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«Quand les pillages commencent, les coups de feu aussi»: historique raciste du tweet de Trump

Temps de lecture : 2 min

Le président américain a provoqué la fureur de l'opposition en appelant l'armée à tirer sur les manifestant·es de Minneapolis.

Donald Trump pendant un meeting à la Maison-Blanche, le 29 mai. | Pool / Getty image via AFP
Donald Trump pendant un meeting à la Maison-Blanche, le 29 mai. | Pool / Getty image via AFP

Alors que les États-Unis s'embrasent en réaction à la mort de George Floyd, un homme noir filmé en train d'être étouffé par un policier blanc, Trump s'est comme à son habitude tourné vers Twitter.

....These THUGS are dishonoring the memory of George Floyd, and I won't let that happen. Just spoke to Governor Tim Walz and told him that the Military is with him all the way. Any difficulty and we will assume control but, when the looting starts, the shooting starts. Thank you!

— Donald J. Trump (@realDonaldTrump) May 29, 2020

«Ces RACAILLES déshonorent la mémoire de George Floyd, et je ne les laisserai pas faire. Je viens de parler au gouverneur Tim Walz et lui ai assuré que l'armée est à fond derrière lui. À la moindre difficulté nous reprendrons le contrôle, quand les pillages commencent, les coups de feu aussi. Merci!»

La dernière partie de ce tweet, qui semble encourager l'armée à massacrer des manifestant·es, qui la nuit précédente avaient causé d'importants dommages dans Minneapolis, a particulièrement choqué. À tel point que Twitter a tagué le tweet du président comme «incitation à la violence». Une première.

Devant l'indignation provoquée par sa déclaration incendiaire, Trump a tenté d'expliquer que son tweet n'était pas une menace, mais un avertissement, que les pillards se mettaient en danger en risquant de se faire tirer dessus. Mais que ce n'était pas ce qu'il souhaitait.

Citation chargée d'histoire

Seulement, cette explication est bancale, car «when the looting starts, the shooting starts» n'est pas une simple affirmation, c'est une citation. Une citation qui depuis le départ contient un sous-texte raciste.

Elle a été rendue célèbre par Walter Headley, le chef de la police de Miami lors d'une conférence de presse annonçant affermir la politique policière dans les quartiers noirs de la ville. En 1967, en pleine période du mouvement des droits civiques, Headley accusait des «jeunes voyous» de «profiter de la campagne pour les droits civiques».

À propos de ses méthodes, Headley déclarait dans le New York Times: «C'est la guerre, (…) On se fiche d'être accusé de brutalité policière, ils n'ont encore rien vu.» Les nouvelles méthodes comprenaient l'usage plus intensif de chiens et de fusils à pompe.

Ce n'est pas non plus la seule fois que Headley est cité par un politicien. La reprise la plus notable étant lors d'un meeting de la campagne présidentielle de George Wallace en 1968. Wallace est un ancien gouverneur démocrate d'Alabama et figure de la défense de la ségrégation raciale. Il est notamment célèbre pour son discours d'inauguration au poste de gouverneur en 1963, écrit par un membre du Ku Klux Klan, qui se terminait par «Ségrégation aujourd'hui, ségrégation demain, ségrégation pour toujours».

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