centaines de voitures et immeubles ont été incendiés, des commerces pillés et des autoroutes bloquées. La police a répondu avec des tirs de balles de caoutchouc et de gaz lacrymogène, parfois des coups de bâtons, et à plusieurs reprises, l'utilisation de la force était disproportionnée et a contribué à l'escalade de la violence.

Au milieu de ce chaos, certaines villes ont fait exception, et plusieurs images de fraternisation entre forces de l'ordre et manifestant.es ont fait le tour des réseaux sociaux, comme ici la cheffe de la police d'Atlanta, Erika Shields, en conversation avec des manifestantes dans la rue:

À Camden, dans le New Jersey, une ville où 95% de la population est noire ou hispanique, le chef de la police, Joseph Wysocki, a participé à la manifesation locale et a tenu une banderole aux côtés des activistes.

En 2013, cette ville au taux de criminalité très élevé a commencé à mettre en place une réforme profonde de ses tactiques de police, avec l'accent mis sur le développement de liens avec la communauté et l'utilisation de la force en dernier ressort.

«Défiler avec les manifestants est une façon de désamorcer les tensions. C'est un partenariat avec la communauté», a expliqué Wysocki.

Une autre ville du New Jersey à majorité afro-américaine, Newark, a connu un succès similaire. Le maire était en tête du cortège et selon la presse locale, plusieurs conversations calmes entre manifestants et forces de l'ordre ont eu lieu en marge du défilé.

La ville de Flint dans le Michigan, connue pour le scandale de son eau contaminée au plomb, a aussi évité les émeutes. Les manifestants se sont dirigés vers le commissariat de la ville, où des policiers les attendaient. Mais au lieu de confrontations, les deux côtés ont dialogué et le shérif Chris Swanson s'est débarassé de son casque et son bâton avant de rejoindre la foule.

Des interactions similaires ont été rencensées à Norfolk en Virginie, où le chef de la police a défilé avec une banderole Black Lives Matter, ou encore à Santa Cruz en Californie, où plusieurs officiers ont mis un genou à terre en hommage aux victimes des violences policières. Ce genre de fraternisation n'a malgré tout pas toujours empêché des violences plus tard le soir, comme à Trenton dans le New Jersey.

À New York, où la police a parfois fait preuve de violence non justifiée, certains officiers ont malgré tout tenu à condamner la brutalité policière en s'agenouillant dans la rue, un geste inspiré par les protestations des joueurs de football américain.

Une confrontation émouvante a aussi eu lieu à Washington, où des policiers afro-américains ont mis un genou à terre juste devant les manifestants, sous les applaudissements de la foule:

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